Le succès au féminin : Les Sœurs grises

Fondatrice des Sœurs de la Charité, Sainte Marguerite D’Youville est la première personne née au Canada à être canonisée. (Crédit photo : St.Marguerite D’Youville Catholic Elementary School)

Fondatrice des Sœurs de la Charité, Sainte Marguerite D’Youville est la première personne née au Canada à être canonisée. (Crédit photo : St.Marguerite D’Youville Catholic Elementary School)

Au service des Ténois pendant 143 ans.

C’est en 1867 que les Sœurs grises amorcent leur mission aux Territoires du Nord-Ouest (TNO). Il est difficile d’imaginer sept jeunes femmes de cette époque-là quitter Montréal pour vivre dans les conditions hostiles du Nord. Ces missionnaires sont envoyées par la congrégation des Sœurs de la Charité de Montréal, plus communément appelées les « Sœurs grises ». Ce groupe comprend sœur Adéline Lapointe, supérieure-fondatrice à Fort Providence, sœur Elizabeth Ward, sœur St-Michel-des-Saints, sœur Rosalie Brunelle et sœur Émilie Michon de Saint-Hyacinthe ainsi que deux bénévoles laïques, Domitille Letendre et Domitille Lortie. Plutôt jeunes, ces missionnaires avaient toutes entre 20 et 33 ans.


Les sept femmes ont le devoir de fonder la première mission des Sœurs grises sur le territoire du diocèse Mackenzie-Fort Smith à Fort Providence. Le voyage commence à Montréal, le 17 septembre 1866. Le chemin pour se rendre à Fort Providence est long et risqué. Les sœurs prennent le train jusqu’à La Crosse, au Wisconsin, puis le bateau à vapeur jusqu’à Saint Paul, au Minnesota. Elles prennent ensuite la route jusqu’à Saint-Boniface, au Manitoba, où elles arrivent en octobre 1866. Elles passent l’hiver à Saint-Boniface et entreprennent le voyage vers Fort Providence en juin 1867. Une route secondaire plus périlleuse est empruntée pour éviter les attaques des Sauteux. Sur ce chemin, les sœurs et leurs accompagnateurs doivent construire des ponts temporaires et des radeaux pour traverser une centaine de rivières. Les femmes participent même au remorquage des charrettes lorsque besoin il y a. Lors des portages, la forêt dense doit être hachée à même la marche. Les missionnaires arrivent à Fort Providence le 28 aout 1867, soit après 345 jours de déplacement, dont 107 jours de voyage actif. Leur mission est de soigner et d’enseigner les soins aux Montagnais, aux Loucheux, aux Dog-ribs, aux Hares, aux Yellow-Knifes et aux Slaves. D’ailleurs, dès le lendemain de leur voyage transcanadien, les sœurs Adéline Lapointe et Elizabeth Ward soignent les plaies d’une amputation accidentelle d’un jeune écossais. Les clients se font rapides et nombreux si bien qu’en octobre 1867, les Sœurs grises inaugurent L’Académie, constituée de 11 élèves. L’habitation comporte l’école, le pensionnat, l’hôpital et le couvent.


Les Sœurs grises se dévouent dans de multiples communautés nordiques du diocèse Mackenzie-Fort Smith : Fort Providence, Fort Chipewyan, Fort Resolution, Fort Smith, Fort Simpson, Aklavik, Inuvik, Holman Island, Fort Good Hope, Arctic Red River, Tuktoyaktuk, Fort McMurray, Rae-Edzo, Hay River, Uranium City, Fort McKay, Fort Liard, Snowdrift et Yellowknife. Elles sont les premières femmes blanches à fouler le sol de la majorité de ces endroits isolés. Ces missionnaires occupent principalement des rôles d’infirmière, d’enseignante, de travailleuse sociale, de tutrice et d’agente de pastorale. À ces responsabilités s’ajoutent des tâches physiques telles que la pêche, l’agriculture, le défrichage et la construction de cabines pour les sœurs qui doivent fonder les nouvelles missions. Celles-ci vivent les premières années de fondation dans la pauvreté extrême, le dur labeur et les longs hivers du Nord. Malgré leurs conditions de vie, elles manifestent beaucoup de joie en raison de leur apport positif dans la vie des habitants.


La congrégation se retire des TNO en 2010. La majorité des services autrefois offerts par les Sœurs grises (soins de santé, enseignement, services sociaux) sont maintenant gérés par le gouvernement. Ayant voué leur vie à servir la population ténoise, ces nombreuses femmes — on en compte plus de mille — auront collaboré activement à la mise en place de services médicaux, scolaires, religieux et sociaux dans les lieux les plus inaccessibles du Canada, et ce, durant 143 ans.


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