Kronik Épidémik du 17 juillet 2020

Quelqu’un est mort tout près d’ici/ Je ne sais plus si c’est un voisin ou moi/ Ou quelqu’un dans un livre/ Les vaches ne peuvent pas dormir/ C’est l’été une fois de plus… (Encore, Brigitte Fontaine et Areski Belkacem, 1970).

Après quelques heures de coma éthylique profond, tu te réveilles, solide et sans retour. Quatre heures du matin. Quoi… ? L’insomnie toxicologique du verre de trop. Dans la chambre, sous la couette, dans ton corps, il fait chaud. way trop chaud. La smart ass de machine murale indique 25 degré celsius. Wow ! On peut bien crever. Une certaine euphorie t’habite tout de même. Une manière de bonheur immédiat d’être au monde, d’étonnement heureux d’être en vie. La légèreté lumineuse et souveraine de l’excès. Parfois. Tu ouvres la porte. Il fait clair et il pleut. Fort. Beaucoup. Y mouille à sciaux, dirait ta mère. Tu vois les chaudières se remplir et cela te remplit de joie. Ô miracle ! Ô ivresse ! Tu sors nue bénir ta vie d’insensée d’une douche froide et t’hydrater du même coup le gosier, la tête renversée, la bouche grande ouverte. C’est bon. C’est froid. C’est vivant. Ça sent les fleurs et la terre et le poisson. Ça réveille encore plus. Ça l’enrêve encore mieux. Tu rentres à la course en riant. Tu te débouches une Cream Ale et tout te revient, tout se replace mollement. Le retour à vélo en surf sur le dos des nuages roses, le soleil mourant et glorieux. Son reflet sur l’eau. La beauté absolue du tableau. Le renard tout maigre qui gambade sur la trail avec un canard immense en gueule, visiblement fier de sa proie. Frame Lake et l’extase matérielle à portée de pieds. Tu revois le sourire enchanté des autres témoins-passants, qui attrappe le paradis quand il passe en même temps. Tu te dis que la magie de la vie, c’est une affaire de moments et que tu as le don de te trouver en plein dedans. Carpe diem. Si j’te pogne, j’te mange. La tête en carrousel, le lit tout habillé…

Et moi, moi qui respire encore/ Petits ânes penchés/ Petits colonisés/ Aux yeux de pierre/ Aux yeux de pierre/ (j’ai oublié/ les chats crevés/ les chats oublient/ encore plus vite)/ Près de la grille/ L’arbre grésille/ Et nous, nous toujours vivants/ toujours vivants/ toujours vivants/ toujours vivants/ toujours vivants
(L’Été, l’Été, Brigitte Fontaine, Areski Belkacem, 1970)
Mélanie Genest


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