Publicité gouvernementale dans les médias francophones : Sandy Lee soulève la question en Chambre

02 avril 2004
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C’est lors de la révision des budgets alloués au ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, que la députée Sandy Lee a soulevée la question des langues officielles avec le ministre Charles Dent, responsable de ce dossier. Mme Lee a rappelé que, selon les lignes directrices rattachées à la Loi sur les langues officielles, les publicités du gouvernement territorial devraient être publiées ou diffusées autant en français qu’en anglais, ce qui semble ne pas être le cas.

Il semble que cette intervention de Sandy Lee fait suite à une missive envoyée par la directrice de la radio communautaire francophone de Yellowknife, Sylvie Boisclair, à tous les députés de l’Assemblée législative. Dans cette lettre, Mme Boisclair faisait remarquer que « heureusement, certains ministères savent déjà qu’ils doivent se référer à ces lignes directrices, mais malheureusement, il y en a qui ne le savent pas ».

Pour Sylvie Boisclair, l’objectif de la lettre était de rappeler cette section de la Loi sur les langues officielles des TNO et des lignes directrices qui l’accompagnent, aux élus. « C’est comme si je donnais le bénéfice du doute aux ministères. Ils ne sont pas de mauvaise foi et peut-être qu’ils ne le savent tout simplement pas », dit-elle, rappelant que la radio est encore jeune et qu’elle n’existait pas au moment de la rédaction des lignes directrices du gouvernement en matière de publication avec le public.

Mme Lee a donc demandé au ministre Dent de rappeler cette exigence à tous les ministères, par le biais d’une lettre ou de lignes directrices. Charles Dent a dit qu’il rappellerait cette exigence à ses collègues ministres.

« Je pense que l’engagement du ministre était très réservé. Il n’a pas pris un engagement complet. Il y avait pas mal d’hésitation et M. Dent est très prudent et il dit exactement ce qu’il pense. J’aurais préféré plus d’engagement de sa part », de commenter la députée qui entend faire un suivi de ce dossier à l’Assemblée législative.

Pour Sylvie Boisclair, l’intervention de Sandy Lee arrive à point, alors que la radio fait face à des problèmes financiers. « Présentement, je n’ai aucune publicité du gouvernement territorial. C’est très rare que j’en reçoive et ça arrive surtout parce qu’il y a des gens qui travaillent dans certains ministères, comme celui de la Santé et des Services sociaux, qui sont sensibilisés au fait francophone, ou parce que je les connais un peu. Par contre, il y a certains ministères où c’est comme s’il y avait un mur et il est très difficile d’avoir de la publicité provenant d’eux ».

Il est difficile d’évaluer quels pourraient être les revenus générés par l’achat de publicité du gouvernement territorial à la radio, mais pour Mme Boisclair, ça pourrait tourner autour de 30 000 à 40 000 dollars. De quoi assurer la pérennité du jeune organisme.

Au cours des années 1990, le journal L’Aquilon a dû livrer le même type de bataille que la radio, rappelle l’éditeur, Alain Bessette. En 1993, le journal francophone des TNO devenait hebdomadaire, dans le but de rencontrer une exigence du gouvernement avant que celui-ci n’investisse en publicité dans la publication. Or, ce n’est qu'en 1997 que les lignes directrices en la matière sont adoptées. « Pour la radio, je pense qu’il est important d’essayer d’aller plus vite parce qu’elle en a vraiment besoin pour pouvoir survivre », dit M. Bessette.

Selon lui, un investissement en publicité dans le média électronique ne viendrait pas nécessairement faire diminuer les ventes du journal. « Dans l’application des règlements au niveau fédéral, sur lesquelles sont souvent calquées les pratiques gouvernementales des TNO, on dit que si on publie dans un tel type de média, ça devrait passer dans l’équivalent français. Par exemple, si une publicité se retrouve dans le journal anglophone, elle devrait aussi se retrouver dans le journal francophone. On essaie donc d’avoir la même chose qui s’appliquerait à la radio », d’expliquer M. Bessette

Rappelons que de 60 à 65 pour cent des revenus du journal provient de la publicité du gouvernement territorial. « Pour la radio, éventuellement, ça pourrait représenter un pourcentage similaire », de faire valoir Alain Bessette qui compte sur le renouvellement de l’Entente Canada-TNO relatif aux langues autochtones et au français pour donner un coup de main à la radio. « Est-ce que l’on va inclure le média radiophonique dans l’Entente? C’est une des choses sur lesquelles le ministre Dent devra se pencher pour que ce soit couvert », lance-t-il.

L’intervention de Sandy Lee est aussi survenue à un moment où la radio peut compter sur un effort de sensibilisation national à l’égard des investissements des gouvernements provinciaux et territoriaux dans les radios communautaires francophones. L’Association de la presse francophone (APF), regroupant une grande majorité des journaux francophones hors-Québec, et l’Alliance des radios communautaires (ARC) du Canada sont d’ailleurs à étudier le dossier.
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