Dans les pages : Le révélateur

Isidore Guy Makaya, La fortune du bonjour, Les éditions Présence francophone,
Yellowknife, 2017, 124 pages. (Crédit photo : Nicolas Servel)

Isidore Guy Makaya, La fortune du bonjour, Les éditions Présence francophone, Yellowknife, 2017, 124 pages. (Crédit photo : Nicolas Servel)

 De l’Afrique au Subarctique, un conte animalier où les hommes ne sont jamais loin.

Le conte philosophique La fortune du bonjour, cinquième livre d’Isidore Guy Makaya, met en scène notre ignorance sur la nature véritable et parfois changeante de ceux qui nous entourent.


Pour écrire ce livre, le coordonnateur à l’immigration de la Fédération franco-ténoise a puisé dans les contes qui ont charmé son enfance. C’est sa grand-mère maternelle, en République du Congo et dans la langue vili, qui l’a initié à cette histoire dont la portée, malgré sa culture d’origine et la faune tout africaine qui l’habite, est universelle.
Les protagonistes : un féroce léopard doté d’un solide esprit d’entrepreneuriat, une antilope romantique, un lion, philosophe royal et, enfin, un singe craintif, mais astucieux. « Les animaux sont en famine, explique M. Makaya, alors que les humains vivent bien. Alors le léopard a l’idée de se partir une business pour que les humains lui donnent à manger à lui et à son comparse. C’est l’abondance, mais les égoïsmes ressortent et il y a des entourloupes. »


Dans ce conte comme dans les fables de La Fontaine, il y a des observations sur ce qu’est la vie, une leçon à tirer. Isidore Guy Makaya laisse à chacun la liberté de trouver l’essence de La fortune du jour et de s’identifier à un — ou à plusieurs — de ses personnages, mais quelques idées ressortent malgré tout du récit : celle que la vie est une roue qui tourne, celle aussi qu’on ne peut jamais connaitre avec certitude les gens et encore moins les juger d’un seul coup. « On essaie de les fossiliser, souligne l’auteur, mais ils évoluent. » Et ils sont complexes, ajoute-t-il. Pour illustrer cette complexité frôlant parfois le paradoxe, Isidore Guy Makaya cite Guy des Cars, écrivain jadis populaire aujourd’hui fort oublié : « Les sentiments les plus élevés habitent ceux qui sont capables de commettre les pires méfaits. »

Gestation
La fortune du bonjour est le second livre qu’Isidore Guy Makaya tire d’un conte congolais, le premier ayant été Le cas de hyène publié en 2010 à Montréal aux Éditions Dédicaces. La fortune trainait dans les tiroirs de l’auteur parmi d’autres manuscrits depuis qu’il l’a couché sur papier en France en 1993. Pourquoi ce récit a-t-il émergé plutôt qu’un autre? « Je l’ai choisi pour sa simplicité, de dire M. Makaya, et parce qu’il était arrivé à maturité. On m’a parfois fait le reproche de ne pas avoir de bonnes fins pour mes histoires, mais c’est dur de trouver une bonne fin. Les idées viennent comme des gouttes d’eau qui remplissent une bouteille, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Ensuite on écrit autre chose… » Pour paraphraser l’auteur, on dira que les bouteilles ont un peu leur vie propre et se remplissent à un rythme qu’on ne peut leur imposer.


C’est aussi un nouveau titre qui s’ajoute au catalogue des éditions Présence francophone, que l’auteur a fondées l’an dernier. « Je suis content dit-il, mais triste parce que j’aurais souhaité publier d’autres auteurs. » Aucun manuscrit n’a cependant été proposé à M. Makaya jusqu’à maintenant, lui qui souhaite trouver des collaborateurs réguliers afin de faire croitre Présence francophone, lui rêvant même une vocation panterritoriale.


Mais il faut bien commencer quelque part. M. Makaya est à tout le moins fier d’avoir démontré encore une fois qu’on peut publier des livres en français aux TNO. Jusqu’à maintenant, ses livres sont diffusés par L’Aquilon, l’Association franco-culturelle de Yellowknife, des amis en France et au Québec. Quelques exemplaires de son titre précédent, le recueil de poèmes Mémo de mes maux en mes mots, ont circulé au Nunavut et au Yukon. Il pourrait plus tard avoir recours à l’édition numérique.


D’ici là, une subvention du Conseil des Arts des TNO pourrait alléger le poids de sa propre contribution financière à sa jeune maison d’édition.


Ajouter un commentaire
Vous désirez laisser un commentaire en tant que : Anonyme
Mon compte

Politique des commentaires

L'Aquilon désire encourager des débats intelligents et respectueux entre les utilisateurs de son site Web. Nous voulons créer une plateforme où divers points de vue et opinions peuvent être exprimés sur une vaste variété de sujets.

Cependant, nous avons décidé d'établir un mécanisme de modération complète. Ainsi, tout commentaire est lu et évalué par un modérateur avant d'être mis en ligne sur le site. La modération est effectuée par les membres du personnel de L'Aquilon, selon un horaire variable. Un délai plus ou moins long peut survenir entre l'envoi d'un commentaire et son autorisation.

D'emblée, tous les articles produits par les membres du personnel et par nos pigistes permettront aux lecteurs d'émettre un ou des commentaires. Cependant, il est possible que l'option de commentaire soit désactivée en raison d'un manque de disponibilité pour effectuer la modération ou lorsqu'un article perd de son actualité.

Voici les paramètres qui guideront les modérateurs : - Éviter tout propos discriminatoire, en suivant les principes de la Charte canadienne des droits de la personne. - Éviter tout propos qui constituerait du libelle ou pourrait être perçu comme étant diffamatoire.

- Éviter le langage abusif, les injures ou les insultes

En acceptant les termes de cette politique des commentaires, vous reconnaissez que le journal ne peut être tenu responsable pour la publication de vos commentaires.

Seuls les usagers inscrits et acceptant la politique des commentaires peuvent émettre un commentaire.

Suivez-nous
Changer de ville
Sondage

Aucun sondage sur le site présentement!

Voir tous les résultats des sondages