Malgré les difficultés du système de santé albertain : L’entente avec les TNO tient bon

17 décembre 2020
L’hôpital Royal Alexandra d’Edmonton, où sont soignés des centaines de Ténois chaque année. (Crédit photo : Wikimedia Commons)

L’hôpital Royal Alexandra d’Edmonton, où sont soignés des centaines de Ténois chaque année. (Crédit photo : Wikimedia Commons)

Pour le député Rylund Johnson, on devrait envisager la possibilité de faire soigner les Ténois ailleurs.

Même si les cas de COVID-19 engorgent le système de santé en Alberta, les patients ténois devraient continuer à y recevoir un traitement égal à ceux de leurs homologues du Sud. C’est du moins ce qu’affirme la directrice médicale territoriale, la Dre AnneMarie Pegg, faisant écho aux assurances du ministre de la Santé, Julie Green, exprimées le 16 novembre dernier.

« Il n’y a aucune discrimination géographique, assure la docteur Pegg. S’il y a deux patients avec le même diagnostic, les mêmes besoins, [les médecins albertains] ne vont jamais dire qu’ils prennent le patient de l’Alberta parce qu’il vient de l’Alberta. Nous sommes égaux. »

« Il y a déjà eu de l’incompréhension avec des médecins de clinique qui ont temporairement refusé des patients ténois, mais ça s’est réglé en moins de deux heures avec un appel. Le centre de références est centralisé et nous avons une grande expérience avec les opérateurs et les infirmiers. Ça n’a jamais été testé à l’échelle d’une pandémie, mais ça marche jusqu’à présent. »

AnneMarie Pegg dit s’entretenir plusieurs fois par semaine avec le directeur de zone des services de santé de l’Alberta qui, chaque fois, met l’accent sur l’égalité entre patients ténois et albertains.

L’entente de services entre les deux législations s’appelle GNWT and Capital Health Agreement. Le gouvernement ténois a été incapable d’en fournir le texte à L’Aquilon, malgré des demandes répétées. L’entente date un peu, concède Mme Pegg, mais elle contient des recours advenant une discrimination à l’égard d’un patient ténois.

En 2019-2020, le ministère de la Santé et des Services sociaux a dépensé 41 M$ pour les soins de santé à l’extérieur des Territoires.

Y a-t-il un plan b pour faire face à un refus de traiter les patients ténois ? Mme Pegg n’a pas répondu directement à cette question.

Sur Facebook, le 3 décembre dernier, le député de Frame Lake, Kevin O’Reilly, s’est dit préoccupé par la situation chez nos voisins. « Je crois que nous devons commencer à penser à un plan de secours alors que le système de santé de l’Alberta se dirige vers un effondrement. »

 

Se faire soigner ailleurs ?

Son homologue de Yellowknife North, Rylund Johnson, ne croit pas qu’il y ait un risque, considérant la démographie somme toute modeste des Territoires. « Éliminer les TNO ne règlerait pas leur problème », dit-il.

« Qu’ils puissent annuler l’entente ou qu’ils arrêtent de prendre des patients des TNO ne me préoccupe pas ; ce qui me préoccupe, c’est qu’à un certain point, nous devrions cesser d’envoyer des patients là. C’est davantage notre choix à nous. Si ça continue à empirer […], si nos patients sont pour aller dans des hôpitaux de campagne, dans un système de santé débordé, ça n’a pas de sens. Nous devrions avoir un contrat avec une autre administration, à Vancouver où ailleurs. »

M. Johnson rapporte que plusieurs citoyens de sa circonscription lui ont dit choisir de ne pas se faire soigner dans le Wild Rose Country.

 

Statistiques sur différence

La diminution des chirurgies et des services ambulatoires durant la pandémie a touché les Ténois tout autant que les Albertains. Il est difficile d’avoir des statistiques sur le nombre d’opérations et de services qui ont été remis à plus tard ; si les deux tiers des transferts sont organisés par les gouvernements, les autres passent par les forces armées et les assurances privées. Autant l’Alberta que les Territoires ont utilisé au maximum la télémédecine, tant pour compenser les rendez-vous annulés que pour ne pas propager la contagion.

AnneMarie Pegg dit ignorer si le plus récent engorgement du système de santé albertain se traduira par une nouvelle vague d’annulation de services. « Les nouvelles règles sont entrées en vigueur il y a deux jours, dit-elle, nous ne verrons pas les résultats de ça avant deux semaines. Les hospitalisations vont probablement continuer pendant ce temps. »

Garder plus longtemps les remplaçants

Si les patients ténois vont se faire soigner en Alberta, du personnel de santé albertain vient aussi prodiguer des soins aux Territoires du Nord-Ouest. Pendant la pandémie, pour limiter le temps perdu en quarantaine, ils ont été invités à prolonger leur séjour. « À Inuvik par exemple, cite la directrice médicale territoriale, au début de la pandémie, il y avait quelques médecins remplaçants censés rester deux ou trois semaines. En fait, il y en a qui sont restés trois mois, pour éviter les allers-retours. Nous étions contents de cette décision ! »

Il est encore trop tôt, dit-elle, pour savoir si la crise sanitaire albertaine affectera ces séjours.

 

Un état des lieux

Le 14 décembre, la médecin hygiéniste en chef de l’Alberta, Deena Hinshaw, rapportait 1887 nouveaux cas de COVID-19, 716 hospitalisations, dont 136 dans des unités de soins intensifs, et 15 nouveaux décès. En date du 14 décembre, le nombre d’accompagnants est limité en fonction de l’unité de soins. Selon plusieurs médias, des lits de fortune ont dû être ajoutés dans les hôpitaux.

La vaccination a déjà commencé et 25 000 doses sont attendues la semaine prochaine.


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