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Portrait d’une francophone : Tout vient à point à qui sait attendre

24 février 2011
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Marie-Claude adore faire de longues promenades, lire et jouer de la guitare. Elle confesse aussi prendre un malin plaisir à surfer sur le Web. (Photo : Édith V-R)

Marie-Claude adore faire de longues promenades, lire et jouer de la guitare. Elle confesse aussi prendre un malin plaisir à surfer sur le Web. (Photo : Édith V-R)

Surprenante, Marie-Claude Blais semble être une de ces personnes qui vous étonneront toujours…  Détendue et souriante, l’enseignante au baccalauréat en éducation du Collège Aurora (campus Thebacha), à Fort Smith, se dévoile au fil des questions…

 

On apprend d’abord que l’enseignante est, ce qu’on appelle en anglais, une vraie Northerner. Difficile à croire pour de multiples raisons, allant de la première impression qu’elle vous colle à son excellent français aux effluves québécoises. Ayant quitté ses Cantons-de-l’Est natals, il y a près de 30 ans, elle a résidé au Yukon pendant un bon quart de siècle, puis au Nunavut pendant un peu moins d’un an. C’est finalement en 2009 qu’elle s’est posée à Fort Smith. 

 

Comment fait-elle pour conserver son français? Marie-Claude se dit d’abord et avant tout « une Canadienne-française, ça, c’est clair ». Si certaines personnes s’identifient à leur lieu de résidence, Marie-Claude, elle, considère Sherbrooke comme son port d’attache. Elle se remémore toutefois à quel point il était difficile de parler français sans provoquer une querelle dans l’Ouest canadien d’il y a 30 ans. « Depuis, le français a pris plus de cachet », souligne-t-elle, notamment avec la popularité récente des programmes d’immersion française au Canada. Est-ce qu’elle est du genre à s’entourer de francophones dans ses temps libres? « Non pas vraiment. On s’entend parfois bien avec des francophones, d’autres fois, non. Comme on s’entend parfois bien avec des anglophones alors que parfois, non! », répond-elle simplement. 

 

Pourquoi Fort Smith? 

Marie-Claude Blais terminait son contrat pour la mise sur pied du nouveau programme d’études secondaires à l’école francophone d’Iqaluit, au Nunavut. Une chose était certaine : elle n’allait pas demeurer là-bas. « Je ne pouvais pas! », s’exclame-t-elle, faisant allusion au manque d’arbres ainsi qu’aux paysages rocheux, un peu trop mornes à son goût. Cette adepte du traîneau à chien (elle y avait même apporté son traîneau) a bien vite découvert la réalité venteuse de cette ville arctique. « À un point tel que les vents sont devenus mes ennemis! », rapporte-t-elle. C’est donc après un peu moins d’un an que la dame a conclu que le Nunavut… très peu pour elle! Qu’allait-elle faire?

 

Celle qui a pris des cours universitaires à distance, pendant 10 ans, puis complété un certificat à Montréal, afin d’obtenir son baccalauréat en mathématique de l’Université de Waterloo, comprend que, dans la vie, tout vient à point à qui sait attendre. Elle a d’abord été entraîneuse de mathématiques à l’école secondaire de Fort Smith. « C’est quand même très rare comme job! », explique-t-elle, ajoutant que c’est ce poste prisé qui l’a amenée à vouloir s’installer dans la ville. À l’aise dans les petites collectivités, elle s’est posée sans problème dans l’ancienne capitale ténoise. Elle s’y plaît d’ailleurs assez pour dire qu’elle pourrait y rester quelques années encore. Son emploi à l’école P. W. Kaeser, par contre, a été aboli après sa première année d’enseignement, pour des raisons financières. Marie-Claude a dû se trouver un autre emploi bien vite. 

 

Le hasard a bien fait les choses : le Collège Aurora cherchait un enseignant au baccalauréat en éducation, notamment pour enseigner la méthodologie de l’enseignement des mathématiques aux futurs enseignants. « Être au bon endroit, au bon moment » : c’est Marie-Claude qui a décroché l’emploi. 

Depuis, il n’est pas rare de marcher devant son bureau et d’entendre sa voix chantante animer une conversation avec un de ses collègues francophones.