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Performance à Fort Simpson : S’exposer

31 mars 2011
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Michel Boutin utilise de nombreux médiums afin de partager son histoire à ses spectateurs. (Photo : Chuck Blyth)

Michel Boutin utilise de nombreux médiums afin de partager son histoire à ses spectateurs. (Photo : Chuck Blyth)

La société créative Open Sky invite les spectateurs à des soirées de performance, des premières dans le genre.


La société créative Open Sky (OSC) a invité, à Fort Simpson, la semaine dernière, son public à assister à des performances d’artistes autochtones de calibre par le biais de ses soirées Performing Memory.

Au total, trois artistes ont présenté leur spectacle dans le cadre de trois soirées, les 22, 23 et 24 mars derniers. Organisées par Elwood Jimmy, sous la direction de l’OSC, ces soirées ont reçu un accueil appréciable.

Parmi ces derniers, Michel Boutin, un artiste métis de la Saskatchewan, a dressé un portrait, à sa manière, des rébellions des métis et des francophones. Intitulé Pour tout temps, sa performance vibrante et crue d’une partie de l’histoire qu’on tait souvent, a provoqué la douzaine de spectateurs présents. « Ils m’ont posé des questions d’une profondeur inhabituelle », raconte l’artiste qui a l’habitude de mener des discussions à la suite de ses performances. L’artiste confie s’être senti chez-lui, dans la petite collectivité située au confluent des rivières Liard et Mackenzie. « Si mon travail peut être considéré comme controversé, j’essaye de le rendre accessible. »

Diplômé d’un baccalauréat en sculpture et en dessin de l’Université de Regina, depuis 1996, et détenteur d’une mineure en sociologie, M. Boutin explique que son art tend à dépeindre une réalité qui lui est personnelle et sociale à la fois. « J’ai été d’abord influencé par le courant d’art qui disait : The Personal is political », partage celui qui a été élevé dans la langue métchif – langue mélangeant le cri et le français – avant de parler anglais. « Mon français est canayien! »

C’est avec deux massues qu’il a démoli un bloc de ciment, tout en racontant une partie de son histoire en tant que Métis, à l’audience présente, à Fort Simpson. « Il était déguisé comme un militaire et frappait la pierre tout en criant des mots en français », décrit Ryan Good, le nouveau responsable de la programmation à l’OSC. « C’est toujours risqué de présenter des spectacles du genre », rapporte M. Good, en se référant à la réaction du public qui n’est pas exposé souvent à ce type d’art. « Tout le monde était assez impressionné et je n’ai eu aucun commentaire négatif! », s’est-il réjoui. « J’aimerais bien y retourner », a quant à lui partagé l’artiste.

Les autres artistes à faire une performance étaient Adrian A. Stimson, qui a présenté Pink Panther, et Tanya Luken Linklater, avec Aiya!. Les trois artistes autochtones avaient été invités afin de présenter des performances uniques qui pourraient interpeller les spectateurs en abordant des thèmes familiers et reliés aux intérêts des audiences nordiques.