Un toit temporaire pour la maison des jeunes de SideDoor

Kristopher Jennings, responsable de l’aide au logement pour la maison des jeunes, sert du café. Deux intervenants jeunesse, Jordan et Wyatt, sont disponibles pour accueillir les jeunes. (Crédit photo: Marie-Soleil Desautels)

Kristopher Jennings, responsable de l’aide au logement pour la maison des jeunes, sert du café. Deux intervenants jeunesse, Jordan et Wyatt, sont disponibles pour accueillir les jeunes. (Crédit photo: Marie-Soleil Desautels)

Le bâtiment où elle devait retourner a été réquisitionné en novembre par le gouvernement pour installer un centre de jour temporaire pour les sans-abris.

La maison des jeunes de SideDoor s’est trouvé un nouveau toit : elle est désormais située en haut des bureaux de Postes Canada, sur l’avenue Franklin, au centre-ville de Yellowknife. L’organisme YWCA NWT y partage l’espace avec un centre pour les familles. Ils se sont installés dans l’édifice en janvier pour six mois.

« C’est dix fois mieux que l’endroit où on était dans les derniers mois, lance Kristopher Jennings, responsable de l’aide au logement pour la maison des jeunes, rencontré sur place. On a plus d’espace, on peut recevoir plus de jeunes en même temps et on est au centre-ville. »

SideDoor, un organisme chrétien sans but lucratif fondé en 1995 à Yellowknife, aide les jeunes en situation de vulnérabilité. Il opère la maison des jeunes, appelée Resource Centre, et un refuge d’urgence et de logements de transition, Hope’s Haven.

La maison des jeunes a dû s’installer cet été dans les locaux de Hope’s Haven sur la 52e Rue, se retrouvant à l’étroit. Son bail dans l’ancien bâtiment de la sécurité minière, qu’elle occupait depuis 2005, avait expiré fin avril. Le Resource Centre espérait y retourner et la municipalité a finalement choisi de leur offrir un nouveau bail, à eux et au YWCA, dès le 1er décembre. Tout était presque conclu. Sauf que le gouvernement des TNO a décrété l’état d’urgence à Yellowknife début novembre, dans la foulée de la COVID-19, pour installer un centre de jour temporaire pour les sans-abris dans l’édifice convoité.

Résultat : SideDoor et le YWCA ont dû se mettre à chercher d’urgence un espace afin d’offrir leurs programmes respectifs jusqu’à la fin du printemps.

« Ça n’a pas été évident », dit la directrice générale de SideDoor, Tammy Roberts, rencontrée dans l’un des bureaux spacieux au-dessus de Postes Canada. L’organisme s’est d’ailleurs assuré que la maison des jeunes ne se retrouve pas sans-abri à nouveau en pouvant prolonger le bail au besoin.

« Des fenêtres de l’édifice que Resource Centre occupait depuis 15 ans ont été brisées, dit Mme Roberts. Je présume qu’il y aura beaucoup de réparations à faire avant qu’on puisse le réintégrer à la fin du printemps. On saura plus tard si on doit prolonger ici ou non. » SideDoor conservera ses bureaux administratifs dans l’édifice de Hope’s Heaven, qui appartient à l’organisme.

« Notre cuisine ici n’est pas encore fonctionnelle à 100 %, mais on sert des sandwichs, de la soupe ou des nachos et, évidemment, du café », dit Kristopher Jennings. Outre les repas gratuits, la maison des jeunes offre des programmes d’éducation et une aide à la recherche de logements et d’emplois. Deux nouveaux intervenants jeunesse, Jordan et Wyatt, accueillent les ados dans les locaux, leur font remplir des questionnaires en lien avec le COVID-19, et les aident sur place.

« Dans l’ancien bâtiment de la sécurité minière, entre 10 et 20 jeunes nous visitaient chaque jour. À Hope’s Haven, c’était seulement un ou deux par jour. On vient d’aménager ici et on reçoit déjà quelque huit personnes par jour », se réjouit Kristopher Jennings.

À la blague, l’un des jeunes sur place dit qu’il manque la table de billard, centre d’intérêt à l’ancien bâtiment situé à l’angle de la 50e Rue et de la 49e Avenue, pour que le compte continue à monter.

L’espace au-dessus des bureaux de Postes Canada est vaste et lumineux, avec des ordinateurs à la disposition des jeunes, un synthétiseur, une guitare, de quoi faire de l’artisanat ou se cuisiner un repas simple. Les règles COVID sont bien visibles, avec des « X » en ruban adhésif sur les divans ou le plancher pour inciter les gens à respecter l’éloignement physique.

Les locaux du YWCA sont quant à eux remplis d’un grand choix de jouets pour enfants, plus colorés les uns que les autres.

Rappelons que SideDoor sort d’une période tumultueuse. Début mars, avant que la pandémie ne frappe, l’organisme a promptement fermé sa maison des jeunes. Des allégations de mauvaise gestion et de mauvais traitements ont ensuite fait surface. Celle-ci n’a rouvert qu’en juillet dans les locaux de Hope’s Haven. L’ancienne directrice générale, Iris Notley, a démissionné. Tammy Robert est à la tête de l’organisme depuis le 9 novembre.

« On a un tout nouveau conseil d’administration, on travaille sur un nouveau plan stratégique et sur la mission de l’organisme, rapporte la directrice. On a besoin d’un nouveau départ et de jeter un regard nouveau sur ce qui se faisait avant et d’impliquer davantage les jeunes. »


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