Les bourdes conservatrices : Vu de mon shack

25 juin 2004
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Le parti s’est en effet embourbé dans les dossiers du bilinguisme (encore!) chez Air Canada et de la pornographie juvénile.
Tout d’abord, dans le dossier de la pornographie juvénile, le Parti conservateur a pratiquement accusé Paul Martin, par voie de communiqué, de se porter à la défense des pédophiles. En fait, ils voulaient dénoncer l’inactivité du gouvernement libéral dans le dossier. Bien que les quartiers généraux du Parti aient rectifié le tir le jour même de la bourde, il était trop tard. Les électeurs ont perçu la chose comme étant de la « petite politique», ce qu’ils détestent. La bourde a eu pour résultat, dans cette course serrée, de faire gagner quelques points aux Libéraux.
Difficile de comprendre, aussi, ce qui pousse le Parti conservateur à mettre ce dossier à l’avant-scène du débat électoral. En effet, tous les partis clameront haut et fort que quelque chose doit être fait contre la pornographie juvénile. Personne n’est contre la vertu et il s’agit du type de sujet sur lequel les électeurs préféreraient voir tous les partis travailler de concert.
Du côté du bilinguisme chez Air Canada, la position conservatrice semble ambiguë. Stephen Harper a laissé entendre que dans le monde hyper compétitif de l’aviation, Air Canada était désavantagé par les obligations linguistiques qu’il doit remplir. Le parti s’est expliqué en disant qu’au lieu de limiter le bilinguisme chez Air Canada, il allait obliger les autres compagnies à se soumettre aux mêmes exigences linguistiques que l’ancien transporteur national. Or, des chiffres publiés au début de cette semaine montraient que les autres compagnies aériennes canadiennes offraient déjà un service bilingue, à plus ou moins grande échelle.
Il y a aussi eu la confusion, du côté du Parti conservateur, alors qu’on a semblé mélanger les exigences linguistiques requise selon la Loi sur la participation publique au capital d’Air Canada et la Loi sur les langues officielles. Or, la première oblige le transporteur aérien à offrir un service bilingue sur tous ses vols, où que ce soit au Canada. La deuxième, quant à elle, parle de l’offre d’un service bilingue là où le nombre le justifie. Quoi qu’il en soit, ce dossier n’est en rien rassurant pour les francophones et ceux qui sont en faveur d’un véritable bilinguisme.
Depuis que les sondages confirment que rien n’est acquis pour le Parti libéral, Paul Martin et son entourage ont adopté une bien curieuse stratégie pour convaincre les électeurs de leur accorder un quatrième mandat. En effet, plutôt que de faire valoir ses idées et de défendre les succès du gouvernement libéral des 10 dernières années, M. Martin tente de « démoniser » Stephen Harper au Canada anglais et d’en appeler au vote stratégique des Québécois, martelant au Québécois qu’un vote pour le Bloc équivaut à donner le pouvoir aux Conservateurs. Par cette stratégie, les Libéraux donnent l’impression de trahir un certain sentiment de panique auprès des troupes.
En fait, on pourrait dire que les déboires de Paul Martin ont germé bien avant que la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, ne dirige les projecteurs sur le scandale des commandites. En fait, Mme Fraser n’a été que le catalyseur de la grogne de l’électorat.
On pourrait dire que M. Martin s’est mis dans le pétrin au moment où il prenait la place de son prédécesseur, Jean Chrétien. Souvenons-nous qu’en fait, nous avons pratiquement assisté à un putsch du Clan Martin à l’endroit de M. Chrétien. De ce fait, les nouvelles têtes dirigeantes du parti ne peuvent pas s'appuyer sur les réussites du gouvernement précédent, sans répondre des erreurs de ce dernier comme le dossier des commandites ou celui de l’assurance-emploi. M. Martin ne peut que faire briller les bons coups effectués… en cinq mois de pouvoir seulement. C’est bien peu et ça laisse souvent place à un discours qui semble manquer de relief.
S’il veut avoir au moins un gouvernement minoritaire, Paul Martin doit se tourner vers les électeurs qui appuient le Nouveau parti démocratique. Encore une fois, comme il l’a fait en Colombie-Britannique, il demandera à l’électorat de ne pas diviser le vote de gauche car ça avantagerait la droite unifiée. À la lumière des derniers sondages, cette stratégie semble fonctionner, les Libéraux ont gagné quelques points, alors que les Néo-démocrates en ont perdu quelques-uns. Si les libéraux devaient être reportés au pouvoir après une telle campagne, il n’y aura toutefois pas de quoi sabler le champagne pour eux.
En effet, les électeurs n’auront pas choisi le Parti libéral pour gouverner le Canada, mais auront surtout voté contre Stephen Harper. Finalement, au lieu de se faire valoir comme étant les meilleurs, les Libéraux auront gagné la bataille en se présentant comme étant « les moins pires ». Une victoire bien peu reluisante pour eux…
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