Le droit de survivre versus le privilège de survivre

Visionnement du film Dune de Denis Villeneuve, cette semaine. Pour autant questionné par cette mégaproduction (pourquoi, après une version de David Lynch et une minisérie télévisée du Sci-Fi Channel, engouffrer tant de capital dans une version qui ne réinvente rien, qui n’ajoute rien, qui ne sert à rien ?), la thématique de base laisse songeur. Dune/Arrakis est une planète qui, au fil des millénaires, a été transformée en enfer désertique (ce que l’on apprend au fil des multiples romans formant le cycle de Dune, surtout les romans écrits par le fils de Frank Herbert et son complice dans l’écrémage du lectorat, prédatant ceux écrits par le patriarche). Frank Herbert était un écologiste convaincu. Voyait-il dans le développement de cette planète lointaine l’avenir de notre bonne vieille Terre ? Sans doute.

L’échec de la COP26 (la conférence de LA dernière chance, succédant à LA conférence de la dernière chance, qui succédait elle-même à LA CONFÉRENCE de la dernière CHANCE… bref, vous percevez la logique dans cette série si funeste) nous ramène à Dune. Une planète presque dépourvue de vie, sinon de parasites humains (importés d’autres mondes) et de vers géants, comme si le futur de notre propre destinée se reflétait dans cette Géhenne sablée.

Le point de bascule, le point de non-retour écologique a-t-il été atteint ? Allons-nous succomber au « bla-bla-bla » tant honni par Greta Thunberg ? Les changements climatiques vont inexorablement transformer la planète. Et, à moins d’un changement RADICAL de notre mode de vie, ces changements vont s’accélérer. Alors que les grandes puissances de ce monde s’obstinent autour de virgules sur les traités qui inscrivent leur mainmise sur les sacrosaints profits qu’ils veulent soutirer jusqu’à la pénultième goutte, le mercure ne cesse de battre des records, les glaciers et les banquises se réduisent, les océans s’asphyxient de déchets plastiques, et nos forêts, ces poumons vivants, disparaissent en fumée pour laisser la place aux éleveurs de bovins (Amazonie).

D’où le titre de cet éditorial. De quel droit l’Humanité survit-elle ? Tant que la pensée dirigeante se conjuguera en termes de droits, l’Humanité sera condamnée à moyen, voire à court terme. L’Homme ne servira que de viande (à canon, à consommer, à servir d’ingrédient pour du Soylent-green) pour satisfaire nos dirigeants thanatophages. Alors qu’un privilège laisse sous-entendre un contrat. Contrat social ? Contrat pour l’avenir ? Une méritocratie ? La nef des fous/des élus ? Plus l’hécatombe environnementale se rapprochera, plus les solutions qui resteront s’avèreront radicales. N’attendons donc pas la COP50 avant d’agir…


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