Une reprise avisée : « On n’a même pas vraiment un plan »

La première ministre, Caroline Cochrane, annonce le plan Une reprise avisée le 9 juin dernier lors d’une conférence de presse. (Crédit photo : Marie-Soleil Desautels)

La première ministre, Caroline Cochrane, annonce le plan Une reprise avisée le 9 juin dernier lors d’une conférence de presse. (Crédit photo : Marie-Soleil Desautels)

L’ambigüité du plan Une reprise avisée du gouvernement déplait au secteur du tourisme et à certains organisateurs d’évènements.
En attendant, les rassemblements extérieurs sont facilités.

L’assouplissement des restrictions liées à la pandémie, annoncé la semaine dernière par le gouvernement avec son plan Une reprise avisée, laisse le secteur du tourisme frustré. Aucune date claire et trop de seuils à atteindre, déplore la directrice générale de Tourisme TNO, Donna Lee Demarcke. Mais le premier assouplissement entré en vigueur, soit de pouvoir tenir des évènements réunissant jusqu’à 200 personnes à l’extérieur, est bien accueilli.

Les rassemblements extérieurs sont passés de 50 à 200 participants maximum la semaine dernière. « Ça arrive juste à temps pour la Saint-Jean ! », se réjouit le directeur général de l’Association franco-culturelle de Yellowknife (AFCY), Maxime Joly. Il peut abandonner ses démarches pour obtenir une exemption de 150 personnes.

Ça facilite aussi l’organisation de toutes les activités extérieures qui n’attirent pas les foules : plus besoin de limiter les participants à 50 ou de demander de faire des réservations. Il faudra attendre encore quelques semaines pour que le taux de vaccination aux TNO augmente afin que les mêmes changements s’appliquent aux rassemblements intérieurs.

Les organisateurs qui planchent sur un évènement de plus de 200 personnes doivent toujours obtenir une exemption. C’est le cas de Folk On The Rocks. « Nous avons demandé une capacité de 3500 personnes », dit la directrice générale et artistique du festival, Carly McFadden. Le festival vend quelque 3400 billets par année, en moyenne.

« On travaille sur les détails liés à notre capacité et sur les plans du site pour être approuvé par la santé publique. Ça ne nous stresse pas », affirme-t-elle.

Cela dit, poursuit-elle, le maximum de 200 les a surpris : « Tout le monde dans le milieu s’attendait à ce que ce soit plus élevé ». Mais elle constate que le gouvernement fait en sorte que l’obtention d’exemptions soit « facile et flexible ».

Les participants doivent s’attendre à laisser leurs coordonnées pour permettre la recherche de contacts lors d’évènements organisés. À Folk On The Rocks, artistes, participants, vendeurs ou bénévoles devront enregistrer leurs allées et venues, sur papier ou avec leur téléphone. « On va utiliser le programme Canatrace », dit Carly McFadden, expliquant que tout le monde devra scanner un code QR avec son téléphone à l’entrée et à la sortie du site. Les données, effacées après 30 jours, seront « seulement partagées avec la santé publique en cas d’éclosion », assure-t-elle.

Folk On The Rocks a fait des démarches et a obtenu l’approbation de plans d’auto-isolement pour que des artistes de l’extérieur des TNO participent à son festival.

Pour l’AFCY, inviter des artistes de l’extérieur n’est pas envisageable tant que les restrictions imposées aux voyageurs ne sont pas clairement levées.

En effet, tout le monde pourra venir en voyage aux TNO lorsqu’au moins 75 % des adultes ténois seront entièrement vaccinés, que 66 % des adultes canadiens le seront entièrement et qu’il y aura moins de 1000 nouveaux cas de COVID par jour au Canada. Les touristes canadiens vaccinés n’auront alors pas besoin de s’auto-isoler. Ce sera pour la « fin de l’été ou le début de l’automne », selon une estimation que le gouvernement qualifie d’« optimiste ». Le 2 juin, le GTNO a autorisé les gens, vaccinés ou non, qui sont au Yukon et au Nunavut depuis plus de deux semaines à venir aux TNO s’ils obtiennent une exemption d’auto-isolement. Cela dit, cette exemption pour le Yukon a été suspendue le 15 juin à cause de nouveaux cas.

« Il n’y a aucune date dans le nouveau plan, dit Maxime Joly de l’AFCY. Si on veut faire un concert d’envergure avec Vincent Vallières ou Mononc’ Serge, par exemple, ça prend des mois à planifier. On ne peut pas défrayer pour leur auto-isolement ou annuler à la dernière minute. »

 

« Très frustrant » pour le tourisme

L’absence de clarté embête la directrice générale de Tourisme TNO, Donna Lee Demarcke. « Le plan est très vague. C’est quoi spécifiquement “le début de l’été” ou “la fin de l’automne” ? C’est très difficile pour une entreprise de planifier avec tant d’ambigüité », affirme-t-elle.

Selon elle, le plan soulève aussi plein de questions : « Pourquoi est-on la seule juridiction au Canada à regarder les chiffres du reste de la population canadienne ? Pourquoi utilise-t-on le nombre de nouveaux cas de COVID par jour au Canada plutôt que les taux d’hospitalisation ? Qu’arrivera-t-il si on n’atteint jamais les seuils de vaccination tant aux TNO qu’au Canada ? »

Elle croit que le taux d’hospitalisation au Canada serait un meilleur indicateur, car une personne vaccinée peut contracter le virus. Le nombre de cas pourrait « ne jamais baisser sous 1000 nouveaux cas par jour, croit-elle. La vraie question est si les gens sont aussi malades ».

« C’est très frustrant pour nos exploitants d’avoir un plan basé sur autant de critères hors de nos frontières », dit-elle.

« On est sur une belle lancée pour le tourisme aux TNO, continue-t-elle, mais on est les derniers au pays à avoir un plan ». Elle se corrige aussitôt : « En fait, on n’a même pas vraiment un plan. »

Les touristes pleinement vaccinés intéressés par le Nord peuvent se rendre depuis peu au Yukon et au Nunavut. Le tourisme y prendra son élan dès cet été. « Des clients, après s’être informés des règles ici, tournent le dos aux TNO, car c’est trop compliqué », regrette Donna Lee Demarcke.

En ce moment, seulement des entreprises qui opèrent en région éloignée dont un plan d’activité a été approuvé par la santé publique peuvent accueillir des clients de l’extérieur du territoire – une vingtaine des 150 exploitants des TNO risquent d’accueillir ainsi des touristes. Et elle rappelle que les restaurants ou les galeries souffrent aussi des restrictions.

 

« Ça affecte le reste de la population »

Qu’il n’y ait pas vraiment de tourisme aux TNO cet été ne surprend pas le président de l’entreprise Sundog Adventures, Richard McIntosh, qui offre des activités organisées dans la région de Yellowknife. « Comme il n’y avait aucun signe d’ouverture, on s’est focalisé sur les forfaits destinés aux locaux », dit-il. Son entreprise n’a opéré qu’à 20 % de sa capacité habituelle cet hiver. Il a hâte que le vrai tourisme reprenne.

Il est d’avis que les TNO devraient rouvrir aux touristes pleinement vaccinés, comme au Yukon et au Nunavut. Ils espèrent que toutes les conditions seront réunies pour la saison des aurores.

« C’est décevant qu’il y ait des seuils à atteindre, dit-il. Tous les adultes éligibles des TNO pourraient déjà être vaccinés, l’occasion s’est présentée partout. Si des gens décident de ne pas se faire vacciner, ça affecte le reste de la population, l’économie et la capacité de voyager. »

Ça le dérange au point où, pour encourager les Ténois, il a décidé d’organiser un tirage de coupons-cadeaux pour ceux qui reçoivent leur deuxième dose de vaccin dans les prochaines semaines.


Tous les commentaires (1)

Écrit par Anonyme, 20 juin 2021, 10 h 20
je pense aussi que les personnes vaccinées 2 doses devrait ne pas avoir a s'isoler quand il arrive a Yellowknife nous on n'a des enfants et des petits enfants qui demeure a Yellowknife et ca fait 2 ans que l'ont ne les a pas visiter cette été on vas les visiter nous devons nous isoler 8 jours car nous sommes vacciner 2 doses on part du Québec et je trouve ca dommage de perdre 8 jours sans voir les enfants nous portons notre masque et sommes tres prudent j,espere que l'isolement vas etre enlever avant que l'ont arrive a Yellowknife
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