Sur les traces du caribou

La technique habituelle pour suivre les hardes de caribous consiste à poser des colliers émetteurs sur certains individus, une pratique qui trouble la vie des ruminants. Dans le Sahtu, on innove avec des méthodes moins envahissantes comme la collecte d’excréments. (Crédit photo : Pierre-Emmanuel Chaillon)

La technique habituelle pour suivre les hardes de caribous consiste à poser des colliers émetteurs sur certains individus, une pratique qui trouble la vie des ruminants. Dans le Sahtu, on innove avec des méthodes moins envahissantes comme la collecte d’excréments. (Crédit photo : Pierre-Emmanuel Chaillon)

Le biologiste et vidéaste de Fort Smith, Pierre-Emmanuel Chaillon, met aujourd’hui l’éventail de ses compétences au profit d’une étude sur la protection des Caribous, déployée dans les plaines et les collines du Sahtu.

L’Office des ressources renouvelables du Sahtu (ORRS) explore présentement une nouvelle méthode pour faire le recensement des hardes de caribous : le prélèvement des excréments, une technique non dérangeante pour l’animal, qui pourrait fournir toutes les données nécessaires à sa protection. Composée en grande partie d’agents de la faune des TNO, l’équipe s’est également dotée du savoir scientifique — et de la lentille — d’un expert aux compétences multiples.

« Les gens des collectivités du Sathu estiment que d’autres moyens devraient être étudiés pour suivre et étudier les populations de caribous », explique Pierre-Emmanuel Chaillon, biologiste mandaté pour assurer un prélèvement adéquat des excréments par les équipes, et ainsi éviter la contamination des échantillons. À l’heure actuelle, les hardes sont suivies au moyen de colliers émetteurs. « Chaque fois qu’on pose des colliers, on doit poser l’hélicoptère et capturer un caribou, ce qui provoque beaucoup de stress parmi les hardes, et dans de rares cas, des blessures. »

Relayant les données recueillies aux microscopes, M. Chaillon déploie ses propres outils de prédilection sur le terrain, à titre de vidéaste professionnel. L’ORRS lui a donné le mandat officiel de documenter l’étude, sur terre comme dans les airs. « J’ai vraiment pu jouer sur les deux tableaux pour documenter le projet. Dès que je pouvais, je sortais la caméra, le trépied et le drone, et je captais des images », se réjouit-il.

En témoignent nombre de plans vertigineux, captés dans le but de promouvoir les efforts de protection des aires protégées de la région. Un apport modeste aux yeux de l’artiste, qui s’exprime rarement à la première personne. Celui qui est originaire de la région de Grenoble, en France, parle surtout au nom de l’équipe, principalement composée d’experts du Sahtu, formés sur place dans le but de garder cette nouvelle expertise aux Territoires du Nord-Ouest.

Partenaires de l’étude, l’université de Trent intervient sur le plan scientifique à l’élaboration et au déroulement de l’étude. Or, dans l’ensemble, L’ORRS a insisté pour que la majeure partie du travail soit effectuée sur place. « L’université a d’abord suggéré que nous leur envoyions les échantillons pour en prélever l’ADN, une étape relativement simple, explique M. Chaillon. L’ORRS a plutôt insisté pour que l’ensemble de l’opération se fasse dans la région. Les agents de la faune seront donc formés ce printemps pour faire eux-mêmes cette opération. »

« Il y a cette volonté de préserver cette expertise, rien ne se fait sans les gens sur place », insiste le biologiste-vidéaste, qui s’estime choyé d’être ainsi engagé sur le terrain, et surtout, de joindre ses efforts au savoir traditionnel de ses coéquipiers. « Il y a une supervision scientifique, mais ce sont les gens sur place qui mènent l’étude, insiste-t-il. L’expertise se développe ici et va donc rester aux Territoires du Nord-Ouest. Ce ne sera pas réservé à des experts qui repartiront par la suite avec leurs savoirs. »


Ajouter un commentaire
Vous désirez laisser un commentaire en tant que : Anonyme
Mon compte

Politique des commentaires

L'Aquilon désire encourager des débats intelligents et respectueux entre les utilisateurs de son site Web. Nous voulons créer une plateforme où divers points de vue et opinions peuvent être exprimés sur une vaste variété de sujets.

Cependant, nous avons décidé d'établir un mécanisme de modération complète. Ainsi, tout commentaire est lu et évalué par un modérateur avant d'être mis en ligne sur le site. La modération est effectuée par les membres du personnel de L'Aquilon, selon un horaire variable. Un délai plus ou moins long peut survenir entre l'envoi d'un commentaire et son autorisation.

D'emblée, tous les articles produits par les membres du personnel et par nos pigistes permettront aux lecteurs d'émettre un ou des commentaires. Cependant, il est possible que l'option de commentaire soit désactivée en raison d'un manque de disponibilité pour effectuer la modération ou lorsqu'un article perd de son actualité.

Voici les paramètres qui guideront les modérateurs : - Éviter tout propos discriminatoire, en suivant les principes de la Charte canadienne des droits de la personne. - Éviter tout propos qui constituerait du libelle ou pourrait être perçu comme étant diffamatoire.

- Éviter le langage abusif, les injures ou les insultes

En acceptant les termes de cette politique des commentaires, vous reconnaissez que le journal ne peut être tenu responsable pour la publication de vos commentaires.

Seuls les usagers inscrits et acceptant la politique des commentaires peuvent émettre un commentaire.

Suivez-nous
Changer de ville
Sondage

Aucun sondage sur le site présentement!

Voir tous les résultats des sondages