Centre culturel franco-ténois : Un centre au cœur de Yellowknife

19 septembre 2019
La communauté ténoise en pleine consultation, le 4 septembre dernier. (Crédit photo : Batiste Foisy)

La communauté ténoise en pleine consultation, le 4 septembre dernier. (Crédit photo : Batiste Foisy)

Des plans préliminaires pour un futur centre culturel seront dévoilés d’ici avril 2020.
 

Des efforts concrets sont lancés pour la réalisation du projet d’un centre culturel et communautaire franco-ténois dans la capitale territoriale. La Fédération franco-ténoise (FFT) a obtenu deux subventions totalisant 150 000 $ pour réaliser une étude de faisabilité en vue de construire un édifice neuf au centre-ville de Yellowknife.


Le financement provient de Patrimoine canadien, dont la moitié du Fonds du Canada pour les espaces culturels. La firme d’ingénierie Stantec, retenue par la FFT, a jusqu’au mois d’avril pour livrer le fruit de ses travaux.
Une quarantaine de Franco-Ténois se sont déplacés aux consultations qui se sont tenues à Yellowknife au début du mois. L’assistance était composée de résidents francophones intéressés, mais aussi de plusieurs employés et administrateurs des organismes francophones.


Édith Vachon-Raymond y représentait les francophones de Hay River. Elle pense qu’un tel centre serait aussi bénéfique pour les collectivités.


« C’est important pour la construction identitaire d’avoir un tel lieu où l’on peut se rendre lors d’un voyage scolaire, un endroit où l’on peut référer les nouveaux qui arrivent. Et puis, nous passons tous par Yellowknife. J’y suis allée sept fois cet été. »


En délibération, les participants ont déterminé des priorités : des espaces communautaires tels qu’une salle de concert, un café-bistrot, une salle d’exposition; et des caractéristiques comme avoir une conception écoresponsable et une acoustique agréable ou être doté d’un permis d’alcool.


Au terme de la séance, Charles-Aurélien Priso Priso, un citoyen qui a pris part aux délibérations, était emballé.
« Plus que de l’espoir, je le souhaite vivement et j’espère que ce projet sera vraiment réalisé et que nous, les francophones, nous aurons un centre. Nous sommes en train de discuter quels seraient les attributs d’un tel centre, mais l’important, c’est que ce soit un espace qui nous permet de nous regrouper, de nous exprimer et de nous reconnaitre. »


C’est à la consultante Glynis Middleton de Stantec qu’incombe maintenant la tâche de faire le tri dans les rêves exprimés lors des consultations. « C’est important d’écouter quels sont les aspirations et les désirs [des membres de la communauté]. La consultation nous montre ce que sont les priorités qui doivent guider notre conception », commente celle qui a suivi les délibérations avec le concours d’une interprète.


« Au-delà de la mise en forme des priorités de la communauté, ce que nous faisons, c’est de la recherche, poursuit la consultante. Nous allons voir ce qui se fait dans d’autres communautés. Nous tâcherons, par exemple, de déterminer quelle taille de population est nécessaire pour qu’un théâtre soit viable [...] Nous tenons compte de la conjoncture économique, des facteurs culturels qui sont en jeu et de modèle de croissance projeté – quel sera le portrait de la population dans 20 ans ? Nous enquêtons sur chacun de ces paramètres et, selon ce que nous trouverons, nous déterminerons ce qui a le plus de chance de fonctionner et ce qui sera nécessaire pour que le projet soit un succès. »
En plus de la consultation avec les résidents, des rencontres ont eu lieu avec les organismes francophones qui seraient logés dans le bâtiment : la FFT et les locataires de la Maison Laurent-Leroux (y compris ce journal), la Commission scolaire francophone, le Conseil de développement économique et le centre intégré en immigration. L’intention est de déterminer les besoins des organismes et de les incorporer dans le schéma de conception.


Des dessins, il y en aura, mais pas tout de suite. « Une fois que nous aurons déterminé quel projet nous pouvons envisager, alors, à ce moment, nous réaliserons les croquis », explique l’architecte Rodney Kirkwood de Stantec.
Les devis comprendront des plans de surface, des modèles architecturaux ainsi qu’une description des techniques et matériaux employés, voire des couts de fonctionnement d’un tel édifice. « Ce ne sera pas un devis de conception détaillé, mais ce sera un bon devis qui permettra aux gens de se faire une idée juste de ce qui est proposé », détaille l’architecte.

Trois sites envisagés
La Fédération franco-ténoise lorgne trois emplacements potentiels au centre-ville pour accueillir le centre envisagé, dont le lot perpétuellement vacant au coin de la 50e rue et de la 50e avenue acquis par la municipalité et jamais mis en chantier.
Pour l’instant, rien n’est arrêté. « Nous en sommes encore au point de déterminer ce qui est nécessaire en matière d’espace, explique Glynis Middleton de Stantec. Quand cette étape sera franchie, alors nous déterminerons les critères qui doivent guider le choix d’un site. Avons-nous besoin d’un stationnement ? Est-ce que ce serait un stationnement souterrain ? Ce genre de choses. Cela va nous indiquer quelle surface sera nécessaire pour bâtir. Au bout du compte, c’est cette donnée qui risque de dicter le site qui sera retenu. »

Partenariats hors francophonie
Lors des consultations, la FFT a proposé un modèle d’affaires fondé sur la location d’une partie de l’édifice à des institutions telles que des services publics ou des organismes communautaires, qui ne seraient pas nécessairement francophones. Selon la directrice générale de la FFT, Lynda Bussey, la viabilité du projet dépend d’un tel montage.
Si les résidents présents aux consultations se sont largement montrés ouverts à la proposition, plusieurs ont souligné l’importance de préserver et de mettre en valeur le caractère franco-ténois du lieu.
« Je pense que la communauté est assez forte et que c’est une nécessité de créer ce genre de liens, de créer des ponts, estime la déléguée de Hay River, Édith Vachon-Raymond. C’est sûr qu’il faut voir dans le design comment ça va être approché. Il faut absolument préserver la capacité de travailler en français. Mais je ne crois pas qu’on soit menacé par ce genre d’initiative. »
« Les partenaires sont toujours les bienvenus, pense pour sa part Charles-Aurélien Priso Priso. Mais comme cela a été discuté, il ne faudrait pas qu’on y perde de vue l’idée principale, celle de la francophonie. »


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