Quand les intérêts financiers priment sur la santé de la population…

Petite bombe ce lundi 19 juillet. Radio-Canada met en ligne l’information selon laquelle le Gouvernement canadien permettra à Monsanto de proposer son pesticide Roundup à des doses de deux à trois fois celles utilisées présentement. Cette nouvelle se voulait un accompagnement à la campagne pour recueillir les commentaires des citoyens. Sauf que, oh surprise, cette campagne, lancée en sourdine le 6 mai, se terminait… le lendemain, soit le mardi 20 juillet ! Certainement pas une information disséminée à tout vent.

Émanant de l’Agence de règlementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada. Le glyphosate, commercialisé sous la marque Roundup, se vend comme des petits pains chauds. En plus de l’effet antiparasitaire, ce poison est utilisé juste avant la récolte pour assécher le champ et ainsi faciliter le travail des moissonneuses, par la pulvérisation sur les céréales et les légumineuses.

Selon l’avis de consultation, les résidus de glyphosate tolérés (en ppm) doubles, voire triplent. Par exemple, pour l’avoine, on passe de 15 (tolérance actuelle) à 35 (tolérance proposée), pour le blé, de 5 à 15, les haricots de 4 à 15… bref, vous voyez le portrait. Le but d’Ottawa est de faciliter la commercialisation des pesticides qui dépassent les limites actuelles. Aussi, permettre l’importation et la vente d’aliments contenant ces résidus.

Le Canada semble nager à contrecourant. Plusieurs pays interdisent tout épandage de glyphosate, notamment l’Italie et la Belgique. Certains fabricants de pâtes alimentaires italiens n’importent plus de blé canadien pour cette raison. Et le glyphosate ne reste pas en place. Comme il est pulvérisé, le vent le transporte au-delà des champs où il est répandu. Ce qui inquiète d’autant plus les producteurs biologiques, qui se disent victimes de la contamination des pesticides en provenance des champs voisins « protégés ».

En 2015, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) déclarait le glyphosate comme source cancérigène probable. Bayer, cette mégacorporation, a acheté Monsanto pour l’inclure dans son cheptel pharmaceutique. Faut-il rappeler que Bayer s’est aussi déclinée lors de la Seconde Guerre mondiale par sa filiale IG-Farben, tristement célèbre pour la mise au point et la commercialisation du Zyklon-B…

Ici au pays, l’épandage du glyphosate est plus que toléré, Santé Canada ayant maintenu (et multiplié) son approbation au produit. Mais, tels des ilots gaulois sous l’Empire romain, certaines bourgades l’ont interdit sur leur territoire. Comme Laval, au Québec, ou Tracadie, au Nouveau-Brunswick. Mais pour vaincre pareils lobbyistes aux poches profondes, il faudra plus que de la volonté politique, il faudra une conscientisation face à l’humain et face aux effets pervers de ce poison, notamment sur les populations d’abeilles.


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