Entrepreneurs en temps de crise : Transition sereine

Kate Covello, co-gérante de la salle Taïga Yoga à Yellowknife. 
(Crédit photo : Cécile Antoine-Meyzonnade)

Kate Covello, co-gérante de la salle Taïga Yoga à Yellowknife. (Crédit photo : Cécile Antoine-Meyzonnade)

À Yellowknife, Taïga Yoga a rouvert ses portes ce mois-ci.
Désormais, 10 places au studio sont disponibles pour suivre des cours gratuits tous les jours de la semaine de juillet. Il est également toujours possible de s’inscrire en ligne pour pratiquer chez soi. Pour les plus adeptes, un programme d’entrainement intensif de 200 heures de yoga est proposé jusqu’au 25 juillet.
Cette reprise fait suite à de longues semaines d’adaptation, notamment par le virtuel. Kate Covello a repris le local il y a maintenant un an avec deux partenaires, frères et sœurs, Tyler et Cora Rentmeister. Les trois étaient étudiants, puis professeurs au studio de yoga, installé depuis déjà 10 ans à ce même emplacement, sur la 49e Rue.
À peine 10 mois après l’avoir reprise en main, la salle a été contrainte de fermer ses portes au public, comme tous les commerces de service à la personne.
« Nous avons dû tout ajuster et transformer à cause de la COVID en mars, explique Kate Covello. Ça nous a beaucoup atteints psychologiquement de devoir prendre un tas de décisions importantes. »
Ainsi, loin de vouloir couper entièrement ses liens avec son public, l’équipe Taïga Yoga a dû adapter son mode de fonctionnement afin d’éviter une fermeture définitive.
« C’est souvent par le bouche à oreille que nous nous faisons connaitre, donc il a fallu imaginer comment promouvoir nos activités virtuelles autrement, détaille la yogi. Nous vendons plus que du yoga, nous vendons un service communautaire, les gens viennent se réunir dans le salon, se retrouvent ensemble entre les cours... »
Devoir fermer les portes a été un vrai déchirement. Et surtout, il était nécessaire de répondre à une question simple : comment conserver le contact humain, essentiel pour cette pratique ?

Transition virtuelle
Dans le studio, le fond de la salle où les enseignants s’installent ressemble désormais à un réel plateau de cinéma.
Projecteurs de deux mètres, triples caméras et micros. Seule au studio pendant la période de fermeture, Kate Covello a investi tout son temps à l’apprentissage de la vidéo et du montage. « J’ai suivi énormément de cours sur YouTube, et je me suis appuyée sur WAMP [Western Artic Moving Pictures]. »
L’organisme à but non lucratif des TNO qui promeut, produit et soutient les producteurs de contenu vidéo est situé de l’autre côté du mur de Taïga Yoga. L’ensemble du matériel professionnel est fourni par eux. « Sans leur aide, ça aurait été impossible », ajoute l’enseignante.
Autre question, le financement. L’entreprise a reçu une aide du ministère de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement et de son Programme d’appui aux entrepreneurs et au développement économique (PAEDE). L’ensemble de l’équipement électronique a été acheté grâce à cette subvention.
« Ce programme est très avantageux parce qu’il permet aux entreprises de s’orienter vers l’avenir, autrement dit, le virtuel », de dire Kate Covello.

Transition pratique
Un des problèmes majeurs liés aux cours en ligne est la perte du cadre de la pratique : « Un grand nombre d’élèves n’a pas pu continuer parce qu’ils n’avaient pas la possibilité d’être bien installés chez eux, concède Mme Covello. Il faut avoir de l’espace et surtout pouvoir être dans le calme. »
« Par ailleurs, je ne pense pas que l’esprit du yoga soit perdu avec le passage au virtuel, mais davantage la routine de se rendre à la salle », continue-t-elle.
Pour les personnes qui assistent aux cours en ligne, la prof conseille de prévoir, dans la mesure de ses moyens, un endroit particulier dédié à cette activité.
D’après Kate Covello, « beaucoup de parents sur [la plateforme] Zoom ont leurs jeunes enfants à leurs côtés. Ils les installent sur un tapis de yoga avec un jeu calme, et ça fonctionne très bien. »
Point positif, le virtuel permet à des élèves d’autres régions de suivre l’enseignement. « Une de nos toutes nouvelles étudiantes vient de Gjoa Haven [un hameau au Nunavut], ce qui est vraiment génial », se réjouit la gérante.
Une Française, anciennement installée dans la capitale des TNO, a également participé aux cours depuis l’Hexagone pendant le confinement.
Aujourd’hui, si la salle de yoga est désormais ouverte, il est inconcevable pour Kate Covello de se séparer du virtuel. « Ça a été beaucoup d’investissement financier et personnel et les opportunités sont infinies en ligne. »


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