Budget territorial 2020-2021 : Aucune extravagance

La ministre des Finances et de la Justice, Caroline Wawzonek, dévoile le budget 2020-2021 avec à ses côtés, les membres du Conseil exécutif : Shane Thompson, Paulie Chinna, Caroline Cochrane, Diane Thom, Katrina Nokleby et R.J. Simpson. (Crédit photo : Cécile Antoine-Meyzonnade)

La ministre des Finances et de la Justice, Caroline Wawzonek, dévoile le budget 2020-2021 avec à ses côtés, les membres du Conseil exécutif : Shane Thompson, Paulie Chinna, Caroline Cochrane, Diane Thom, Katrina Nokleby et R.J. Simpson. (Crédit photo : Cécile Antoine-Meyzonnade)

« Nous allons instaurer une culture de créativité et d’innovation au sein de notre administration », a déclaré la ministre des Finances, Caroline Wawzonek, lors de son tout premier discours du budget, le 25 février.
Si l’emploi du mot « créativité » fait sourire, il traduit d’un besoin net de se retrousser les manches pour trouver du financement, dans un contexte où l’État ne dispose que de peu de marge de manœuvre pour réaliser ses objectifs.
L’exercice financier de 1,9 milliard $ prévoit un modeste excédent budgétaire (200 millions $) et n’annonce pas de compressions dans les programmes gouvernementaux, mais il ne s’illustre pas non plus par des réinvestissements importants. Ainsi, on consacre tout juste 25 millions $ d’argent frais – sur quatre ans?! – à l’atteinte des 22 priorités de l’Assemblée.
Dans un contexte où les revenus sont en déclin et les besoins en expansion, la ministre constate que « le budget global du GTNO se trouve pris dans un étau. »
Pour maintenir le cap, le gouvernement des TNO apparait engagé dans une stratégie d’économies de bouts de chandelle. « Un objectif central est une plus grande optimisation des ressources », a indiqué la ministre Wawzonek dans son discours.
Autre trait saillant du budget?: la stabilité. « On veut se lever et affirmer notre volonté de prendre notre temps pour utiliser l’argent du mieux possible, ce qui est parfois risqué pour un gouvernement, mais on est préparé », affirme la ministre.

Réactions
Du côté des députés réguliers, la députée de Yellowknife Centre, Julie Green, convient que le gouvernement n’avait pas vraiment d’autre choix que de présenter un exercice sans grand éclat.
« Lorsque la ministre dit qu’elle veut être créative, commente-t-elle, c’est qu’il faudra faire l’examen de nos dépenses et des résultats que l’on obtient en retour et ainsi trouver où l’on peut maximiser notre budget avant de nous casser la tête pour de l’argent que nous n’avons pas. »
Le député de Frame Lake, Kevin O’Reilly, accueille assez favorablement ce budget.
« Ce budget se distingue grandement de ce qu’on a vu avec l’administration précédente, dit-il. Il n’y a pas de coupes, je pense que c’est une bonne chose. »
« Je me réjouis que ce budget fasse un meilleur équilibre entre l’investissement en infrastructure et en programmes sociaux. C’est bien, , poursuit-il. Mais il va falloir trouver de nouveaux revenus. »
Le député de Tu Nedhé-Wiilideh, Steve Norn, trouve quant à lui que les régions ne sont pas assez mises de l’avant?: « J’aurais aimé voir plus d’initiatives pour les petites collectivités, juge-t-il, plus d’occasion d’emploi, plus d’occasions d’affaires. Je pense que, à cet égard, le gouvernement peut faire plus pour nos petites collectivités. »
Tant M. Norn que M. O’Reilly soulignent l’ouverture du gouvernement à collaborer. « La relation de collaboration [entre le conseil des ministres et les députés réguliers] est bien meilleure qu’avec l’administration précédente, se réjouit M. O’Reilly. C’est très agréable de faire partie de cette nouvelle approche. »
« Il y a un très bon dialogue entre les deux côtés de la chambre, jusqu’à présent, constate pour sa part Steve Norn. La première ministre et les ministres ont été très disponibles avec les députés réguliers. C’est un gouvernement de consensus et nous avons préparé ce budget ensemble. J’espère que cet esprit de collégialité perdurera. »


Augmentation de la taxe carbone
Dans la liste de faits saillants établis par le cabinet de la ministre, on affirme qu’aucune taxe ou impôt supplémentaire ne sera appliqué.
Seule l’inflation annuelle, de 1,6 % au 1er avril prochain, viendra s’ajouter aux charges fiscales des ménages. Une petite rectification tout de même?: la taxe carbone va, elle, bel et bien augmenter. Aujourd’hui de 20 $ par tonne de gaz à effet de serre, cette taxe passera à 30 $ la tonne à compter du 1er juillet. Cette hausse significative se répercute sur le tarif de l’essence et du diésel, et donc, directement sur la facture de chauffage et d’électricité des contribuables. Ainsi, cela équivaut à une augmentation de la taxe de 2,3 cents sur le litre d’essence et de 2,7 cents sur le litre de diésel.
Pour compenser, les ménages verront augmenter la mesure de compensation du cout de la vie. Elle passe à 156 $ par personne et 180 $ par enfant.

Plafond d’emprunts
Dans le discours du budget, la ministre des Finances a évoqué la nécessité de négocier avec le gouvernement fédéral une nouvelle hausse du plafond d’emprunts du territoire.
Contrairement aux provinces, les territoires sont limités dans leur capacité d’obtenir du crédit. C’est un règlement fédéral qui détermine le montant maximal que les territoires peuvent emprunter chaque année. La limite des Territoires du Nord-Ouest est présentement fixée à 1,3 milliard $, alors que celle du Yukon est d’à peine 400 000 $.
La députée de Yellowknife Centre, Julie Green, n’est pas favorable à cette mesure.
« Je ne pense pas que ce soit une approche durable, dit-elle. C’est comme augmenter la limite sur sa carte de crédit. Si l’on ne sait pas comment on pourra obtenir les fonds nécessaires pour effectuer ses paiements, pourquoi réclamer une plus grande capacité d’emprunt ? C’est la même chose pour le gouvernement territorial. On peut demander à ce que notre limite soit relevée, mais comment allons-nous rembourser?? Nos revenus stagnent et on projette même qu’ils diminuent avec la fermeture des mines. Alors, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. »
Le député de Frame Lake, Kevin O’Reilly, ne se dit pas tout à fait opposé à une hausse du seuil d’endettement, mais il préfèrerait que l’État trouve de nouveaux revenus. Pour lui, la solution aux défis budgétaires du GTNO repose dans la taxation de l’industrie minière.
« Ce que je propose, c’est un impôt sur le capital ou encore un impôt sur les ressources, dit-il. […] Nous aurions dû faire cela il y a 20 ans, au début de la mise en production des mines de diamants. […] Trente-milliards de dollars, c’est la valeur des diamants qui ont été extraits aux TNO; et pendant ce temps le fonds des générations s’élève à 26 millions de dollars. »

Et la francophonie??
Si l’on ne relève aucune compression dans les services en français, le budget ne présentait aucun nouvel investissement pour les francophones.
« Il n’y a effectivement rien de spécifique pour elle dans ce budget, concède Caroline Wawzonek en point de presse. On sait qu’on doit améliorer notre regard sur toutes les langues officielles dans les Territoires du Nord-Ouest. » La ministre ajoute qu’il en sera davantage question au printemps.
Et si la francophonie n’est pas évoquée pleinement sur le papier, la ministre a tenu à s’adresser à la communauté. Le préambule du discours du budget a, en effet, été prononcé en français.


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