Sean Mandeville à la rescousse!

11 juin 2004
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Après quelques semaines à laisser planer le mystère sur l’identité de leur candidat dans Western Arctic, les Conservateurs se trouvent un porte-couleurs pour l’élection du 28 juin. Sean Mandeville est un travailleur social natif de Terre-Neuve-et-Labrador. Il a passé les cinq dernières années à pratiquer sa profession à Holman, sur l’île Victoria, dans l’Arctique. « Je suis habitué à faire face aux défis. J’aime le Nord et je suis prêt à relever le défi de représenter les gens des TNO au Parlement fédéral. Je suis un tenant du changement », dit celui qui, à l’époque où il habitait à Holman, travaillait avec l’Association du Parti progressiste-conservateur de la circonscription de Western Arctic. Au moment où l’organisation conservatrice de Western Arctic l’a rejoint pour lui demander s’il était intéressé à être candidat, M. Mandeville était à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse. « C’était temporaire. Dans ce pays, on a le privilège de prendre une pause, à l’occasion, pour faire le point. L’opportunité s’est présentée alors que j’ai été approché par des notables provenant de tous les secteurs d’activités des TNO », raconte-t-il. Au menu, pour la campgne de Sean Mandeville, on retrouve les communautés, le gouvernement territorial, l’autonomie gouvernementale, le dossier de la dévolution, le financement au prorata de la population et le partage des revenus provenant des ressources naturelles. À ce sujet, M. Mandeville mise sur une récente déclaration de son chef, Stephen Harper, qui a promis qu’il rendrait davantage de ces revenus aux provinces de l’Est, notamment, au gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador. « Pourquoi espérer avoir ça du gouvernement libéral, dans l’avenir, alors que les libéraux n’ont pas pu le faire encore. Ici, dans le Nord, il n’y a pas eu de mouvement du tout. Je pense qu’un changement est requis au chapitre du financement structurel et de la transparence », de plaider le candidat conservateur. Sur son chef, Stephen Harper, Sean Mandeville dit qu’il s’agit « d’un chef modéré qui embrasse les valeurs du grand public canadien. La notion que les Conservateurs font peur devrait être rejetée. Nous adoptons l’approche pluraliste aux enjeux sociaux et économiques. Nous avons besoin d’un gouvernement avec un leadership fort. Nous croyons au rôle des communautés et des gouvernements provinciaux et territoriaux pour exercer leurs responsabilités. De son côté, le gouvernement fédéral a ses propres responsabilités », de mentionner celui qui considère que les libéraux sont « des mauvais gestionnaires d’argent et de programmes », en plus de « tout vouloir centraliser à Ottawa ». Au cours des dernières semaines, c’est surtout sur les questions d’ordre moral que Stephen Harper et ses candidats ont eu à répondre. À propos des mariages entre personnes de même sexe, M. Mandeville s’en tient à la plateforme de son parti. « Selon notre programme, nous enlevons la question des cours de justice et nous la passons au vote après qu’un député ait déposé un projet de loi privé à la Chambre des communes. C’est là que nous pensons que ça doit être décidé. Ensuite, il y aurait un vote libre », explique-t-il. Sean Mandeville dit qu’après avoir étudié la question, il voterait en faveur d’une résolution de la sorte. Cependant, le candidat se questionne sur la définition même du mot « mariage ». « Personnellement, j’appuie l’idée de garder le mot technique de mariage entre un homme et une femme, mais je pense que les partenaires de même sexe ont droit aux mêmes bénéfices que les époux. Peut-être que la législation pourrait refléter l’union civile. Ensuite, ça laisserait les églises libres d’appeler ça comme elles le veulent ». « Pour ce qui est de l’avortement, nous disons qu’il s’agit d’une responsabilité provinciale et territoriale et nous ne présenterons aucune législation sur le sujet. Ma vision personnelle est que les femmes ont accès et ont droit à ce service et j’appuie le droit des femmes de choisir », dit le candidat. Sur le bilinguisme officiel Du côté du bilinguisme, Sean Mandeville dit être « en faveur du bilinguisme officiel au Canada ». « C’est un fait et c’est quelque chose que les Canadiens valorisent », dit-il. Le candidat croit cependant que « plusieurs postes qui sont désignés bilingues ne le sont pas, dans les faits ». « Le problème, c’est que la fonction publique fédérale en souffre parce qu’il y a d’excellents candidats qui peuvent faire le travail, mais qui ne sont pas bilingues ». M. Mandeville croit que la Loi sur les langues officielles n’a pas à être changée. Celui-ci propose plutôt un changement au niveau des politiques. Ainsi, pour certains emplois, le candidat conservateur propose qu’au lieu de l’expression « désigné bilingue », on utilise « bilinguisme privilégié » ou une expression de ce genre. L’Irak et l’armée Lorsqu’on lui dit que les Libéraux aiment bien rappeler aux électeurs que si un gouvernement conservateur avait été au pouvoir en mars 2003, les troupes canadiennes seraient mobilisées en Irak, Sean Mandeville répond qu’il s’agit « de la pure rhétorique politique ». Pour expliquer le plan d’investissement massif dans l’armée préconisé par son parti, le candidat fait valoir que « notre armée a été négligée au cours des trente dernières années. Ce que notre chef a annoncé, c’est que nous voulons ramener l’armée au niveau de celles de l’Australie et des Pays-Bas ». « Notre parti comprend que nous avons un rôle limité, mais nous ne sommes pas un pays neutre. Nous devons nous tenir fermement aux côtés de nos alliés, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Nous avons été en Afghanistan. L’Irak était un peu moins consensuel, mais nous sommes certainement contre le terrorisme. Je pense que nous aurions été en mesure de mieux travailler sur ce problème, c’est-à-dire d’être clair que nous soutenons certains objectifs, mais qu’on ne doit pas nécessairement y aller comme ça s’est fait. Ce sont des problèmes de politique étrangère qui sont délicats et qui ont affecté notre relation avec les États-Unis », de poursuivre le candidat qui croit cependant « que nous devons nous assurer que les gens sont respectueux de notre souveraineté et de notre droit de prendre des décisions ».