Sans corset

Angélique Ruzindana Umunyana

Angélique Ruzindana Umunyana

En 2018, les femmes sud-coréennes ont lancé un mouvement féministe pour s’insurger contre la tyrannie de l’apparence et la dictature de la beauté physique qui oppresse les femmes.


Le mouvement se donne le slogan « sans corset » et les femmes utilisent le mot-clic pour publier leurs actes de résistance.


La société sud-coréenne impose des normes de tenue et d’apparence extrêmement rigides aux femmes. Celles-ci doivent utiliser toute une panoplie de produits divers pour se maquiller chaque jour avant de se présenter au travail. Dans la foulée du mouvement « Me Too », les femmes sud-coréennes ont commencé à protester. Une journaliste a osé porter des lunettes pour présenter le journal télévisé ! Ses consœurs des chaines concurrentes lui ont emboité le pas en signe de solidarité. Tranquillement, d’autres dictats commencent également à tomber : les hôtesses de l’air de la compagnie aérienne Jeju Air ont été enfin autorisées à porter des lunettes et avoir des cheveux courts, une autre concession majeure dans cette société patriarcale et sexiste.

Passer des sels de pâmoison au wasabi
Pendant plusieurs siècles, les femmes ont porté des corsets qui les suffoquaient. Les femmes trop corsetées se promenaient avec un flacon de sels de pâmoison pour se réanimer quand la pression du corset devenait trop forte.
Ces sels à base de carbonates d’ammonium (imaginer respirer l’odeur nauséabonde de l’ammoniaque) les remettaient d’aplomb ou les tiraient de l’évanouissement le cas échéant.


Ce qui m’amène à penser que les Sud-Coréennes devaient, elles, se servir d’autre chose quand la pression du corset leur faisait perdre connaissance ! Et pourquoi pas le wasabi, cette racine d’origine japonaise a qui on prête tant de vertus. Un prix Ig Nobel a même été décerné à une équipe de chercheurs japonais qui ont démontré que des détecteurs de fumée émettant des vapeurs de wasabi peuvent alerter des malentendants en moins de 2 minutes.


Cette racine « caractérielle » est apprêtée de façon particulière et quasi minutée, sinon elle perd ses vertus thérapeutiques. Si vous êtes comme moi, la première fois qu’un plat de sushis vous a été présenté, la boule verte dans le coin vous a intrigué et vous y avez peut-être gouté. Vous savez alors comment elle monte au nez. Mais je digresse.
Le corset illustre bien la pression exercée encore sur les femmes qui doivent « séduire » pour obtenir artificiellement des droits injustement confisqués.

Sans corset, oui mais…
Parlons-en des FEMEN. Fondée en 2008 par quatre femmes ukrainiennes, les militantes de ce mouvement sont des féministes provocatrices qui utilisent des images fortes en manifestant seins nus et en inscrivant leurs revendications sur leurs poitrines nues.


Il y a lieu de se demander si cette stratégie fonctionne. Leurs manifestations perturbent et provoquent comme lorsqu’elles se sont introduites dans la cathédrale Notre-Dame de Paris pour saluer la démission du pape Benoit XVI.


Leur bilan semble toutefois mitigé. Il semble que les FEMEN épousent en général les canons de beauté habituels de la société, ce qui contribue à distraire des revendications qu’elles portent. Elles doivent souvent répondre à des accusations d’exhibition sexuelle. Leurs actions sont maintenant sporadiques.

Faire de la Journée internationale des femmes un jour férié
Dans certains pays, surtout les pays asiatiques et africains, le 8 mars est un jour férié, parfois pour les femmes seulement, comme en Chine.


La Ville de Berlin a décrété le 8 mars comme jour férié dès cette année. Des voix féministes s’y opposent, car en appelant cette journée la Fête de la femme, on oublie les raisons pour lesquelles cette journée a été instaurée. Une journée de réflexion, de remise en question et de sensibilisation aux conditions de vie et de travail des femmes et aux discriminations dont elles souffrent encore.


Le marketing lié à cette journée détourne aussi l’attention, par exemple, des billets gratuits à des spectacles et autres cadeaux offerts aux femmes, qui ne sont que des leurres pour que les commercent profitent de cette journée.
Un jour férié le 8 mars, oui, mais pour permettre des activités cohérentes avec l’objectif premier de cette Journée internationale des femmes. Des activités qui contribuent à avancer l’idéal de l’égalité entre les hommes et les femmes partout sur la planète.


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