Politique territoriale : Vers un gouvernement plus transparent??

03 septembre 2020
«?J’espère que nous allons apprendre de nos erreurs?», a résumé la première ministre Caroline Cochrane, appelée à commenter les préoccupations entourant le processus opaque d’expulsion de Katrina Nokleby du conseil exécutif. (Crédit photo : Thomas Ethier)

«?J’espère que nous allons apprendre de nos erreurs?», a résumé la première ministre Caroline Cochrane, appelée à commenter les préoccupations entourant le processus opaque d’expulsion de Katrina Nokleby du conseil exécutif. (Crédit photo : Thomas Ethier)

Au lendemain de l’assermentation officielle de la nouvelle ministre Julie Green au conseil exécutif des TNO, le 1er septembre, la première ministre enclenchait un processus de remaniement ministériel qui mettra un terme à une saga de plus de deux semaines. Entamé sous le sceau de la confidentialité, le processus d’expulsion de Katrina Nokleby du conseil des ministres aura généré son lot de critiques de la part d’électeurs en quête de réponses.

Malgré que certains détails aient finalement été divulgués sur les raisons entourant cette décision, pour certains membres de l’Assemblée législative, une question demeure : ce gouvernement est-il assez transparent ?

« Par respect pour la ministre, aucune autre information ne sera divulguée », pouvait-on lire dans le communiqué de presse annonçant la révocation des portefeuilles ministériels de la ministre Nokleby, le 19 aout. Il aura fallu attendre une semaine, au jour du vote précédent l’éjection de la ministre du conseil exécutif, pour que des détails sur les comportements reprochés à la députée de Great Slave soient enfin révélés par la première ministre.

Ce respect protocolaire de la confidentialité des décisions au conseil des ministres aura reçu son lot de contestations de la part du public, mais également de membres de l’Assemblée, à commencer par la principale intéressée. La journée de son expulsion, Katrina Nokleby a utilisé son temps de parole en chambre pour rejeter les accusations qui lui ont été portées, mais également pour pointer une « culture du secret » au sein du GTNO, qui, selon elle, l’aurait empêché de se défendre.

« La culture toxique du secret a permis l'atteinte à ma réputation et le dénigrement de mon professionnalisme, en ne me permettant pas de réagir, de répliquer ou de me défendre, a-t-elle soutenu. Je suis déçue d’avoir été injustement réprimandée sans procédure appropriée, sur la base de simples ragots, de ouï-dire, de rumeurs et de personnes contrariées. »

 

Des règles à revoir

La première ministre indique avoir pris note des préoccupations exprimées ces dernières semaines. « Il est important que nous soyons aussi transparents que possible. Or, certaines personnes souhaiteraient que nous divulguions toutes les discussions, mais ce n’est pas possible, explique-t-elle à Radio Taïga. Autant que possible, nous devons rendre des comptes au public, et nous avons un engagement en ce sens. »

Le député de Yellowknife Nord, Rylund Johnson, est le premier à avoir déploré, sur les réseaux sociaux, le manque de transparence du GTNO au début du processus. Avec le recul, il se dit aujourd’hui satisfait des informations qui ont éventuellement été divulguées au point culminant du processus de rétrogradation de la ministre. Cependant, il reste selon lui beaucoup de travail à faire pour améliorer la transparence des décisions qui sont prises au sein de ce gouvernement.

« Nous devons nous poser la question : pourquoi la plupart de ces informations n’ont-elles pas été divulguées plus tôt ? Quels autres détails devraient maintenant être divulgués ? Ce n’est pas un processus qui est parfait, et certaines des règles de l’Assemblée législative doivent être examinées afin que nous puissions éventuellement ressortir davantage de détails de ces rencontres confidentielles », commente-t-il.

M. Johnson entend aussi remettre ces questions sur la table dans le cadre de son mandat. « Je vais travailler avec des membres de l’Assemblée, afin de déterminer si une étape intérimaire pourrait être mise de l’avant, et de voir si l’information transmise derrière les portes du conseil pourrait être transmise de manière un peu plus transparente », ajoute-t-il.

« Des décennies de retard »

Au-delà des enjeux observés, selon M. Johnson, le GTNO accuserait un important retard en matière de partage de l’information. « Selon les discussions que j’ai eues avec des membres du gouvernement précédent, les communications entre le conseil et les députés réguliers se sont hautement améliorées. Or, la transparence avec le public nécessite du financement, des logiciels, et d’être à jour quant aux pratiques entourant l’accès à l’information. Sur ce plan, le GTNO a des décennies de retard », estime-t-il.

Il indique toutefois avoir confiance en la volonté de cette 19e Assemblée législative de faire avancer les choses. « Je crois que nous pouvons améliorer l’accès aux informations entourant les décisions du GTNO pour le public, tranche le député de Yellowknife Nord. Ce ne sera probablement pas amélioré à la hauteur de mes standards ! Le GTNO a besoin d’être beaucoup plus axé sur le numérique et plus ouvert. Ça demande des efforts et de l’argent, et je crois qu’il y a un peu de résistance au sein de la bureaucratie pour accomplir ce travail, mais je vais insister pour que du travail soit fait. »


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