Sur les planches : Le violon s’invite à la fête du mot

27 septembre 2018
Kiera-Dawn Kolson durant sa prestation au NACC. (Crédit photo : Denis Lord)

Kiera-Dawn Kolson durant sa prestation au NACC. (Crédit photo : Denis Lord)

Une tournée territoriale pleine d’émotions.
 

Des rires, des larmes et de l’émerveillement, il y avait beaucoup d’émotions au Northern Arts and Cultural Center le 22 septembre dernier, dans la salle, mais aussi sur scène, alors que se déroulait le Kok K’e Spoken Word and Music Festival.


La langue française possède-t-elle un terme adéquat pour traduire ce que désigne le terme spoken word ? Mot parlé ? Moche, quelconque. Poésie orale ? L’expression relève du pléonasme et s’avère limitative. À défaut, on retiendra qu’il s’agit d’une célébration du mot, du récit, qui peut tout aussi bien relever du poème ou du conte sans exclure fatalement la chanson.
Kiera-Dawn Kolson a bien représenté ces différents dynamismes du verbe, les mettant au service de la volonté d’affirmation de la femme dénée, ce qui ne l’a pas empêchée d’évoquer la part polonaise de ses racines. Kiera-Dawn Kolson a dit des contes, dialoguant avec une marionnette de corbeau, elle a lu des poèmes de sa mère Bren Kolson, décédée récemment, et accompagnée de bandes sonores ou du violoniste Wesley Hardisty, elle a chanté de cette voix puissante qu’on réécouterait volontiers.

Après le pensionnat
Ernest Lennie est un ancien fondeur olympique qui a été interné dans sa jeunesse dans un pensionnat indien. Il a défié les paramètres convenus du conte avec une présence scénique imprévisible, déconcertante, incarnant plusieurs personnages, dansant (ou skiant ?) sur scène, ne regardant jamais le public, s’arrêtant parfois à côté de panneaux suspendus pour élaborer sur d’énigmatiques diagrammes.


Maggie Mercredi a joué dans quelques pièces de théâtre au Canada et fait montre de beaucoup d’assurance sur scène. Dans ses récits, qui n’ont peut-être, allez savoir, de l’autobiographie que la seule apparence, elle évoque à l’occasion ses souvenirs de jeunesse. C’est le cas avec cette ingénieuse histoire de noyade, où au moment de trépasser, la narratrice rappelle différents moments de sa vie, ce garçon qui lui jouait dans les cheveux, sa grand-mère qui tricotait, au point où ça en devient comique.

Wesley Hardisty
Dans le début de la vingtaine, originaire de Fort Simpson, Wesley Hardisty est un violoniste doué qui a donné une étendue de son talent en duo avec le guitariste Ben Russo.


Il excelle dans les interprétations d’airs celtes et métis. Structurellement, côté mélodie et arrangements, ces musiques peuvent apparaitre redondantes même si Hardisty introduit assez de variations dans son jeu pour repousser la monotonie. Cette dernière aurait d’autant plus pu s’installer qu’il est manifestement la tête d’affiche et que son comparse est cantonné dans un rôle d’accompagnateur, sans solo, presque ignoré par Hardisty.
Mais le répertoire de l’artiste est varié, il compose, et il chante même très bien ! Son interprétation inattendue du Folsom prison blues de Johnny Cash était assez formidable, de même qu’un Stand by me qu’on n’a pas vu venir, précédé d’une longue et savoureuse intro.


Wesley Hardisty aurait véritablement pu faire lever la salle, s’il avait manifesté un peu d’attention à celui qui partageait la scène avec lui.


La tournée Ko K’e a commencé le 17 septembre à Hay River et s’est terminée à Inuvik le 27 du même mois.


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