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Séminaire national des débats étudiants : Semer des débats au Nord

17 mars 2011
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Shinae, Helen et Marion s’affairaient à préparer leur prochaine ronde de débats… tout en discutant de la soirée dansante de la veille. (Photo : Édith V-R)

Shinae, Helen et Marion s’affairaient à préparer leur prochaine ronde de débats… tout en discutant de la soirée dansante de la veille. (Photo : Édith V-R)

De chauds débats ont semé une graine nordique dans l’esprit des jeunes Canadiens.


Du 10 au 13 mars dernier, plus de soixante-dix jeunes de partout au Canada se sont déplacés pour le Séminaire national des débats étudiants, se déroulant à l’école élémentaire Princess Alexandra (PA) de Hay River. L’événement annuel, présenté par la Fédération canadienne des débats d’étudiants, a non seulement provoqué des débats, mais aussi des esprits, en posant des questions nordiques très sérieuses. Sous l’organisation du directeur de l’école PA, Geoff Buerger, ce sont des étudiants des dix provinces et des Territoires du Nord-Ouest qui sont venus relever le défi.

Le consensus, un succès incontesté

En nouveauté cette année, c’est un style de débat qui a fait son entrée dans l’histoire du séminaire. Territoire hôte oblige, c’est le consensus qui s’est taillé une place de choix parmi les rondes. Tous les participants ont eu à trouver un consensus sur la question : Est-ce que la protection de la culture devrait être une priorité majeure du gouvernement? La fébrilité était dans l’air lors de la première ronde, car rares étaient ceux qui étaient habitués à ce concept. Pour Helen Beaumont, une jeune fille originaire de Winnipeg, au Manitoba, ce style de débat « fonctionne mieux et est plus agréable » que les deux autres styles présentés (le parlementaire et le contre-interrogatoire). En plus d’avoir à débattre pour la première fois dans ce style particulier, la jeune fille l’a aussi fait pour la première fois dans sa deuxième langue : le français.

Pour les préparer à se familiariser davantage aux enjeux présentés, la culture nordique a été mise de l’avant grâce à une programmation riche et diversifiée. Cette dernière a mené les jeunes à Fort Smith et à Yellowknife, en plus de leur proposer de s’initier à des activités traditionnelles nordiques telles que la pêche sur glace, le trappage et le traîneau à chiens. Lors de la soirée précédant le début des rondes de débats, les jeunes ont assisté à des ateliers sur les enjeux du Grand Nord. L’ancien chef François Paulette, de la Première nation de Smith’s Landing, a été l’invité d’honneur de ces ateliers. Le Conseil de développement économique des Territoires du Nord-Ouest a aussi présenté un atelier bilingue sur l’économie ténoise.

Les débats, qui se sont déroulés en anglais et en français, ont été tout un défi pour plusieurs jeunes qui ont décidé à la dernière minute de débattre dans une autre langue que la leur. « Nous avons appris hier soir que nous allions débattre en français », ont partagé certains jeunes débatteurs aux juges à la fin de leur présentation.

« Les mots me venaient deux minutes trop tard! », s’exclame Shinae Hartley, originaire de Regina, en Saskatchewan. La jeune fille, qui a appris son français dans un programme d’immersion ainsi qu’au courant d’un échange de cinq mois en France, affirme : « Je prends mon français vraiment au sérieux ». Pour elle, comme pour beaucoup d’autres, l’option de débattre en français lui a donné la chance d’exercer sa langue seconde dans un contexte des plus formels. Toutes les annonces et le matériel remis aux participants étaient rédigés dans les deux langues officielles.

Une réalité qui n’a pas échappée à Marion Forget, de St-Jérôme, au Québec : « J’avais entendu parler de la francophonie hors du Québec, mais je ne savais pas que c’était à ce point [considérable]! ». La jeune fille de 17 ans a souligné la qualité de la performance de ses homologues, pour qui parler français n’était pas inné. « C’était intéressant de voir toutes ces cultures présentes », a-t-elle ajouté, sentant le péril dans lequel certaines d’entre elles se trouvent. Si, au départ, Marion ne pensait pas se faire d’amis durant son aventure nordique, c’est avec joie qu’elle a compris avoir eu tord : « Ça sonne nerd de faire des débats, mais moi, je ne trouve pas! », dit celle qui se présentait dans des vêtements dernier cri, son iPhone toujours à la portée de la main.

Le Séminaire national de débats étudiants, de la Fédération canadienne des débats d’étudiants, est un événement qui vise à sensibiliser les étudiants canadiens à l’art du débat tout en leur donnant l’occasion de vivre un échange culturel avec des jeunes gens de toutes les régions du pays.