À la recherche de Sir John Franklin : Tout près du but?

07 octobre 2010
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Patrick Poisson, de Hay River, a assisté à la présentation. (Photo : Édith V-R)

Patrick Poisson, de Hay River, a assisté à la présentation. (Photo : Édith V-R)

Véritable passionné du monde nordique et de son histoire, Tom Gross, un résident de Hay River, a consacré les deux dernières décennies à l’étude et la recherche du tombeau de Sir John Franklin, l’ultime morceau du puzzle afin de reconstruire l’histoire de l’explorateur disparu.


Lors d’une présentation, le 25 septembre dernier, au musée de Hay River, Tom Gross a présenté l’état de ses recherches de la dépouille de Sir John Franklin, explorateur de l’Arctique dont les navires, le Erebus et le Terror, n’ont jamais été retrouvés. Selon ce que M. Gross a partagé à la cinquantaine de personnes présentes pour l’événement, le caveau de Franklin serait presque à la portée de ses yeux.

Même si le récit de l’exploration arctique des deux navires dirigés par Sir John Franklin s’éclaircit peu à peu, les pages de cette histoire sont encore bien minces. Le chercheur confie, en entrevue avec L’Aquilon, avoir établi sa théorie en se basant sur la découverte d’un camp et d’indices tout au long des côtes de l’île du Roi-Guillaume, à la hauteur de la baie Erebus. Selon certains historiens, ce camp aurait été installé dans des buts d’entreposage. Pour Tom Gross, il en serait tout autrement s’il se base sur le récit des Inuits étudié par David Woodman*. « On a dit que de nombreux hommes étaient malades sous la grande tente », raconte M. Gross, en ajoutant qu’ils avaient été aussi découverts sur ce site, une grosse pile de vêtements et quatre fours provenant de la cuisine du bateau. « On commençait, à cette époque, à en connaître davantage sur les bactéries », apporte-t-il aussi, en émettant que les meilleurs scientifiques de l’époque avaient été rassemblés pour cette expédition. Un grand nombre de marins souffrant de tuberculose, M. Gross partage qu’à son avis ce camp avait dû servir à décontaminer l’équipage. « Un lac se trouve pas très loin de ce site », ajoute-t-il en expliquant que ce lac aurait servi à aller puiser de l’eau.

« Pourquoi auraient-ils installé un camp si loin? », questionne-t-il, en suggérant que le bateau Erebus, sur lequel Sir John Franklin se trouvait, aurait dévié avec les glaces, en 1847, année à laquelle l’explorateur est décédé. M. Gross affirme qu’au fil des années, il en serait venu à la conclusion que la sépulture de Franklin se trouverait au sud de la baie Erebus.

Travailleur dans le domaine de l’habitation aux TNO, depuis 1978, M. Gross a eu la chance de développer des connaissances utiles des terres nordiques et des méthodes de survie sur celles-ci, auprès des Inuits. Il a débuté sa carrière à Ulukhaktok, en 1978. Le chercheur a habité depuis lors de nombreuses communautés nordiques, dont Cambridge Bay et, plus récemment, Hay River. « J’ai la possibilité d’établir des théories plus réalistes »,  explique celui qui s’est découvert une passion pour Sir John Franklin et son mystère, en 1990.

À partir de 1993, après trois années à étudier l’histoire du navigateur britannique disparu, jusqu’à aujourd’hui, Tom Gross s’est rendu à 18 reprises dans l’Arctique afin de recueillir des informations qui lui permettraient de résoudre l’énigme. « J’ai un avantage sur les autres chercheurs qui ne connaissent pas l’Arctique », affirme celui qui détient un permis de recherche archéologique, émis par Parcs Canada, lui permettant de se rendre sur les sites historiques sans toucher aux documents et objets archéologiques. M. Gross considère qu’il est important de rétablir les faits : « Franklin a été blâmé pour tout, incluant la mort de tout l’équipage [de 129 officiers et marins]. » Il rappelle toutefois que Franklin est mort le 11 juin 1847 alors qu’une bonne partie des membres des flottes étaient toujours vivants.

Pour financer ses périples nordiques, M. Gross confie qu’il a dû puiser plus d’une fois dans ses aéroplans, en plus de se joindre à des équipes et d’avoir déjà reçu du financement privé. À l’aube d’un 19e voyage, qu’il prévoit d’entreprendre peut-être au printemps, croit-il que le grand jour de la découverte ultime approche? « Bien, je crois que je suis près. Je crois que je suis près d’arriver à faire ce que je veux faire…»

*Woodman, David C.. Unravelling the Franklin Mystery : Inuit Testimony. McGill-Queen’s University Native and Northern Series #5. 1991. 408 pp.
 


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