L'essor de la musique classique_28

L’auteur anime Trésor de la musique classique à 21 h, les dimanches et mercredis sur CIVR 103,5 FM et Radiotaiga.com.

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La rencontre de Jean-Sébastien Bach et de Georg Böhm se produit lors d’un des moments musicaux les plus intenses vécus par Jean-Sébastien, lorsqu’il est à Lunebourg pour étudier au collège Saint-Michel. Il se rend à l’église Saint-Jean, une des plus anciennes églises luthériennes, pour participer à l’office religieux du dimanche. À cette occasion, il entend pour la première fois la beautédu timbre de l’orgue de l’église, qui avait été construit en 1533 par Hendrik Niehoff et Jasper Johansen, deux des plus fameux constructeurs de grands orgues de style germanique en Europe. Cet orgue comporte trois claviers qui supportent plus de soixante touches, qui produisent les notes des cinq octaves chromatiques, ainsi que des modificateurs sonores. À ces notes s’ajoutent ceux de deux octaves distribuées sur deux pédaliers. Chaque touche et pédalier opère sur des soupapes qui ouvrent la voie à l’air produit par un système de soufflerie. L’air se dirige ensuite vers le sommier du système de tuyauterie, soit des tuyaux qui varient de quelques centimètres à six mètres de hauteur. Chaque note est reliée à son propre tuyau fabriqué de lames métalliques composées d’alliances de plomb, d’étain et d’autres métaux. Ce sont ces tuyaux qui couvrent toute la partie postérieure de la nef principale, et en puissante vibration propulsent les notes qui résonnent dans les murs, colonnes et voute de l’église.
Georg Böhm jouait de l’orgue ce dimanche-là, un des grands organistes de la période avec qui Jean-Sébastien Bach développera ses techniques de composition à l’orgue et au clavecin alors qu’il fait ses études en musique chorale au collège Saint-Michel.
C’est en 1703 que Bach obtient son diplôme et déménage pour travailler dans la région du Land de Thuringe, d’abord comme violoniste dans l’orchestre de chambre du frère du duché et après comme organiste et directeur de la chorale à l’église de Saint-Boniface, dans la ville d’Arnstadt. Il occupe ce poste jusqu’en 1707, et commence ensuite à composer des cantates. Cette période est aussi marquée par des conflits avec des membres de l’orchestre de la chorale en raison de ses exigences musicales et de son caractère facilement irritable. À ces conflits s’ajoutent ceux qu’il a avec le consistoire de l’église, parce qu’ayant eu congé pour un mois, il revient après quatre mois (pour assister à un festival de musique à l’église de Sainte-Marie à Lübeck) et à son retour, introduit des modifications à la structure musicale de la messe luthérienne de sorte que ses compositions chorales présentent une complexité de lignes mélodiques rendant la parole incompréhensible.


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