Refusés à 100 % : Projets spéciaux dans la francophonie ténoise

09 juillet 2004
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Projets spéciaux dans la francophonie ténoise Refusés à 100 % Les dirigeants de la Fédération Franco-TéNOise ont appris que tous les projets spéciaux déposés avaient été refusés par le gouvernement fédéral. Simon Bérubé Au cours de la dernière assemblée générale annuelle de l’Association franco-culturelle de Yellowknife (AFCY), le président de la Fédération Franco-TéNOise (FFT), Fernand Denault, soulignait à quel point les projets spéciaux étaient d’une importance capitale pour les communautés francophones en milieu minoritaire. Cette année, la douzaine de projets spéciaux déposés par des organismes franco-ténois auraient été refusés par le bailleur de fonds, le ministère du Patrimoine canadien. Parmi les projets proposés, on retrouvait l’embauche d’un agent de projet pour la FFT, le financement d’une étude sur le concept de centre scolaire-communautaire, l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie de développement organisationnel pour le réseau associatif franco-ténois. De même, d’autres projets portaient sur la consolidation d’un poste permanent à la jeunesse, la poursuite de la réalisation du Carrefour culturel de Yellowknife, l’embauche d’un commis de bureau pour la FFT, l’AFCY et L’Aquilon et la consolidation de l’emploi en alphabétisation pour quatre ans. Du côté de l’AFCY, on avait soumis un projet spécial par lequel on espérait relancer CIVR Radio Taïga, un autre projet portait sur l’embauche d’un agent culturel et enfin, on espérait, par le biais d’un troisième projet, embaucher une ressource en informatique. « C’est dommage à dire, mais peut-être qu’avoir plus ou moins fermé la radio était la meilleure chose à faire. Nous n’aurions jamais été capables de continuer », a réagi le président de l’AFCY, Jean-François Pitre, immédiatement après avoir appris la nouvelle. « C’était sous-entendu qu’il y avait de l’argent pour ça. C’est bien dommage. Ça a l’air qu’ils ne veulent vraiment pas que nous survivions, je crois bien », de poursuivre le président de l’AFCY, qui fondait beaucoup d’espoir sur le projet spécial portant sur la radio. M. Pitre a aussi souligné le nombre d’heures investies dans l’élaboration des projets qui, finalement, n’auraient rien donné. « Je ne sais pas pourquoi on reste ouvert, si c’est pour être rendu comme ça, c’est pire que le tiers-monde, aussi bien tout fermer! », ironise-t-il. C’est par l’entremise d’une fonctionnaire du gouvernement territorial, Janet Grinsted, co-présidente du comité de gestion de l’Accord Canada-TNO, que les dirigeants de la FFT ont appris la nouvelle du refus de tous les projets spéciaux déposés par les francophones. Rejointe par téléphone, Mme Grinsted a confirmé qu’elle avait appris la nouvelle du ministère du Patrimoine canadien et qu’elle l’avait transmise à la Fédération Franco-TéNOise. Rappelons que le gouvernement territorial avait appuyé les projets déposés par la communauté francophone des TNO. Du côté de la FFT, on attend toujours la lettre officielle qui viendra confirmer le refus du gouvernement fédéral. En fait, pour les Territoires du Nord-Ouest, un seul projet spécial a été accepté. Il s’agit de celui déposé par le gouvernement territorial et portant sur la gestion basée sur les résultats. Pour son projet, le gouvernement a obtenu 80 000 $, soit 10 % de l’enveloppe globale pour les projets spéciaux, qui se chiffrait à 878 000 $. Les sept projets déposés par la FFT totalisaient plus de 400 000 dollars. Tout en félicitant le gouvernement territorial du succès obtenu, le président de la FFT, Fernand Denault, voit la décision fédérale comme étant un manque de soutien à l’endroit de la communauté. « On nous avait invité à soumettre des projets. À l’époque, nous ne savions pas quelle était la valeur de l’enveloppe globale. Ça fait au moins six ans que nous vivons avec des budgets gelés et que nous essayons de fonctionner. Les dossiers deviennent de plus en plus complexes et demandent de plus en plus d’énergie, alors que nous avons de moins en moins de soutien. Donc, pour la FFT et l’ensemble de la communauté, c’est une situation qui n’est pas acceptable », commente M. Denault. Selon ce dernier, cette décision pourrait représenter un danger financier pour certains organismes francophones. « Il faudra faire certaines choses en administration. Il faut constamment se serrer la ceinture, mais il vient un temps où on ne peut plus respirer et on essaie encore de se serrer la ceinture. Ce sont des temps pénibles », poursuit-il. Fernand Denault ne ménage pas ses mots à l’endroit du gouvernement fédéral. « Jusqu’à présent, ça commence à être un discours pas mal hypocrite où on aime à dire des choses et se vanter sur le plan international, mais chez nous, on écrase la minorité francophone. Les mots commencent à être vides et la patience diminue peu à peu », conclut-il. Il a été impossible d’obtenir une entrevue avec un représentant du ministère du Patrimoine canadien avant l’heure de tombée du journal L’Aquilon.
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