Le gagnant des débats… : Vu de mon shack

25 juin 2004
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S’ensuivent les analyses des experts et des journalistes sur la performance de chacun. Tout le monde essaie de trouver le gagnant des débats. Dans la majorité des cas, ces spécialistes proclament le match nul.
Les débats ayant eu lieu les 14 et 15 juin dernier n’ont pas été différents. Sur chaque réseau de télévision, en anglais comme en français, professeurs d’université, analystes politiques, journalistes et anciens politiciens ont tenté de départager les gagnants sur la base de l’attitude de chaque candidat, de leur image, des idées véhiculées, de l'efficacité des attaques et de la rapidité avec laquelle chacun a pu répondre.
Avec les sondages qui continuent de montrer les Libéraux et les Conservateurs au coude à coude, les débats de cette année revêtaient une grande importance pour Paul Martin et Stephen Harper. L’un voulait arrêter l’hémorragie dans les intentions de vote, l’autre tentait de poursuivre sur sa lancée pour aller chercher le plus de votes possibles. En toile de fond, principalement pour le débat en anglais: la bataille de l’Ontario, qui détient le tiers des sièges à la Chambre des communes.
Analysons les performances :
Paul Martin En tant que premier ministre et ancien ministre des Finances d’un gouvernement libéral ayant été au pouvoir pendant une décennie, Paul Martin était l’homme à battre pour les trois autres chefs de partis. Devant essuyer plusieurs attaques de ses adversaires, le chef libéral devait limiter les dégâts et tenter de rester digne, à l’image d’un chef d’État. Alors que tous les chefs profitaient de cette occasion pour faire valoir leur programme électoral, M. Martin a dû, à plusieurs reprises, défendre le bilan du gouvernement libéral.
Fidèle à sa stratégie, Paul Martin s’est efforcé de faire valoir les différences entre sa propre vision du Canada, et celle de son principal adversaire, Stephen Harper qui, pour sa part, voulait donner une image d’homme modéré. Paul Martin a probablement réussi à limiter les dégâts, mais il n’est pas certain qu’il ait eu beaucoup de succès à renverser la tendance dans les sondages. Les deux dernières semaines nous le diront.
Stephen Harper Plutôt tranquille dans le débat en français, Stephen Harper a été plus efficace lors du débat en anglais. Lundi soir, alors que le débat était visiblement destiné à séduire les Québécois, Stephen Harper voulait tout d’abord se faire connaître de cet électorat. Quant à mardi, il a voulu faire miroiter la possibilité d’un gouvernement qui agirait de manière responsable au niveau des finances publiques. Le « trou noir » de 50 milliards de dollars dans le programme conservateur soulevé par Paul Martin a cependant jeté une ombre au tableau de Harper.
Stephen Harper ne s’est certainement pas fait d’amis, non plus, du côté des communautés francophones hors-Québec lorsque, questionné par Gilles Duceppe sur les minorités francophones, il a esquivé la question en soulevant le dossier des Québécois anglophones. Peut-être M. Harper devrait-il aller visiter les communautés anglo-québécoises et franco-canadiennes pour constater que faire un parallèle entre les deux situations est un exercice bien périlleux. De plus, cette remarque semblait fraîchement sortie du dictionnaire démagogique des anciens Alliancistes. Malheureusement, au cours des deux débats, la question des minorités francophones n’a été qu’effleurée et Stephen Harper a réussi à éviter de se commettre sur la question.
Homme pragmatique ne maniant peut-être pas à la perfection l’art du débat endiablé, Stephen Harper n’a probablement pas fait de tort à sa campagne au niveau national. Force est de constater, cependant, que peu de gains, dans les intentions de vote, seront directement attribuables à sa performance au cours des débats.
Jack Layton Beaucoup plus volubile lors du débat en anglais que lors du débat en français, Jack Layton voulait souligner les similarités entre les deux partis qui se sont partagé le pouvoir depuis les débuts de la Confédération, martelant que l’avenir avec les Conservateurs ressemblait au passé, avec les Libéraux. Donc, pour les insatisfaits, il restait sa formation politique. Au cours du débat en français, Jack Layton aura probablement réussi à gagner la confiance des Québécois, mais cette sympathie ne se changera vraisemblablement pas en votes. Il faut dire que les programmes néo-démocrate et bloquiste comportent plusieurs similarités. Il était d’ailleurs drôle de constater, au cours des deux débats, que Gilles Duceppe et Jack Layton avaient de la difficulté à trouver des failles dans leur programme respectif.
Peut-être Jack Layton a-t-il trop été agressif, cependant, au cours du débat en anglais. Celui-ci a régulièrement interrompu ses adversaires et, souvent, ne les laissait pas placer un mot. La population veut certes voir des chefs de parti ayant de la fougue, mais trop, c’est comme pas assez! Quoi qu’il en soit, l’objectif de M. Layton a été atteint. Démontrer aux Canadiens insatisfaits qu’il existait une solution de rechange aux Conservateurs et aux Libéraux.
Gilles Duceppe Pour le chef du Bloc québécois, l’objectif principal était de faire bonne figure au cours du débat en français. Profitant d’une confortable avance au Québec, celui-ci devait jouer de prudence et s’attaquer à Paul Martin, ce qu’il a fait. Celui-ci a d’ailleurs placé le chef libéral dans des situations précaires avec les dossiers des commandites et de la caisse de l’assurance-emploi. Sur papier, M. Duceppe était aussi avantagé par le fait qu’il était le seul chef dont la langue maternelle est le français, en plus d’être le seul à avoir déjà pris part à cet exercice par le passé, au cours des élections de 1997 et 2000.
Lors du débat en anglais, Gilles Duceppe n’avait pratiquement rien à perdre. Celui-ci n’avait qu’à jouer les trouble-fêtes et à mettre des pelures de banane sur le chemin de ses adversaires. C’est ce qu’il a fait, encore une fois, notamment avec le dossier des commandites.
Qui est le gagnant des débats? Les résultats du 28 juin nous donneront une bonne idée du verdict de la population.
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