Relance économique : Le GTNO offre une réponse à la communauté d’affaires

Le bâtiment Tatsaoti?`ne derrière le drapeau franco-ténois se verra remplir tranquillement pas vite de fonctionnaires territoriaux qui vont retourner travailler au bureau dans les prochaines semaines

Le bâtiment Tatsaoti?`ne derrière le drapeau franco-ténois se verra remplir tranquillement pas vite de fonctionnaires territoriaux qui vont retourner travailler au bureau dans les prochaines semaines

Le GTNO indique que d’ici la fin aout, la plupart des employés du gouvernement seront de retour au bureau. Une annonce dont se réjouit la Chambre de commerce des TNO, qui a cosigné, le 25 juin, avec quatre autres associations d’employeurs du secteur privé, une lettre réclamant au gouvernement territorial de mieux appuyer les entreprises pour une relance économique.
La liste de signataires inclut la Chambre de commerce des TNO, la Chambre de commerce de Yellowknife, Tourisme TNO, la Chambre des mines des TNO et du Nunavut et l’Association de la construction des TNO et du Nunavut. Ils ont ainsi partagé un certain nombre de recommandations au GTNO pour favoriser la relance économique, incluant un assouplissement des restrictions aux frontières, mais également un retour au bureau des employés du gouvernement.
La première ministre Caroline Cochrane a offert le 9 juillet une réponse à cette lettre, en soulignant, entre autres, que cette dernière requête en particulier sera exaucée. « Je peux vous confirmer que le processus de transition sécuritaire des employés gouvernementaux dans leurs bureaux est enclenché, dans le respect des recommandations fournies par l’administratrice en chef de la Santé publique », indique Mme Cochrane.

Une première étape « encourageante »
Selon un avis signé par la ministre des Finances, Caroline Wawzonek, sur le site Web du GTNO, 60 % des employés gouvernementaux seraient présentement de retour sur leur lieu de travail habituel. On y indique que d’ici la fin du mois d’aout, la grande majorité d’entre eux ne seront plus en télétravail.
Comme l’explique Renée Comeau, directrice générale de la chambre de commerce des TNO, cette annonce répond à l’une des plus importantes requêtes de la communauté d’affaires au GTNO. « En soi, ceci permettra à plusieurs entreprises de reprendre les activités dans le secteur du centre-ville, à Yellowknife comme dans plusieurs de nos centres régionaux, puisque la majorité de ces entreprises dépendent de la clientèle des employés de bureau », explique-t-elle.
La première ministre a également exprimé, dans sa réponse aux cinq associations d’entreprises, la volonté du GTNO d’élargir l’intervention du secteur privé dans les processus de consultation relatifs aux décisions entourant les mesures de santé publique et la relance économique.
À ce chapitre, Mme Cochrane rappelle qu’un conseil consultatif d’entreprise est présentement à l’œuvre pour l’élaboration du plan de relance économique « Une reprise avisée » du GTNO.
Pour la chambre de commerce des TNO, cette réponse de la première ministre représente une première étape vers une conversation plus large. « Nous apprécions la réponse fournie par Mme Cochrane, commente Mme Comeau, et avons hâte de poursuivre notre travail avec le GTNO et l’Administratrice en chef de la santé publique pour aller de l’avant et, espérons-le, résoudre les enjeux qui ont été mis en lumière par la communauté d’affaires. »
Selon un sondage auquel ont répondu 198 entreprises des TNO en avril et en mai, dont les résultats ont été publiés le 10 juillet, le GTNO estime qu’en moyenne, chaque entreprise ténoise a dû mettre à pied 2,5 salariés à temps plein et 2,6 salariés à temps partiel.

CDÉTNO : « L’économie doit redémarrer »
Aux yeux du directeur général du Conseil de développement économique des TNO, François Afane, le gouvernement des TNO doit définir les perspectives de relance économique qui permettront aux entreprises en crise de voir la lumière au bout du tunnel. « Le départ va être lent, mais il faut qu’il y ait un départ », a-t-il résumé.
En entrevue avec Radio Taïga, M. Afane s’est dit en accord avec le point de vue et les recommandations exprimées en juin par les cinq associations d’employeurs du secteur privé.
« L’économie des TNO, ce n'est pas que les fonctionnaires ; c'est aussi les entreprises touristiques, les commerces… c’est tout ce tissu privé qui fait aussi vivre l’économie, souligne-t-il. On ne peut pas se permettre de les voir disparaitre. Où va-t-on faire nos achats ? Où va-t-on se faire coiffer ? Qui va faire venir les touristes ici ? Tout ce pan de l’économie qui a été mis en arrêt a besoin de redémarrer, à tout le moins, dans des conditions sécuritaires. »
Le directeur général déplore l’incertitude à laquelle sont contraintes bon nombre d’entreprises depuis le début de la crise, et qui ont présentement du mal à planifier la suite des choses. « L’instabilité et le fait qu’il n’y ait pas d’avenir ou de possibilités de projections, affectent beaucoup les entrepreneurs, surtout sur le plan mental, ajoute-t-il. La force des entrepreneurs, c’est la force mentale et le moral. C’est de savoir qu’ils peuvent se projeter, qu’il y a des possibilités de se sortir d’une situation difficile, et ce sera donc de savoir combien de temps durera cette période d’arrêt. Cette certitude, c’est la clé des affaires. »
M. Afane se dit notamment en accord avec l’idée de repenser les restrictions imposées aux frontières, tel qu’exprimé par les associations dans la lettre. « Avec toutes les restrictions qui s’imposent, les hôtels, par exemple, ne peuvent recevoir de touristes. Personne ne viendrait s’isoler 14 jours avant de faire un voyage. Plusieurs entreprises ouvrent ainsi à capacité limitée, ce qui a un impact sur leur chiffre d’affaires et sur leur avenir. »
« La priorité, c’est de protéger les populations locales, en évitant quelque infection que ce soit à la COVID-19, soutient-il. Les autorités sanitaires ont fait un excellent travail. Maintenant, il est temps que le gouvernement s’assoie avec les acteurs du secteur privé afin de définir les mesures qui pourraient être mises en place, qui devront être jugées sécuritaires, mais qui permettront aux entreprises de relancer leurs activités d’une façon ou d’une autre, même de façon progressive », indique-t-il.

Boreal Flavour : résilience et sécurité
L’entreprise du restaurateur Étienne Croteau n’a pas échappé à la crise. Celui qui a dû déménager et redéfinir ses activités affirme avoir perdu gros depuis le début de la crise et n’encaisser présentement aucun profit. Pourtant, il tient à ce que les règles imposées par la santé publique restent bien en place : « J’ai des parents vieillissants, et jamais je n’autoriserait qu’on néglige leur sécurité, précise M. Croteau. Ils sont au Québec, et restent confinés à la maison parce qu’ils ont peur. »
« Je suis d’accord pour une reprise économique, mais pas pour compromettre la sécurité aux TNO », affirme-t-il, disant craindre la seconde vague d’infection prévue, et douter de la capacité de la santé publique à contrôler les cas graves qui pourraient se déclarer.
Bien qu’il soit directement affecté par l’absence de touristes sur le territoire, le restaurateur croit aussi que la règle d’isolement de 14 jours imposée à l’arrivée aux frontières doit rester en place. « Il y a une demande pour que ce soit enlevé, mais je pense que c’est important. », affirme-t-il.

Un modèle d’affaires adapté
La situation des derniers mois a forcé le propriétaire à fermer son restaurant Flavour Trader/Saveurs de l’artisan qui était logé au Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles. « Il y avait trop d’imprécisions, il était impossible de faire une prévision budgétaire et d’avoir un flux de trésorerie prévisionnelle : on a donc décidé de ne pas retourner au musée, résume-t-il. Le volet de service de traiteur de Flavour Trader, lui, reviendra en force au moment opportun. »
C’est ainsi que l’entreprise Boréal Flavor est née, dans un emplacement rénové dans la foulée de la crise, dans le but de s’adapter à la nouvelle donne. « J’ai décidé d’aller vers un modèle d’entreprise beaucoup plus résilient. Nous avons terminé la construction d’une cuisine commerciale dans le secteur de Kam Lake, où on ne fait que des plats préparés, congelés, puis vendus en ligne, explique-t-il. Avec ce modèle, l’entreprise peut rester en activité, même dans le cas d’une seconde vague de COVID-19. »
Pour l’instant, l’entrepreneur s’appuie sur l’aide financière offerte par le fédéral, et presse ses homologues d’en faire de même. « J’ai une petite entreprise et j’ai demandé toute l’aide que je pouvais au fédéral et à [l’agence de développement économique] CanNor. Ça me donne un très bon souffle, indique-t-il. Toutes des dépenses les plus prenantes sont payées, comme les salaires et les frais fixes. On a perdu des centaines de milliers de dollars, c’est énorme. Cet argent ne reviendra jamais. Mais on peut avancer sur le neutre et regarder en avant. Pour l’instant, tout fonctionne bien. »


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