Lutte au racisme dans les hôpitaux : le GTNO se félicite

Centre de guérison, camp de Yellowknife (Crédit photo : Thomas Ethier)

Centre de guérison, camp de Yellowknife (Crédit photo : Thomas Ethier)

La classe politique canadienne s’est réunie en juin pour la troisième rencontre d’une série de dialogues nationaux virtuels sur le racisme antiautochtone dans les systèmes de santé du pays.

Thomas Ethier
IJL – Réseau. presse – L’Aquilon

Les Territoires du Nord-Ouest s’inscrivent parmi les leadeurs canadiens en matière de respect des valeurs culturelles autochtones dans l’offre de soins de santé. C’est ce qu’a affirmé la ministre de la Santé et des Services sociaux, Julie Green, au lendemain d’une rencontre nationale réunissant, les 28 et 29 juin, une centaine d’experts, de gardiens du savoir et de représentants des gouvernements territoriaux, provinciaux et autochtones.

Par ces rencontres, le gouvernement fédéral vise à concrétiser des actions pour assurer le respect des valeurs culturelles autochtones dans les hôpitaux canadiens, et instaurer une politique de tolérance zéro face au racisme. L’initiative a vu le jour en octobre 2020, quelques semaines après le décès tragique de Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette, au Québec.

Interrogée au lendemain de la réunion, la ministre Green a vanté les mérites du système de santé ténois en matière de respect des valeurs culturelles des patients autochtones. « Je pense que notre territoire est un réel leadeur en matière de sécurité culturelle, a-t-elle affirmé à Médias ténois. Je crois que notre gouvernement a beaucoup à offrir, tant au niveau national qu’au sein des Territoires du Nord-Ouest. »

Dans une déclaration écrite émise au lendemain de ce dialogue national, la ministre a évoqué un cas propre au territoire : celui de Hugh Papik, un homme inuvialuit décédé en 2016 au centre de santé d’Aklavik. Victime d’un accident vasculaire cérébral majeur, l’homme de 68 ans a été privé des soins nécessaires à son domicile. Le personnel hospitalier a présumé, malgré les plaintes du patient, que ce dernier se trouvait en état d’ébriété. Cet « accident terrible », comme le décrit la ministre, avait mené à la création d’un plan d’action, mis à jour annuellement.

 

Manque de soutien culturel

Selon Julie Green, d’énormes progrès ont été réalisés au cours des dernières années aux TNO, grâce, notamment, à l’implication de groupes autochtones dans les processus de décision. « Nous avons fait beaucoup pour impliquer les groupes autochtones, indique-t-elle. Nous souhaitons qu’ils soient non seulement représentés, mais qu’ils soient également des leadeurs et des preneurs de décisions au sein de notre système de santé. »

L’Arctic Indigenous Wellness Foundation, un organisme de consultations thérapeutiques centré sur les valeurs et les techniques de guérison traditionnelles, a été engagé dans le développement des services proposés à l’hôpital territorial Stanton, ouvert en 2019 à Yellowknife. Aux yeux du directeur général, Guilbert Cook, les patients autochtones seraient encore mal représentés aux TNO.

« On parle réellement d’un manque de respect de nos valeurs traditionnelles, indique-t-il. Des efforts sont faits du côté du gouvernement, mais il manque toujours de soutien pour offrir un service adapté aux besoins culturel et traditionnel des patients autochtones dans nos hôpitaux. Les groupes autochtones sont exclus de bien des processus de décision. On se pose nous-même souvent la question, au moment où des annonces sont faites : pourquoi n’avons nous pas été consultés ? »

Ce manque de représentation des patients autochtones mettrait des patients en danger, selon le directeur, qui donne d’abord l’exemple des voyages médicaux. « Plusieurs ainés, par exemple, qui souffrent de conditions mettant leur vie en danger, ne parlent pas anglais, et sont envoyés fréquemment en avion à l’hôpital d’Edmonton sans même pouvoir bénéficier d’un service d’accompagnement », déplore-t-il.

 

Éviter les hôpitaux

La ministre Julie Green dit avoir observé d’importants enjeux liés à la barrière de la langue dans les hôpitaux du territoire. « C’est ce qui ressort le plus des témoignages qu’on m’a partagés. Les patients voudraient pouvoir se présenter à l’hôpital, rencontrer quiconque parle leur langue et se faire accompagner lors des consultations, pour tout comprendre, explique-t-elle. Par exemple, un interprète médical francophone est disponible à l’hôpital de Yellowknife. Ce service devrait être offert aux patients qui s’expriment en tli?cho yatiì. »

Il existe un lien direct entre le respect des valeurs culturelles et l’état de santé générale d’une population, comme le souligne la ministre. « Si les gens se sentent à l’aise dans notre système de santé, ils viendront y réclamer des tests et des traitements. Malheureusement, aux TNO, les indicateurs de santé des résidents autochtones sont plus faibles que ceux des allochtones (personnes non autochtones), déplore-t-elle. Il est très important pour nous de prendre des initiatives pour améliorer la confiance qu’ont les autochtones envers le système de santé. »

À l’heure actuelle, les plus grands efforts sont dirigés vers l’embauche et la rétention d’employés autochtones dans le système de santé, une mesure inscrite parmi les priorités de la 19e Assemblée législative. De nouvelles mesures ont également été incluses dans le Budget 2021-2022 des TNO, visant à renforcer le respect des valeurs culturelles des patients autochtones dans les hôpitaux. Un bureau de l’expérience vécue par les patients autochtones sera notamment mis sur pied prochainement dans le cadre d’un projet pilote visant à standardiser les processus de traitement des plaintes formulées par les patients.


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