19e Assemblée législative : Les régions s'imposent à Yellowknife

17 octobre 2019
 Les chefs Ernest Betsina, Norman Yakeleya, Edward Sangris, en premier plan, sont entourés de 16 des 19 députés de la nouvelle législature. (Courtoisie Nation dénée)

Les chefs Ernest Betsina, Norman Yakeleya, Edward Sangris, en premier plan, sont entourés de 16 des 19 députés de la nouvelle législature. (Courtoisie Nation dénée)

 

Les nouveaux membres de l’Assemblée législative des TNO expriment leurs priorités lors d’une première présence en chambre.


Les députés de la 19e Assemblée législative se sont rencontrés pour une première fois en chambre, le 9 octobre, afin de jeter les bases devant mener à l’établissement des priorités pour les quatre années à venir. Les représentants des régions en ont profité pour rappeler leurs besoins à une institution qu’on dit souvent trop centrée sur la capitale.
C’est sans doute la nouvelle députée de Great Slave, Katrina Nokleby, qui énonce le mieux ce clivage : « Il y a une déconnexion entre ce qui se passe à Yellowknife et ce qui se passe dans les communautés, affirme-t-elle. [...] Il faut montrer à ces dernières qu’on ne va pas être centré sur Yellowknife. »


À son retour en chambre, l’ancien président de l’Assemblée et député de Nunakput, Jackie Jacobson, décrit avec émotion les réalités de sa région.
« Nous sommes l’endroit où le cout de la vie est le plus élevé aux TNO », déplore M. Jacobson, soulignant du même souffle le manque criant d’emplois dans sa région.


Le député de Nunakput aborde aussi les impacts quotidiens des changements climatiques et le sous-financement du tourisme à Tuktoyatuk par le gouvernement ténois.
Mais sa priorité demeure le logement. Ce grand défi du Nord est également évoqué par la quasi-totalité des députés.
La nouvelle élue de Sahtu, Paulie Chinna, précise que le manque de logements nui à la capacité d’attraction et de rétention du personnel de santé en région.


Son collègue de Hay River Nord, R.J. Simpson, rappelle que les 122 logements disparus dans l’incendie de l’édifice Mackenzie Place (le Highrise) n’ont pas été remplacés, et que la situation rend impossible d’attirer de nouveaux résidents, dont la présence assurerait des revenus supplémentaires au gouvernement de Territoires du Nord-Ouest (GTNO).


Le GTNO sur la sellette
« Le GTNO a raté les occasions de stimuler l’économie de Hay River », dénonce M. Simpson, ajoutant qu’il a manqué à sa responsabilité d’investir dans les infrastructures locales. Cela compromet la capacité de la municipalité d’entretenir les systèmes d’eau et d’égouts.
Le député se dit aussi dit fortement préoccupé par l’Administration des services de santé et de services sociaux, incapable de retenir médecins et infirmières.
« Les gens de Hay River sont terrifiés à l’idée d’être malades », dit-il.

Éducation
Ronald Bonnetrouge, de Deh Cho, demande une réforme de l’éducation postsecondaire. Sa collègue d’Inuvik Twin Lakes, Lesa Semmler, réclame quant à elle le retour au campus d’Inuvik du Collège Aurora des programmes de formation professionnelle et en technique de gestion des ressources naturelles. Cela permettrait aux résidents du Beaufort-Delta d’être former et de rester dans la région..
Pour sa part, Frieda Martselos, qui a succédé à Louis Sebert dans Thebacha, fait du maintien des quartiers généraux du Collège Aurora à Fort Smith sa grande priorité.


La ministre titulaire de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, la députée de Range Lake Caroline Cochrane, s’est fait reproché d’avoir trop rapidement embrassé l’idée d’un campus principal situé dans la capitale.Elle dit avoir entendu la voix des communautés et être en faveur de la création de centres d’apprentissages dans chacune d’entre elles pour rendre plus accessible l’éducation postsecondaire dans l’ensemble des Territoires. Elle se prononce en outre en faveur d’une amélioration des logements étudiants au campus d’Inuvik.
Sans élaborer sur les moyens pour y parvenir, Mme Nokleby considère que les jeunes de n’importe quelle communauté ténoise doivent pouvoir accéder à une éducation supérieure, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Son collègue Jackson Lafferty (Monfwi) souhaite que dans dix ans, la majorité des jeunes ténois poursuivent leurs études à la future université Polytechnique, et que l’enseignement dans cette institution, qui accueillerait aussi des étudiants de l’extérieur duterritoire, soit en partie axé sur la recherche, les changements climatiques et les enjeux nordiques.

Régler les revendications territoriales
Par-delà l’antagonisme régions/capitale, la nécessité de régler les revendications territoriales autochtones fait consensus, un règlement qui devrait générer de l’emploi et des investissements, selon plusieurs députés.
Il s’agit aussi d’une question de réconciliation, clame le plus jeune député de l’Assemblée, Rylund Johnson (Yellowknife Nord), qui reproche au gouvernement précédent de s’être rendu à une foire minière à Vancouver sans avoir invité de représentants des gouvernements autochtones.


La journée précédant le coup d’envoi des priorités, 13 des 16 députés ont rencontré des leaders autochtones: dont le chef national déné, Norman Yakeleya, le porte-parole du territoire Akaitcho, Edward Sangris, et le chef des Dénés Yellowknives, Ernest Betsina. Le chef Yakeleya a parlé de l’importance de travailler de concert avec les Dénés pour régler leurs priorités et leurs problèmes.
« Notre petit-déjeuner est un évènement historique, a souligné Norman Yakeleya par voie de communiqué. Jamais auparavant l’exécutif de la Nation dénée n’a rencontré des membres de l’Assemblée législative de cette façon, à un moment aussi important. »


Le dépouillage judiciaire des voies dans les circonscriptions de Frame Lake et Yellowknife Nord, où moins d’une douzaine de voies d’écart séparait le gagnant de leurs plus proches rivaux, a confirmé l’élection de Kevin O’Reilly et de Rylund Johnson.
L’élection du Conseil des ministres aura lieu le jeudi 24 octobre.


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