Parlement jeunesse pancanadien : Parler haut et fort !

23 janvier 2004
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C’est du 9 au 11 janvier dernier qu’avait lieu le Parlement jeunesse pancanadien, réunissant une centaine de jeunes francophones provenant de partout au Canada. Sébastien Dallaire et Marcia Mailloux, de Yellowknife, étaient du nombre. Ceux-ci ont eu à voter sur trois projets de loi, l’un sur la langue officielle du Canada, l’autre sur la Francophonie internationale et un dernier sur une réforme du système de l’éducation.

C’est Sébastien Dallaire qui, à titre de ministre de la Justice, a présenté le projet de loi visant à faire de l’Esperanto la langue officielle du Canada. Le projet de loi a été défait en deuxième lecture, « mais par seulement sept voix » s’empresse de spécifier le Franco-Ténois.

Selon son propre aveu, c’est par pur hasard que Sébastien a décidé de présenter un projet de loi qui peut sembler si controversé. « Je ne savais pas de quel sujet j’allais traiter. En cherchant la définition d’un mot sur Internet, je suis tombé sur un site qui parlait de l’Esperanto. C’est venu comme un éclair. Je trouvais ça original et ce que je trouvais intéressant, c’est que ça remet des choses en question et ça suscite un débat. La langue, c’est très émotif, alors j’aimais cette idée », raconte le ministre qui se dit surpris que beaucoup de députés aient appuyé son projet dès le départ.

Mais Marcia Mailloux n’était pas du nombre. Dans un discours enflammé, elle a dénoncé avec virulence l’intention du ministre de la Justice. « C’était un projet de loi anticonstitutionnel qui ne respecte pas la Charte des droits de l’homme, puisqu’il impose une langue à quelqu’un. Nous aurions eu une langue officielle qui ne serait pas parlée par tout le monde, tandis que maintenant, avec le français et l’anglais, au moins, chaque personne au Canada parle au moins une de ces langues. Il y avait aussi le coût astronomique pour changer tous les manuels scolaires et pour rendre l’Esperanto accessible à tout le monde. Si la langue n’était pas accessible à tous, seulement les personnes privilégiées pourraient le parler, donc avoir accès aux emplois du gouvernement. Nous aurions assisté à la création d’une élite » dit-elle.

« Bien sûr, il y avait une fervente opposition à mon projet de loi et c’est normal, lorsqu’on ne sait pas trop de quoi on parle et que l’on est sous le coup de l’émotion », rétorque aussitôt Sébastien Dallaire, jetant un regard espiègle vers sa vis-à-vis et amie.

Le projet de loi sur la francophonie internationale proposait que le Canada se retire de l’Organisation internationale de la francophonie. Cette mesure visait à faire des pressions sur les pays membres qui ne respectent pas les droits de l’homme. Après modifications, le projet de loi a été adopté.

Enfin, le troisième projet de loi visait à créer un programme scolaire commun à l’échelle canadienne. Par conséquent, le dossier aurait été transféré au gouvernement fédéral. « Pour se protéger du problème de juridiction qui nous aurait empêché de débattre, nous avons formé une commission qui aurait établi des partenariats avec les provinces », explique Sébastien. Il s’agissait du seul projet de loi pour lequel les apprentis-députés devaient suivre la ligne de parti. Le projet de loi a finalement été adopté à 46 voix contre 40.

Pour les deux franco-ténois, l’expérience a été on ne peut plus enrichissante. Selon Marcia, il s’agissait d’une occasion en or d’établir les ponts entre la jeunesse et la politique. « On a souvent l’impression, en tant que jeunes, que la politique ne s’intéresse pas à nous et, donc, on ne s’intéresse pas à la politique. C’est en s’intéressant très jeune à la politique et en la connaissant qu’on peut savoir de quoi on parle lorsqu’on vote », dit Marcia.

De son côté, Sébastien ne garde que de bons souvenirs de l’expérience vécue à Ottawa. « Quel enrichissement au point de vue de la politique, de la confiance en soi, de la politique internationale et des réalités francophones ! J’ai acquis un très gros bagage de connaissances à différents niveaux », de conclure celui qui peut maintenant ajouter le titre de ministre de la Justice du Canada à son curriculum vitae !
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