Fouilles d’anciens pensionnats indiens : Aux Autochtones de décider

(Crédit photo : Thomas Ethier)

(Crédit photo : Thomas Ethier)

La Nation dénée se dit favorable à ce que des fouilles soient effectuées sur les sites des anciens pensionnats des TNO.

Suite à la découverte du charnier de Kamloops, la première ministre des Territoires du Nord-Ouest s’est engagée à consulter les gouvernements autochtones sur la possibilité d’effectuer des recherches similaires sur des sites aux TNO.

Caroline Cochrane s’est engagée en ce sens lorsque questionnée par la députée de Great Slave Katrina Nokleby lors de la séance de l’Assemblée législative du 31 mai. Comme de nombreuses autres personnes, Mme Nokleby croit qu’on découvrira d’autres fosses communes, particulièrement aux TNO.

« Les Territoires du Nord-Ouest avaient le plus haut pourcentage d’étudiants dans les pensionnats indiens, a rappelé la députée. 14 pensionnats ont été en opération aux Territoires du Nord-Ouest et 14 de plus au Nunavut. Nous devons initier une investigation de ce genre dans notre territoire. Si on veut vraiment avoir une réconciliation dans le Nord, nous devons retourner ces enfants aux leurs. »

L’ancienne ministre des Infrastructures fait observer que la technologie utilisée pour trouver les ossements de 215 enfants autochtones à Kamloops est la même que celle servant à mesurer l’épaisseur des routes de glace des TNO.

En réponse, la première ministre a affirmé que son premier réflexe avait été semblable à celui de la députée de Great Slave, mais que la décision et la manière de fouiller les sites des anciens pensionnats indiens appartiennent aux gouvernements autochtones, conformément aux recommandations du volume « Enfants disparus et lieux de sépulture non marqués » du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

« Mon engagement est d’amener le sujet aux gouvernements autochtones et de suivre leurs directives sur la manière d’aller de l’avant », dit la première ministre.

Par communiqué de presse, la Nation dénée s’est dite en faveur de telles fouilles et indique espérer que de tels travaux soient entrepris dès que possible. « Malheureusement, nous savons qu’il ne s’agit pas de la seule sépulture non marquée », écrit le Grand chef Norman Yakeleya, cité dans le communiqué. Une rencontre entre le gouvernement territorial et les gouvernements autochtones est prévue le 11 juin prochain.

Mme Cochrane n’a pas répondu directement à la député de Great Lake, qui lui a demandé si le gouvernement ténois était prêt à financer des fouilles. Elle a plutôt rappelé la responsabilité du fédéral et de l’église catholique dans la création des pensionnats indiens.

Le 1er juin à la Chambre des communes, le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, a assuré que son gouvernement assumerait ses responsabilités financières et laisserait les Premières Nations, les Inuits et les Métis prendre le leadeurship du dossier. « La nouvelle de jeudi dernier concernant le site de l’ancien pensionnat de Kamloops, et d’autres sites partout au pays, n’est que la pointe de l’iceberg, a affirmé M. Miller. Comme le révèlent les divers volumes du rapport de la Commission de vérité et réconciliation, cela se compte par milliers. »

 

Pas une surprise

Lors des travaux parlementaires du 31 mai, le président de la chambre, Frederick Blake, et la députée d’Inuvik Twin Lakes, Lesa Semmler, ont souligné qu’aussi tragique fût-elle, la découverte du charnier de Kamloops n’avait rien de surprenant.

« Ça brise le cœur d’entendre ça, a affirmé la députée Semmler, mais ça n’a rien d’étonnant parce qu’en tant qu’Autochtones, plusieurs d’entre nous avons entendu des histoires comme ça de nos parents, de nos grands-parents ou de nos arrière-grands-parents, sur ce qu’ils ont eu à endurer. »

« Nous continuons à vivre avec les impacts des pensionnats, poursuit-elle. Le manque de respect pour nos femmes et nos filles, la surreprésentation carcérale des hommes autochtones, et nos enfants continuent à être enlevés en grand nombre de leur foyer. Nous allons continuer à combattre le racisme et à enseigner notre histoire à ceux qui ne la connaissent pas, pour que ça ne soit jamais oublié ou répété. »

Le député de Monfwi, Jackson Lafferty, lui-même un survivant du système des pensionnats, s’est aussi ému de la macabre découverte. « Ces 215 squelettes étaient les enfants de quelqu’un, les frères et les sœurs de quelqu’un, a-t-il remarqué. En tant que survivant des pensionnats indiens, je trouve que c’est vraiment perturbant et traumatisant. […] Toutes nos prières et nos pensées vont à ces 215 enfants, leur famille et à tous ceux qui ont souffert du système des pensionnats. »


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