Légalisation du cannabis : 30 kilos, pour commencer...

18 octobre 2018
Étiquetage bilingue pour cannabis ténois. (Crédit photo: DenisLord)

Étiquetage bilingue pour cannabis ténois. (Crédit photo: DenisLord)

Le privé pourra vendre du cannabis, sous réserve d’accréditation par la La Société des alcools et du cannabis des Territoires du Nord-Ouest.
 

Le moment historique est arrivé : le 17 octobre, les amateurs ont pu se précipiter chez les marchands d’alcool des plus grandes collectivités ténoises pour s’y procurer quelques grammes de cannabis à un prix moyen de 9 $ le gramme. Pour l’ouverture du marché, le GTNO a commandé 30 kilos.


Il en faudra évidemment bien plus et vite pour rassasier la population. « Nous avons estimé qu’environ 25 % de la population allait consommer, explique le sous-ministre des Finances, David Stewart. En spéculant que les gens vont fumer un joint par jour, ça fera 1000 kilos par année. Cela dit, ça pourrait être 500 kilos ou 1800 kilos. »


Le gouvernement ténois, explique M. Stewart, a développé plusieurs scénarios, dont l’un se confirmera avec l’évolution du marché. Quoi qu’il en soit, le GTNO s’attend à récolter environ deux-millions de dollars de revenu annuel par la vente de cannabis. 75 % de la taxe d’accise ira dans les poches du gouvernement. En conférence de presse, M. Stewart dit ne pas avoir les chiffres sur le cout de la mise en marché et passe outre la question sur le cout des 30 kilos achetés à ceux qui sont pour l’instant les seuls fournisseurs du gouvernement : les compagnies Aurora, Canopy Growth et High Park. Ces compagnies, de dire le ministre des Finances Robert C. McLeod, ont été sélectionnées en fonction de divers critères sur lesquels il n’a pas élaboré.

Ouverture au privé
S’inscrivant en dissidence à Yellowknife, Hay River, Fort Simpson, Fort Smith et Norman Wells, les propriétaires du magasin d’alcool d’Inuvik ont préféré s’en tenir à leur matière première.


Les amateurs de la région auront toujours la possibilité de passer commande en ligne en attendant que le marché s’ouvre plus avant. Car le privé sera autorisé à vendre du cannabis dans six mois.


L’accréditation de vendeur se fera par le biais de la Société des alcools et du cannabis des Territoires du Nord-Ouest, qui devra approuver la demande d’habilitation de sécurité du demandant. Ce dernier devra également soumettre un plan d’affaires et disposer d’installations résistant au détournement vers le marché noir.


Pour l’instant, comme partout ailleurs au Canada, il est interdit de vendre des dérivés du cannabis consommables autrement que par l’inhalation. Les « cafés » ne sont pas non plus à l’ordre du jour.

Pas complètement décriminalisé
Dire que le cannabis sera entièrement décriminalisé à partir du 17 octobre ne correspond pas à la réalité.


Conduire sous l’effet du cannabis restera criminel. Les citoyens des TNO ont le droit de faire pousser quatre plants à leur domicile, peu importe le nombre d’adultes y demeurant. Si quelqu’un en fait pousser cinq ou six, il est passible d’une amende qui, payée dans le temps prescrit, lui évitera un dossier criminel. Par contre, quelqu’un qui fait pousser plus que sept plants chez lui aura automatiquement un casier. Cette même zone grise existe dans le nombre de grammes qu’une personne peut avoir sur elle hors de son domicile aux TNO. La limite permise est de 30 grammes; entre 31 et 50 grammes, une personne recevra une contravention, qui, payée à temps, lui évitera un dossier. Mais si une personne possède plus que 50 grammes, elle aura un casier, de même qu’une personne qui vendrait ne serait-ce qu’un joint.


Les contrevenants mineurs seront accusés en fonction de la Loi sur les jeunes contrevenants; un éventuel dossier ne sera accessible que dans certaines circonstances.

Santé
Des personnes peuvent consommer du cannabis durant toute leur vie sans incidence sur leur santé mentale. Mais il y a des liens établis entre psychose et consommation de cannabis, assure l’administratrice en chef de la santé publique des TNO, Kami Kandola. « Ce que les experts savent précise-t-elle, c’est que la quantité consommée, l’âge auquel une personne commence et l’histoire familiale sont des facteurs. »


Mme Kandola pense que la légalisation du cannabis facilitera les recherches sur les corrélations.


En attendant, pour faire face à une éventuelle croissance des problèmes de santé mentale générée par la légalisation, le GTNO investit dans l’embauche de conseillers pour l’enfance et pour la jeunesse. « 40 % des 15 à 24 ans fument du cannabis, et c’est avant que ce soit légalisé, note Mme Kandola. »


En conséquence, ce groupe est visé par une campagne de sensibilisation du GTNO, tout comme ceux dont les problèmes de santé mentale sont déjà documentés et les femmes enceintes ou allaitantes.


Dans la première phase, le ministère de la Santé et des Services sociaux a développé du matériel de communications, ainsi qu’une trousse de ressources pour les enseignants avec le ministère de l’Éducation, Culture et Formation. La seconde phase verra une utilisation accrue des médias sociaux, pour mieux rejoindre les jeunes.


Ajouter un commentaire
Vous désirez laisser un commentaire en tant que : Anonyme
Mon compte

Politique des commentaires

L'Aquilon désire encourager des débats intelligents et respectueux entre les utilisateurs de son site Web. Nous voulons créer une plateforme où divers points de vue et opinions peuvent être exprimés sur une vaste variété de sujets.

Cependant, nous avons décidé d'établir un mécanisme de modération complète. Ainsi, tout commentaire est lu et évalué par un modérateur avant d'être mis en ligne sur le site. La modération est effectuée par les membres du personnel de L'Aquilon, selon un horaire variable. Un délai plus ou moins long peut survenir entre l'envoi d'un commentaire et son autorisation.

D'emblée, tous les articles produits par les membres du personnel et par nos pigistes permettront aux lecteurs d'émettre un ou des commentaires. Cependant, il est possible que l'option de commentaire soit désactivée en raison d'un manque de disponibilité pour effectuer la modération ou lorsqu'un article perd de son actualité.

Voici les paramètres qui guideront les modérateurs : - Éviter tout propos discriminatoire, en suivant les principes de la Charte canadienne des droits de la personne. - Éviter tout propos qui constituerait du libelle ou pourrait être perçu comme étant diffamatoire.

- Éviter le langage abusif, les injures ou les insultes

En acceptant les termes de cette politique des commentaires, vous reconnaissez que le journal ne peut être tenu responsable pour la publication de vos commentaires.

Seuls les usagers inscrits et acceptant la politique des commentaires peuvent émettre un commentaire.

Suivez-nous
Changer de ville
Sondage

Aucun sondage sur le site présentement!

Voir tous les résultats des sondages