Conseil de la Fédération : La santé se détériore

27 février 2004
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Au sortir de la rencontre du nouveau Conseil de la Fédération, qui se tenait à Vancouver les 23 et 24 février, les premiers ministres des provinces et des territoires avaient un sérieux avertissement à donner à Ottawa. Il doit y avoir des changements significatifs si l’on veut éviter que le système de santé ne se détériore au cours de la prochaine décennie.

« La province de l’Alberta a été claire. Elle a l’argent et ne tolérera pas cette situation plus longtemps. Si elle ne voit pas de progrès, elle se retire du système », a laissé entendre le premier ministre ténois, Joe Handley, pour illustrer la gravité de la situation. Profitant de nombreux services de santé dans cette province, les TNO pourraient alors avoir à payer leurs services de santé encore plus cher, a aussi souligné M. Handley.

C’est que jusqu’au milieu des années 1990, le gouvernement fédéral contribuait pour le quart des dépenses des provinces en matière de santé. Ce taux est maintenant de 16 %, selon M. Handley. Les premiers ministres demandent donc à ce que l’on revienne à un taux de 25 % d’ici 2009-2010.

Les premiers ministres des provinces et des territoires demandent aussi au ministre fédéral des Finances, Ralph Goodale, de prendre des actions significatives pour régler le problème du financement au prorata de la population. « Le système basé sur la population ne rencontre pas les besoins de plusieurs régions. Notre position est que le financement devrait être accordé sur la base des besoins créés par les longues distances et les faibles populations », fait savoir Joe Handley.

Les TNO et Terre-Neuve collaboreront d’ailleurs pour étudier la question des soins de santé en milieux ruraux et éloignés. Les données recueillies par les deux administrations seront ensuite présentées, lors de la prochaine rencontre du Conseil de la Fédération, à la fin du mois de juillet.

En prévision de cette rencontre, au cours de laquelle la question d’une réforme du système canadien de santé sera abordée, on regardera aussi les données concernant la santé chez les Autochtones, les ressources humaines et la formation des docteurs et des infirmières.

Pour les premiers ministres, cependant, il n’est pas question qu’un financement accru, de la part du gouvernement fédéral, soit rattaché à des conditions. « Les provinces croient qu’il ne devrait y avoir aucune condition rattachée à l’argent du gouvernement fédéral. Nous avons besoin de l’argent, mais aussi de la flexibilité de gérer les programmes qui sont uniques à chacun. De notre côté, nous offrons beaucoup de services aux petites communautés et nous avons besoin de cette flexibilité. Si on attache des conditions au financement, ça va créer des frustrations dans le système et engendrer des coûts supplémentaires », dit le premier ministre ténois.

En attendant cette réforme, les premiers ministres ont aussi décidé de prendre l’initiative en terme d’éducation publique, notamment, par la création d’un portail Internet sur le sujet. « Nous nous sommes aussi engagés à poursuivre les négociations avec le gouvernement fédéral sur la santé et à travailler ensemble pour répondre à certaines situations d’urgence comme le syndrome respiratoire aïgu sévère », ajoute Joe Handley.

La rencontre des 23 et 24 février se voulait, en fait, l’occasion d’élaborer un plan de travail pour l’année 2004. Parmi les sujets abordés par ce plan de travail, on retrouve le commerce intérieur canadien et le renforcement des relations avec le voisin américain. « Il s’agit de trouver des moyens plus faciles de travailler avec les États-Unis sans que nos gens se sentent pénalisés. Ce sera une priorité au cours des prochaines années », dit le premier ministre, ajoutant que plusieurs dossiers étaient toujours en litige avec les Etats-Unis. Parmi ceux-ci, l’exportation du grain, le bois d’œuvre et le bœuf.

Joe Handley a aussi obtenu une réaffirmation du soutien de ses homologues pour qu’un accord sur le transfert de pouvoirs et le partage des revenus provenant des ressources naturelles soit conclu entre les TNO et le gouvernement fédéral. « Il n’y a pas vraiment de nouveau de ce côté ».
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