Célébrations de l’Arbre d’honneur : La mémoire prend racine

Après son discours, la présidente de l’Association des femmes autochtones, Jane Weyallon, est allée nouer un ruban rouge autour d’une branche de l’arbre préalablement choisi sur la place Somba K'é.
(Crédit photo : Cécile Antoine-Meyzonnade)

Après son discours, la présidente de l’Association des femmes autochtones, Jane Weyallon, est allée nouer un ruban rouge autour d’une branche de l’arbre préalablement choisi sur la place Somba K'é. (Crédit photo : Cécile Antoine-Meyzonnade)

Six évènements appelés « Arbre de l’honneur » ont été organisés cet automne en hommage aux filles et femmes autochtones disparues ou assassinées.

Depuis quelques semaines, de drôles de fruits en tissus rouges poussent dans certaines villes d’un bout à l’autre des TNO.


Yellowknife ne fait pas exception, plus d’une centaine de personnes s’est réunie le jeudi 1er octobre à la place Somba K’e pour l’évènement de l’« Arbre de l’honneur » (« Tree of Honour »). Ces journées sont organisées par le Conseil de la condition des femmes afin d’honorer la mémoire des femmes autochtones assassinées ou disparues. En guise de symbole, des rubans rouges sont noués autour des branches dorées d’un arbre en bordure du parc.


Animatrice lors de cette heure emplie d’émotions, la directrice générale du Conseil de la condition des femmes des TNO, Louise Elder, en distribue un à chaque intervenant.


Ce geste « nous donne l’occasion de rendre hommage aux familles et aux amis qui ont perdu leurs proches et aux gens de notre territoire qui sont en deuil », détaille-t-elle dans sa courte introduction.

« Rester en alerte »
Sans micro, la conseillère municipale de Yellowknife, Stacie Smith, a déclamé, sans notes, son discours, porté par le vent. « Je ne suis pas ici seulement en tant que conseillère de la ville, mais principalement comme femme autochtone, comme mère, fille et sœur », a-t-elle commencé.


Cette célébration, qu’elle qualifie de « profonde », est une « voix pour ceux qui ont disparu ».


« Il y a seulement une petite partie d’individus autochtones qui n’a pas été touchée par la violence, continue-t-elle. Une des choses que mes parents m’ont apprise est de toujours rester en alerte. »


Par la suite, la jeune femme a raconté une histoire très personnelle, une expérience passée qui aurait pu mal se dérouler. « J’ai couru aussi vite que j’ai pu, et j’ai demandé à Dieu, fais moi m’envoler », s’est-elle écriée après avoir raconté que des hommes l’avaient suivi à travers les rues de Winnipeg. « Je faisais partie des chanceuses cette nuit-là. »


« N’ayez pas peur de parler », a de son côté souligné la présidente de l’Association des femmes autochtones, Jane Weyallon.

Se souvenir et guérir
Présente lors de cette journée à titre de ministre de la Condition des femmes, Caroline Wawzonek a également pris la parole. « C’est un message très puissant de se retrouver comme nous le faisons aujourd’hui », a débuté la députée de Yellowknife Sud.


Raconter et se souvenir des histoires des victimes est, dira la ministre, « une conversation que nous devons continuer d’avoir jusqu’à ce que la violence ne soit qu’un souvenir ».


« Nous devons absolument tous développer des actions concrètes pour protéger les survivants et leur famille. Logements inadéquats, manque d’éducation et d’emploi, ce sont des réalités qui continuent d’être ancrées dans notre société », a-t-elle continué.


Mme Wawzonek a également insisté sur le fait que le GTNO travaillait avec divers organismes et instances gouvernementales canadiennes sur le sujet. « Ce n’est qu’un début, mais il y a beaucoup de travail qui est enclenché dans l’ombre », indique celle qui, avant de se lancer en politique, a agi comme conseillère juridique pour l’Association des femmes autochtones des TNO lors des audiences de la Commission d’enquête nationale sur les femmes et filles autochtones disparues et assassinées.


Seul homme au micro ce jour-là, le chef des Dénés Yellowknives de Ndilo, Ernest Betsina, est remonté aux causes profondes de ces violences aujourd’hui vécues. « Les violences faites aux femmes, aux personnes LGBTQ+ et bispirituelles sont causées par une violation persistante des droits de la personne et des droits autochtones, incluant les pensionnats indiens », indique-t-il, alors que la Journée du chandail orange était célébrée la veille, le 30 septembre.
« Aujourd’hui, nous devons soutenir et continuer à honorer les familles et amis qui ont perdu des êtres chers et leur permettre de guérir au sein de leur foyer, de leur collectivité et à travers le Canada. »


À la fin de la cérémonie, la centaine de personnes jusque-là assise s’est levée et a formé une file devant l’arbre déjà en partie enrubanné. Tour à tour, un nouveau morceau de tissu est venu alourdir ses branches frêles, témoins du poids de l’histoire.


La prochaine célébration de l’Arbre de l’honneur aura lieu samedi 10 octobre à Hay River, près du poste de la GRC, à 13 heures.


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