Le succès au féminin : Sarah Hardisty

La confection traditionnelle de vêtements.

Sarah Sanguez est née le 17 juillet 1924 dans la communauté de Jean Marie River (Tthek'éhdéli?, qui signifie l’eau s’écoulant sur l’argile), dans la région du Dehcho.


La collectivité de Jean Marie River était habitée anciennement par le peuple nomade déné (Première Nation Dehcho), pour la chasse, le trappage et la pêche. Des pierres à feu préhistorique y ont d’ailleurs été retrouvées.


La majorité des habitants actuels de Jean Marie River sont des descendants de trois sœurs natives de Fort Providence : Sophie, Cecile et Marguerite. Le grand-père de Sarah Sanguez, Joseph Sanguez, s’était marié à Cecile et avait participé activement à la fondation de la communauté. Entre autres, c’est lui qui avait construit la maison dans laquelle Sarah est née.


La langue traditionnelle de cette nation est le dene zhatie (esclave du Sud), appartenant à la grande famille des langues athapascanes. Les Dénés étaient autrefois identifiés par un seul nom et lorsque les traités furent signés avec le gouvernement, il avait été convenu d’ajouter un nom de famille afin d’établir la relation entre les gens. C’est à ce moment que Sanguez (Sake qui signifie coucher de soleil) est passé d’un surnom à un nom de famille.


Sarah Sanguez est née au moment où Jean Marie River est devenue une collectivité plus sédentaire, s’établissant à la jonction de la rivière Jean Marie et du fleuve Mackenzie. Toutefois, le peuple avait continué son mode de vie traditionnel de chasse, de trappage et de pêche ainsi que le tannage des peaux et la confection de vêtements.


Les habitants passaient leurs étés à Jean Marie River et leurs hivers à Fish Lake. Sarah a eu l’occasion d’apprendre et de vivre les traditions dénées. D’ailleurs, son éducation fut entièrement consacrée à apprendre ces traditions familiales. Elle ne fréquenta pas l’école publique. Sarah fut initiée à la couture à 9 ans. À 12 ans, elle savait préparer et tanner une peau d’orignal.


Sarah se maria avec William Hardisty en 1941. Ils eurent 12 enfants. Elle gagnait sa vie en vendant des vêtements et mocassins traditionnels qu’elle confectionnait elle-même. Sarah Hardisty était reconnue pour ses talents en couture, en broderie, en décorations de perles et surtout, en décorations de piquants de porc-épic.


Elle fut approchée pour de nombreux projets dont l’exposition Art contemporain du Canada – subarctique Ouest du Musée royal de l’Ontario (1977), la collection de vêtements dénés du Musée canadien de l’histoire (1988), la confection de la masse de l’Assemblée législative des TNO (1999), l’Open Sky Festival (2001-2002) et Isuma TV (2008). Certaines de ses œuvres sont toujours exposées au Minneapolis Institute of Arts et au Mashantucket Pequot Museum and Research Center.


Pour Sarah, l’enseignement des activités traditionnelles était primordial, si bien, qu’elle s’impliqua dans l’élaboration et l’enseignement d’un programme d’apprentissage de la préparation et du tannage des peaux, et de la confection de vêtements et décorations dans les années 1990.


En 1999, elle débuta des sessions de décoration de piquants de porc-épic à Fort Simpson avec Jane Grossetete et Caroline Bonnetrouge afin de réintroduire ce savoir-faire au sein de la communauté.


Sarah Hardisty a été récompensée pour son travail exemplaire par des prix tels qu’une distinction offerte par le commissaire des TNO lors de l’Assemblée nationale dénée (1999) et la Médaille du jubilé de diamant de la reine Élizabeth II (2013) qu’elle a pu recevoir avant son décès à Fort Simpson le 9 février 2014.

 


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