Les deux « priorités absolues » de la ministre Petitpas Taylor

Ginette Petitpas Taylor est assermentée comme ministre des Langues Officielles et de l’APECA à Rideau Hall. 26 octobre 2021. (Crédit photo : Flickr Justin Trudeau – Avec autorisation)

Ginette Petitpas Taylor est assermentée comme ministre des Langues Officielles et de l’APECA à Rideau Hall. 26 octobre 2021. (Crédit photo : Flickr Justin Trudeau – Avec autorisation)

En entrevue avec Francopresse, la ministre des Langues officielles et ministre responsable de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique, Ginette Petitpas Taylor, soutient que le prochain Plan d’action pour les langues officielles et la modernisation de la Loi sur les langues officielles sont ses « deux priorités absolues ».

Inès Lombardo – Francopresse

Francopresse : En ce qui concerne le projet de modernisation de la Loi sur les langues officielles, allez-vous intégrer en tout ou en partie les recommandations de la FCFA ?

Ginette Petitpas Taylor : J’essaie de prendre un peu de recul, ça fait trois semaines que je suis la ministre des Langues officielles. J’ai eu le privilège de rencontrer la FCFA pour entendre leurs recommandations et d’autres groupes d’intervenants.

Je suis encore en période de réflexion, pour voir à quoi va ressembler le projet de loi.

 

Même si vous êtes encore en réflexion, dans le sillage de l’affaire Michael Rousseau, pouvez-vous nous dire si le commissaire aux langues officielles aura davantage de pouvoir ?

La raison d’être de déposer et de moderniser le projet de loi est qu’on « défacilite » la Loi pour lui donner plus de mordant.

Les recommandations dans le projet qu’avait déposé la ministre Joly [sa prédécesseure aux Langues officielles, NDLR] donnaient de nouveaux pouvoirs au commissaire, notamment pour enquêter.

Mais envisagez-vous d’instaurer un pouvoir de sanctions, par exemple ?

Je dois de nouveau dire que j’étais vraiment déçue et fâchée des commentaires de M. Rousseau. C’était absolument inacceptable. Les francophones et les Québécois étaient très frustrés, ils devraient l’être.

Pour la question des pouvoirs du commissaire, je continue à rencontrer les intervenants, je continue mes sessions de breffage et j’ai promis aux Canadiens, Canadiennes et aux Québécois que d’ici 100 jours, on va avoir le dépôt du projet de loi.

 

Pouvez-vous nous indiquer quand les consultations quinquennales vont débuter pour le prochain Plan d’action pour les langues officielles ?

Nous n’avons pas de date exacte, mais je veux lancer les consultations dans l’année 2022 pour m’assurer qu’on va avoir une bonne période pour recevoir les commentaires des intervenants du pays. Je veux avoir la chance de bien connaitre mes intervenants pour maximiser les informations qu’ils partagent avec nous.

Cette question et celle du dépôt du projet de modernisation de la Loi vont être mes deux priorités absolues.

On sait que votre gouvernement a promis de doubler et rendre permanent le financement aux institutions postsecondaires francophones. Comment allez-vous gérer les provinces récalcitrantes à faire leur part sur la question, comme l’Alberta dans le cas du Campus Saint-Jean ?

Le premier ministre a été clair : nous voulons être là, mais ça nous prend des partenaires au niveau de la province.

J’espère qu’on pourra développer ces partenariats-là avec la ministre de l’Ontario et la province de l’Alberta. C’est sûr que l’Université Laurentienne est un enjeu. J’ai hâte de continuer cette conversation avec la ministre Mulroney.

 

Comment allez-vous sensibiliser les autres ministres fédéraux dans des dossiers où les langues officielles sont impliquées, comme la question des clauses linguistiques dans les garderies ?

Comme gouvernement, on doit travailler avec nos partenaires et nos homologues au niveau des provinces et territoires dans les ententes bilatérales. Des conversations doivent avoir lieu sur les clauses linguistiques, pour s’assurer que [les] communautés où la langue est minoritaire reçoivent les services nécessaires.


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