La profession de coroner : Les faits et non la faute

06 septembre 2002
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Travailler avec des cadavres permet la prévention de futurs décès.

L’homme derrière les récentes données sur le suicide évoque les aspects de son métier comme s’il s’agissait de n’importe quel autre métier. Un décès survient, il se rend sur les lieux. Il mène son enquête puis émet ses recommandations. Percy Kinney détaille la mort dans ses rapports annuels. « Je ne peux pas dire qu’on s’y fait, mais on devient un peu moins sensible. »

Les recommandations du coroner sont habituellement prises en considérations par les autorités. Surtout lorsqu’elles touchent des cordes sensibles, tel le suicide, où la prévention peut jouer un grand rôle dans les courbes statistiques. C’est dans l’élaboration de recommandations réalistes et réalisables, visant à la prévention de futurs décès, que le bureau du coroner en chef trouve sa voie. « Nous ne pouvons pas émettre de recommandations qui soient impossibles à appliquer, soit par manque de capacité ou de moyens financiers. »

Le mandat du coroner l’empêche toutefois de trouver un fautif et de jeter le blâme sur un tiers parti. Dans le cas du décès en 2001 d’un bébé de 11 mois, qui est tombée dans une rivière alors qu’il était attaché dans un landau et surveillé par des membres de la famille qui s’amusait à le pousser, le coroner a recommandé qu’une barrière soit installée le long de la jetée. Si la famille est fautive, c’est au bureau de la protection de l’enfance d’intervenir. Même scénario lors d’un accident du travail. Seule la Commission des accidents du travail a le mandat de poursuivre un employeur pour négligence. « Notre travail est de déterminer les faits et non à qui la faute. »

Une large part du travail d’un coroner est de sensibiliser le public et les gouvernements afin de faire diminuer le nombre de décès qui peuvent être évités. C’est le bureau du coroner qui a recommandé la mise sur pied d’un service d’urgence 911 à Yellowknife, avec possibilité de l’étendre à l’échelle du territoire. « Ça a été considéré avec sérieux et je crois même que c’est en train de prendre forme. » Mais ce ne sont pas toutes les recommandations qui donnent des résultats. Le bureau du coroner a demandé à ce qu’une législation territoriale sur les motoneiges soit élaborée. « Cette responsabilité a été dévolue aux communautés, qui ne sévissent pas. Nous croyons que le gouvernement des T.N.-O. devrait prendre le relais. » Ce qui n’a pas encore été fait.

Le coroner en chef a mené deux enquêtes publiques en 2001, dont l’une sur un accident d’avion. Ce genre d’enquête survient lorsque les conséquences peuvent avoir un certain impact sur le public. Il mène son enquête devant le public et un jury de six personnes. L’accident d’avion qui a été placé sous enquête est l’un parmi trois qui sont survenus aux T.N.-O. l’an dernier. « Voyager en avion dans le Nord est primordial; nous utilisons l’avion comme si c’était une automobile », indique Percy Kinney.

Même si le coroner travaille pour le public, certaines personnes lui mettent des bâtons dans les roues. Il arrive parfois que les familles demandent la falsification du rapport du coroner, dans le but de cacher la cause exacte du décès. «Ça peut devenir un problème dans le cas d’un suicide, mais ça ne l’a jamais vraiment été ici parce que nous sommes une petite juridiction où tout se sait très vite. » L’étape de l’autopsie est par contre souvent remise en question par la famille. Celle-ci refuse parfois que le coroner envoie le corps à Edmonton. « Il y a parfois un manque de compréhension du public. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’autopsie est utilisée en premier lieu afin de déterminer les causes du décès », laisse savoir le coroner en chef, qui ajoute que les familles préfèrent finalement connaître les causes de la mort plutôt que de rester dans le doute.
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