Ailleurs dans la presse francophone : Décès de son fils : trois ans sans réponses

La mère adoptive de Maxim Baril-Blouin (en photo) a donné un «?ultimatum?» au gouvernement du Yukon afin d’obtenir l’accès à des documents. (Crédit : Courtoisie Sylvie Salomon — Archives L’Aurore boréale)

La mère adoptive de Maxim Baril-Blouin (en photo) a donné un «?ultimatum?» au gouvernement du Yukon afin d’obtenir l’accès à des documents. (Crédit : Courtoisie Sylvie Salomon — Archives L’Aurore boréale)

Maxim Baril-Blouin est décédé d’une surdose de fentanyl dans un centre de détention en Alberta. C’était en 2018, il était alors âgé de 26 ans et était sous la responsabilité du gouvernement du Yukon. Depuis son décès, sa mère adoptive, Sylvie Salomon se heurte à des portes closes et tente tant bien que mal d’obtenir des réponses à ses questions. 

Laurie Trottier – L’Aurore boréale

Maxim souffrait du syndrome de l’alcoolisme fœtal. Après avoir été déclaré non criminellement responsable d’un acte criminel lors de démêlés avec la justice en 2017, il a été transféré en Nouvelle-Écosse, en Ontario puis en Alberta, dans des établissements de santé privés.

Il recevait des soins de l’organisme I Have a Chance, à Stony Plain à l’ouest d’Edmonton. Il y était traité depuis sept mois lorsque l’évènement tragique est survenu.

Depuis, sa mère adoptive tente de comprendre le contexte lié à ce drame avant de pouvoir entamer son deuil. Faute de réponses satisfaisantes des autorités du Yukon, Sylvie Salomon a annoncé l’automne dernier qu’elle était prête à entreprendre une grève de la faim pour tenter de mettre enfin la main sur les documents qu’elle demande depuis plus de deux ans.

En décembre dernier, certains des documents requis, comme les rapports mensuels d’incidents des mois précédant le décès de son fils, lui ont été fournis. « En gros, il ne fallait pas que je lâche, et quand j’ai menacé de faire la grève, ils ont plié […]. Ça a pris deux ans et demi de bataille pour obtenir quelque chose qui m’appartient », souligne-t-elle.

Depuis, Sylvie Salomon a également reçu des renseignements de la part de Stephen Samis, sous-ministre de la Santé et des Affaires sociales du Yukon, qui a précisé les circonstances entourant le décès de Maxim.

Ce dernier avait été transféré dans un centre de détention albertain après un incident avec le personnel de l’établissement I Have a Chance, le 19 juin 2018. Peu après, la Commission d’examen du Yukon avait autorisé son retour au territoire, prévu le 16 juillet, mais Maxim est décédé trois jours avant le transfert.

La Commission d’examen du Yukon est un tribunal administratif judiciaire chargé de faire le suivi des personnes ayant reçu un verdict de non-responsabilité criminelle en raison de troubles mentaux ou d’inaptitude à subir un procès.

Tout au long des traitements, la Commission, conjointement avec le ministère de la Santé et des Affaires sociales, s’assure du suivi du dossier des clients et de leur plan de santé, en plus de conduire des révisions annuelles.

 

Lourdeur administrative

Malgré les récents développements, certaines circonstances de l’incident demeurent nébuleuses pour Sylvie Salomon, qui déplore également que les réponses n’arrivent qu’au compte-goutte.

« Le fentanyl c’est le point final, mais il y a eu une continuité de choses qui sont arrivées qui ont fait que, évidemment, il s’est retrouvé au centre de détention », estime la mère de Maxim. L’enquête du Bureau du coroner en Alberta, responsable de faire la lumière sur la surdose fatale de Maxim dans le centre de détention, pourra peut-être élucider certains points, mais les délais avant la tenue de l’enquête sont longs.

Pour Sylvie Salomon, ces délais, combinés à la quantité de documents à remplir pour avoir accès à des dossiers concernant son fils, sont frustrants et insultants. « Parfois, tu te demandes si tu es folle. Comment ça se fait qu’il y ait juste moi qui pose des questions ? », se demande-t-elle, en soupirant.

 

Dénouer l’impasse en 2021

Sylvie Salomon est toujours en attente du dossier médical de son fils. « C’est fatigant. Je dirais que je travaille un mois ou deux là-dessus et après je suis obligée de prendre des vacances mentales d’un mois ou deux. Et après je recommence. Je trouve ça difficile d’être seule là-dedans », témoigne-t-elle.

Plongée dans ses interrogations et contrainte de naviguer à travers une pluralité d’acteurs et d’organisations, l’amorce du deuil devient plus difficile. Et plus les années passent, plus la recherche d’information se complique : « Je continue de pousser, mais c’est difficile. […] Je parle à des gens qui n’étaient pas là en 2018, alors il faut que je recommence à zéro à chaque fois », déplore-t-elle.

Son souhait pour cette année ? « Avoir plus de réponses et que le ministère de la Justice prenne ses responsabilités », lance-t-elle, tout en réclamant la possibilité de s’assoir avec les autorités pour repasser au peigne fin les dernières décisions ayant mené au décès de son fils. « Je ne lâcherai pas », affirme-t-elle.


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