Nouveau nom pour les TNO : Le débat est relancé

27 février 2004
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Ce n’est pas la première fois que le débat se tient, mais Nick Sibbeston n’en démord pas. Il veut un nouveau nom pour les Territoires du Nord-Ouest. « C’est très sentimental pour moi depuis plusieurs années. J’ai pensé que ce serait un bon projet, en tant que sénateur, alors que je ne suis pas engagé dans la politique active au quotidien. Je pense que je suis en bonne position pour travailler sur le dossier sur une base non partisane », dit-il.

M. Sibbeston rappelle que les TNO, tels que nous les connaissons sous leur forme actuelle, sont le résultat d’un siècle de divisions successives qui ont conduit à la création du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta, du Yukon et du Nunavut. D’autres parties ont aussi été retranchées des TNO au profit du Québec et de l’Ontario. « Maintenant, nous sommes à la fin du processus et il n’y aura plus de division et de création de territoire ou de province », dit-il, signalant qu’en 1999, lors de la création du Nunavut, l’occasion aurait été belle, pour les TNO, de se trouver un nouveau nom.

Le sénateur a donc envoyé un livret explicatif dans tous les foyers des TNO pour encourager les résidents à suggérer des nouveaux noms. Celui-ci admet cependant que de trouver un mot qui décrirait le territoire et les diverses cultures qui y habitent constitue un défi. « Nous avons les Dénés, qui occupent une large part des TNO, les Inuvialuit, le long de la côte arctique, et la population non autochtone, principalement située dans les grands centres. Nous avons donc trois composantes majeures qui sont engagées là-dedans. Évidemment, elles devront s’entendre, mais je suis optimiste que ça peut être accompli », dit-il.

Jusqu’à maintenant, Nick Sibbeston croit que la réaction des gens à son envoi est partagée. Dans des écoles de Tulita et de Deline, les étudiants ont d’abord semblé réfractaires au changement. « Je les ai un peu taquinés en disant qu’ils vivaient dans deux communautés qui ont changé de nom et je leur ai demandé qui aimait les nouveaux noms. Tout le monde a levé la main. J’ai le sentiment qu’ils adoreraient le nouveau nom des TNO. Je pense que je les ai persuadés d’y penser et d’être ouverts à l’idée ».

Selon lui, c’est de la manière avec laquelle le Nord est vu, plus au Sud, que les résidents des TNO tireraient profit d’un nouveau nom pour leur territoire. « Quand on voit les Territoires du Nord-Ouest sur une carte, le mot territoire implique des choses inachevées, que ce n’est pas à maturité et développé et je pense que ça nous désavantage. Un changement de nom donnerait un meilleur statut et un sentiment que c’est plus développé ».

Quant à ses propres préférences, le sénateur dit espérer que les gens choisiront un mot d’origine autochtone. « Je pense que les ténois pourraient trouver un mot autochtone qui reflète la terre, le fleuve ou un élément géographique qui serait acceptable pour tout le monde », conclut le sénateur des TNO, Nick Sibbeston.