Éducation : Il y a place à l’amélioration, admet le ministère

Les membres du bureau du vérificateur général du Canada, Maria Pooley et Glenn Wheeler, lors du dévoilement du rapport sur l’éducation aux TNO, le 6 février dernier.
(Crédit photo : Cécile Antoine-Meyzonnade)

Les membres du bureau du vérificateur général du Canada, Maria Pooley et Glenn Wheeler, lors du dévoilement du rapport sur l’éducation aux TNO, le 6 février dernier. (Crédit photo : Cécile Antoine-Meyzonnade)

De longs mois après la publication du rapport du vérificateur général du Canada sur l’éducation aux TNO, un comité parlementaire s’est réuni pour questionner le gouvernement sur ses lacunes.

Neuf mois, jour pour jour. Le 6 novembre, un comité parlementaire s’est penché sur le rapport du vérificateur général du Canada sur l’éducation aux TNO, de la maternelle à la 12e année, publié le 6 février dernier.


« Nous reconnaissons qu’il y a toujours des efforts à faire, et nous accueillons l’opportunité de recevoir un avis impartial du bureau du vérificateur, a déclaré la sous-ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, Rita Mueller, face au comité. [Le ministère] est prêt à proposer des améliorations, à soutenir les résidents et tous les étudiants au cours des différentes étapes de leur éducation. »


Méconnaissance des dossiers, problèmes dans les calculs, recul de l’enseignement de la culture et des langues autochtones… À travers ces 38 pages, le bureau du vérificateur a noté de nombreuses lacunes allant à l’encontre du rôle du gouvernement, autrement dit « mettre en œuvre un meilleur système d’éducation ».


« Nous avons trouvé des lacunes dans les mesures [que le gouvernement] avait prises, dans tous les secteurs de notre audit, a répété une nouvelle fois le directeur principal du vérificateur général, Glenn Wheeler. Nous sommes grandement préoccupés par nos constats, étant donné l’importance de l’éducation pour les enfants. »


Après avoir interrogé l’équipe de l’audit responsable du rapport, le comité présidé par la députée de Thebacha, Frieda Martselos, a ainsi pu interroger les membres du ministère de l’Éducation.

Changements de méthode de calcul
Dans le rapport du vérificateur, une section étrange saute aux yeux : « Des problèmes liés à la collecte et à l’analyse des données », est-elle intitulée. Le taux de réussite scolaire apparait ainsi comme gonflé par le gouvernement. Prenons un exemple : en 2017, le ministère annonce environ 72 % de réussite tandis qu’au même moment le vérificateur n’en trouve que 44 %. Soit une différence de 30 %.


Le député de Yellowknife Nord, Rylund Johnson, a interrogé les membres du gouvernement sur la méthode que le ministère comptait désormais utiliser : « Je reconnais la bonne volonté du ministère pour collecter les données, cependant, en observant les résultats […] le bureau du vérificateur nous a démontré de meilleurs résultats et une méthode plus précise. Ma question est la suivante, pourquoi n’adoptons nous pas cette méthode ? »


« Les TNO recensent les différentes manières d’obtenir un diplôme, a précisé la directrice en recherche et évaluation du ministère, Katie Pollock, un étudiant peut quitter le système éducatif pour un certain temps et revenir afin d’obtenir son diplôme. On veut désormais reconnaitre tous les chemins possibles. »


Mme Mueller a également précisé que la méthode utilisée, n’étant effectivement pas fiable, avait été modifiée en 2017. Ce changement n’a cependant été annoncé qu’en février 2020, après la parution du rapport du vérificateur général.

Pandémie
Depuis février, de nombreux mois sont passés, mais surtout, une pandémie mondiale qui a transformé radicalement l’accès à l’éducation.


La députée de Kame Lake, Caitlin Cleveland, a remis en question l’impact de la COVID-19 sur l’application des recommandations : « Est-ce que la pandémie pourrait faire reculer de possibles améliorations ? », a-t-elle interrogé le bureau du vérificateur.


« Nous avons pu observer dans l’ensemble du pays l’impact de la pandémie dans nos habitudes et sur l’accès à une éducation de qualité, a répondu la nouvelle vérificatrice générale du Canada, Karen Hogan, également présente lors de cette rencontre. Il faut que les écoles soient capables d’assurer une transition vers le virtuel. »


L’accès Internet pour tous et partout constitue une nécessité dont le ministère est conscient.


« Nous avons besoin de moderniser le système, dès la maternelle, a expliqué Mme Mueller. Garantir plus d’accès en ligne, plus accessibles pour tout le monde. »

Yellowknife vs les collectivités
Un autre point négatif flagrant du rapport du vérificateur touche l’accès à l’éducation. Tous les élèves n’auraient pas un accès similaire à un enseignement, qu’ils se trouvent d’un côté ou d’un autre des Territoires.


La députée de Kam Lake, Caitlyn Cleveland, a soutenu que le ministère était installé dans la capitale des TNO, et ne prenait pas forcément en considération les collectivités : « Comment le ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation travaille avec les gouvernements autochtones afin de suivre les recommandations et qui est inclus dans la boucle des discussions ? », a-t-elle interrogé.


La ministre adjointe a expliqué que les directeurs des écoles des collectivités avaient notamment été consultés afin de constituer un nouveau plan d’éducation.


« Nous sommes vraiment au premier stade de développement, a répondu Mme Mueller. [Les mesures] doivent être réalistes et faisables. Un accès équitable, c’est reconnaitre que les écoles des petites collectivités ont des besoins uniques en comparaison avec de plus grosses écoles des centres. »


De son côté, la députée d’Inuvik Twin Lakes, Lesa Semmler, a insisté sur le fait que « les collectivités se sentent moins importantes. »


Elle a également remis en cause, le soutien aux enseignants issus des collectivités. « La priorité n’est pas mise sur la culture, et sur le recrutement d’enseignants locaux que je considère comme des “doctorants du territoire”, a-t-elle soutenu. Nous ne les engageons pas parce qu’ils ne suivent pas [les normes d’éducation]. C’est une politique coloniale qui met en place ces barrières […] et qui empêche nos enfants d’avoir des enseignants exceptionnels qui pourraient leur faire connaitre leur identité. »


La sous-ministre a répondu qu’il était « fortement encouragé que les écoles s’engagent et travaillent en collaboration avec les ainés et des experts de la culture [autochtone]. »


La rencontre de plus de deux heures s’est conclue par la promesse du ministère de fournir des statistiques plus précises sur les différentes régions afin de mieux connaitre les taux de réussite.


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