Se prendre en main

04 juin 2004
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Le Plan stratégique du Cabinet territorial dévoilé récemment par le premier ministre Handley contient plusieurs principes extrêmement positifs. Celui qui retient particulièrement mon attention, c’est le principe voulant que le gouvernement tentera de redonner de l’autonomie aux individus et aux communautés : il les aidera à se reprendre en main. Cette tâche ne sera pas facile. En effet, après des décennies à se faire prendre en main par des religieux, puis des fonctionnaires fédéraux, et ensuite par une administration locale (le GTNO) et bientôt par des conseils de bande, voilà qu’on demande aux résidents du Nord de se reprendre en main et de redevenir autonomes. Jadis, les Dénés parcouraient le pays, en famille, à la recherche de nourriture, sans chef, sans conseil de bande, sans gouvernement. Tout dépendait de leur connaissance de la terre et de sa faune. Rien ne tombait du ciel et il fallait travailler fort pour survivre dans ce climat extrême. De nos jours, le Déné moyen attend plutôt que les gouvernements s’occupent de lui et qu’ils répondent à ses besoins. Il faudra donc que s’opère un changement majeur d’attitude. Ce changement de cap est souhaitable mais il faut faire attention à l’esprit qui l’anime. Il est certain que de se diriger vers une société où les individus ont le contrôle de leur destiné sans attendre l’intervention du gouvernement aura un impact direct sur le fardeau fiscal des gouvernements. Moins de programmes sociaux de soutien (au revenu, aux études, au logement, etc.) se traduira par moins de ressources financières englouties dans ces programmes. Par contre, il ne faut pas que cette vision du gouvernement s’inspire des nouveaux principes de la droite canadienne, où l’intérêt des gens riches et puissants (voir les impôts diminuer) prend le dessus sur l’intérêt des personnes défavorisées. Il faut que cette vision se développe dans un esprit de générosité et non dans un esprit d’ostracisme des gens riches et puissants contre les gens pauvres et défavorisés.