L’expansion de la mine Mary River soulève des inquiétudes

03 septembre 2020
Le maire de Clyde River, Jerry Natanine, craint que l’augmentation du transport maritime n’oblige les narvals à changer leur route de migration, ce qui aurait un impact sur les activités de subsistance des Inuits. L’omble chevalier pourrait également être touché. Cette photo du maire a été prise dans le cadre d’une campagne contre les travaux de sondage sismique dans le détroit de Lancaster. (Courtoisie Greenpeace)

Le maire de Clyde River, Jerry Natanine, craint que l’augmentation du transport maritime n’oblige les narvals à changer leur route de migration, ce qui aurait un impact sur les activités de subsistance des Inuits. L’omble chevalier pourrait également être touché. Cette photo du maire a été prise dans le cadre d’une campagne contre les travaux de sondage sismique dans le détroit de Lancaster. (Courtoisie Greenpeace)

Sur l’ile de Baffin, au Nunavut, plusieurs organisations locales contestent la signature d’un accord entre la minière Baffinland et l’Association inuite de Qikiqtani (AIQ), argüant qu’elles n’ont pas été suffisamment consultées.

Signé le 16 juin, l’Accord inuit de certitude (AIC) est un préalable incontournable à l’agrandissement de la mine de fer située à Mary River. L’AIC définit notamment les redevances versées aux Inuits de la région de Qikiqtani, les emplois qui leur seront réservés, le financement de l’aide à la petite enfance et des infrastructures inhérentes, la gestion de la faune et les plans d’intervention en cas d’accidents environnementaux.

Dans un document daté du 24 aout, les maires et présidents des organisations de chasseurs et de trappeurs de Mittimatalik, Igloolok, Sanirajak, Arctic Bay et Clyde River se plaignent que leurs citoyens n’ont pas été suffisamment consultés.

« Nous ne croyons pas qu’il y a un consensus adéquat [pour l’ACI) à ce moment dans les collectivités que nous représentons », analysent-ils.

Les signataires déplorent en outre l’absence d’un sommaire en inuktitut au document, ce qui a limité sa compréhension. Ils reprochent aussi l’AIQ de se substituer à Baffinland dans les rencontres avec les collectivités.

Les signataires se réservent le droit de formuler leur propre entente sur le projet, distincte de celle de l’AIQ.

 

Des impacts sur la vie traditionnelle

« Nous n’avons pas été consultés correctement quand ils négociaient, corrobore le maire de Clyde River, Jerry Natanine. Nous en avons seulement entendu parler après les faits. Et nous ne sommes pas contents de ça. »

« Mais il y a des choses dont nous sommes très contents dans l’entente, sur la supervision [de l’agrandissement] et sur les mesures d’atténuation qui seront utilisées. Ces choses sont vraiment bonnes. »

Le maire souligne toutefois que le transport de marchandises aura une incidence sur les activités traditionnelles des gens de sa municipalité et, surtout, de celles de Pond Inlet.

« Il y aura plus de 300 bateaux, de dire M. Natanine, 170 qui vont rentrer puis sortir en face de Pond Inlet. Ça ne sera pas des petits bateaux comme ceux qui apportent notre nourriture, mais de la grosseur de bateaux de croisière. Ils vont faire un bruit incroyable. »

Selon le maire de Clyde River, l’augmentation du transport maritime obligera les narvals à changer leur route de migration, ce qui aura un impact sur les activités de subsistance des Inuits. L’omble chevalier sera également touché.

Malgré la prétention de la coalition des maires et des dirigeants d’associations de chasseurs et de trappeurs à établir leur propre accord, ce n’est pas juridiquement possible, concède M. Natanine. « L’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut ne le permet pas, dit-il. L’AIQ est l’association désignée pour s’occuper des problèmes inuits. Il ne peut y avoir qu’une seule entente. »

Les parties concernées se rencontreront fin septembre pour tenter de résoudre le problème.

 

Manque de données

Océans Nord est un des organismes qui est partie prenante dans l’évaluation du projet de Mary River. Comme les signataires de la lettre, l’organisme s’inquiète des impacts du projet sur l’écosystème marin et s’est d’ailleurs prononcé contre la proposition de Baffinland de devancer les dates des audiences publiques de la Commission du Nunavut chargée de la répercussion des examens.

« Il nous manque une base scientifique pour avoir une opinion éclairée concernant ce que nous propose Baffinland », affirme un des vice-présidents d’Océans Nord, Christopher Debicki, pour qui l’agrandissement de la mine est une des plus grandes questions environnementales actuelles au Nunavut.

« Nous avons un problème avec la proposition de Baffinland, explique M. Debicki. Officiellement, ils […] parlent d’exporter 12 millions de tonnes de fer, mais dans la correspondance avec les investisseurs, c’est […] jusqu’à 18 millions de tonnes dans les prochaines années. On ne parle pas de ça de manière transparente dans le processus public. Pour nous, c’est un problème énorme. »

 

Une voie ferrée à construire

« Il n’y a pas d’autre entente que celle signée par l’AIQ et Baffinland, a fait savoir une porte-parole de la minière. La signature de l’ACI représente une étape importante du projet de Mary River et apporte une grande certitude aux Inuits que si la proposition de la phase 2 est approuvée, les opérations à Mary River seront gérées en concordance avec les valeurs sociétales inuites. »

L’AIQ n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.

Le projet d’expansion à Mary River vise l’augmentation de la production actuelle de la mine et l’exportation du minerai de fer via une voie ferrée qui reste à construire jusqu’au port de Steensby Inlet.


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