Mois de l'histoire des Noirs : «Je me sens vraiment intégré»

Shu Abednego (Crédit photo : Carine Ouedraogo)

Shu Abednego (Crédit photo : Carine Ouedraogo)

À l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs, qui se déroule chaque année en février, le CDÉTNO et L’Aquilon donnent la parole à des immigrants noirs installés aux Territoires du Nord-Ouest pour qu’ils puissent raconter leur parcours et leur intégration. Cette semaine, Shu Abednego.

Carine Ouedraogo, CDÉTNO

Originaire du Cameroun, Shu Abednego a beaucoup voyagé à travers le monde. Il a obtenu une bourse d’étude pour la Suisse, où il a étudié en linguistique et en éducation.

Il a décidé par la suite de s’installer au Canada, car, pour lui, ce n’était pas évident d’obtenir un permis de travail ou de séjour lorsqu’on est Noir en Suisse.

C’est ainsi qu’en octobre 2007 il s’est retrouvé à Montréal et s’est ensuite dirigé vers l’Alberta. Mais il n’a pas pu résister à l’appel du Nord. « Ça fait 6 ans que je suis à Yellowknife et je m’y sens très bien », dit-il.

 

Intégration

Shu Abednego se sent totalement intégré dans son milieu de travail et dans la société. Il travaille pour la compagnie Det’on Cho Nuna Joint Venture, sur le site de l’ancienne mine Giant à Yellowknife, où il est coordonnateur de la santé et la sécurité au travail et de l’environnement. « Je fais des orientations, des enquêtes, des inspections et je m’occupe de coordonner le développement d’un système à la mine », détaille-t-il.

Shu Abednego aime son travail et les responsabilités qu’on lui accorde. Il n’est pas prêt de quitter les territoires. « J’apprécie chaque fois que mes collègues viennent me voir pour discuter quelques minutes avant de retourner dans leur bureau ou pour aller travailler à l’extérieur. Je me sens vraiment considéré grâce à ces petits gestes. »

 

Surmonter les obstacles de la différence

« Lorsque j’étais à Genève en Suisse, pour postuler à un emploi, il fallait mentionner notre nationalité dans le curriculum vitae, et c’était difficile de trouver du travail en tant que Noir, car ton résumé passait souvent à la trappe, raconte M. Abednego. À Yellowknife, je constate que c’est généralement ceux qui ne sont pas beaucoup éduqués qui n’apprécient pas de me voir à ma position au travail. Je passe outre, j’effectue mon travail comme il le faut et je rentre chez moi. »

En matière de discrimination : « Je n’ai jamais ressenti de la discrimination depuis que je suis au Canada et, par rapport à d’autres pays, je me sens vraiment intégré — et même s’il y’a de la discrimination c’est très peu », rapporte-t-il. Selon lui, pour lutter contre la discrimination « il faut soulever sa voix que ce soit par des actions personnelles ou en groupe, toujours parler et se faire entendre pour s’en sortir ».

D’ailleurs, il a une personne qui l’inspire beaucoup à travers les actions qu’elle met en place et milite pour les droits des Noirs : « Ambe Chenemu m’inspire beaucoup, c’est lui qui a organisé le mouvement “La vie des Noirs compte” à Yellowknife pendant la période où George Floyd a été tué. Il était sur le podium, il s’est bien exprimé et, jusqu’à présent, il continue de m’inspirer par la sagesse qu’il apporte à la communauté. »

 

Vision du futur

Pour Shu Abednego, la communauté noire va continuer de s’agrandir aux TNO.

« Nous allons continuer à progresser et contribuer à la société, pense-t-il. Par exemple, lors d’un séjour à Halifax, j’ai remarqué une grande population noire et parmi eux, certains y étaient depuis la guerre d’indépendance. C’est mon souhait ! »


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