Rencontre des premiers ministres : Une première présence pour Joe Handley

30 janvier 2004
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« Nous avons des préoccupations particulières pour la santé. L’année dernière, le montant (de 60 millions pour les trois territoires) que nous avons amassé n’était pas assez pour rencontrer notre croissance des coûts dans le domaine », a laissé entendre Joe Handley avant de se rendre à Ottawa pour y rencontrer les premiers ministres des provinces, ainsi que le premier ministre du Canada, Paul Martin.

Selon M. Handley, depuis au moins 1999, les coûts du système de santé dans le Nord augmentent de 9 % chaque année. Le premier ministre entend donc travailler à la restauration des ressources coupées de la formule de financement au milieu des années 1990, alors que le gouvernement fédéral procédait à des compressions budgétaires. « On parle de 50 millions de dollars qui ont été coupés. C’est depuis ce temps que nous avons des problèmes », a-t-il dit.

« En mars, Jean Chrétien était aussi d’avis que l’on devait aborder le problème de notre formule de financement. Nous devons savoir si le gouvernement fédéral maintient cet engagement. Cette entente se termine à la fin du mois de mars », laisse entendre le premier ministre.

Joe Handley entend aussi appuyer les premiers ministres des provinces afin de résorber le « fossé Romanow », dont il est question dans le rapport sur le système de santé au Canada, élaboré par l’ancien premier ministre de la Saskatchewan. « Ce fossé est la différence entre la part que le fédéral paie en ce moment et le 25 % des dépenses de chaque province qu’il payait auparavant », explique-t-il.

Sauf que rien n’est encore certain, même pour ce qui est des deux milliards de dollars promis par le gouvernement fédéral l’année dernière. Lors d’une allocution prononcée à Toronto, le ministre fédéral des Finances, Ralph Goodale, a mentionné que le versement de cet argent n’était pas encore certain. « Techniquement, M. Goodale a raison. L’engagement du gouvernement fédéral était de rendre ces deux milliards disponibles s’il y avait un surplus d’au moins ce montant. Cependant, il y a des attentes et il y a certainement un consensus à travers les provinces », d’insister Joe Handley.

Du côté des relations entre le Canada et les Etats-Unis, elles revêtent tout de même une certaine importance pour le premier ministre ténois. « Nous reconnaissons que les ressources en énergie qui existent dans le delta du Mackenzie et que les relations et les stratégies que nous développons dans le Nord pour fournir l’énergie au reste du Canada sont importantes », a dit M. Handley.

Pas question, cependant, de se prononcer sur la question du projet de bouclier anti-missile, bien que le Nord aurait un rôle important à y jouer. Rappelons qu’au cours des dernières semaines, le Canada a montré un certain intérêt envers le projet américain. « En tant que gouvernement, nous n’avons pas de position là-dessus et je ne suis pas vraiment familier, encore, avec la position que notre gouvernement pourrait prendre lorsque la question sera posée au Cabinet et à l’Assemblée législative ».

Enfin, du côté des mesures de préparation aux urgences, Joe Handley croit que des crises comme le SRAS et la maladie de la vache folle ont aussi leurs répercussions dans le Nord, si bien que le sujet revêt une certaine importance pour les TNO. « Des crises comme le SRAS et la maladie de la vache folle ont eu des répercussions sur tout le Canada. Nous comptons beaucoup sur le tourisme japonais et nous avons vu ce tourisme chuter l’année dernière », fait valoir le premier ministre.

Quand à savoir l’attitude qu’il adoptera face à ses collègues provinciaux et territoriaux, M. Handley entend continuer avec la méthode pour laquelle il est reconnu chez lui. « J’ai travaillé fort, dans la dernière année, avec tous les leaders des TNO et je veux faire la même chose avec les premiers ministres sur les problèmes que nous voulons aborder. La perception que j’espère qu’ils auront de moi, c’est que je peux bien présenter les situations et les arguments et, en même temps, je suis capable de présenter des alternatives pour en venir à une entente. Je ne me suis jamais vu comme étant un radical et j’essaierai de poursuivre sur la voie permettant d’en venir à des compromis qui sont bons pour le Canada ».