Arts scéniques : L’envers de la musique, l’autre côté de la scène

10 janvier 2019
Martin Messier en spectacle. (Crédit photo: Martin Messier)

Martin Messier en spectacle. (Crédit photo: Martin Messier)

Arts numériques propose une rencontre entre les approches alternatives et les technologies.

Le 12 janvier sur la scène du Northern Arts and Cultural Center, ne cherchez ni violon ni guitare, ni comédiennes ou danseurs. Vous y trouverez plutôt deux douzaines de verres, des câbles lumineux, des plaques d’aluminium et beaucoup d’électronique. Car la soirée Arts numériques est consacrée à ceux et celles qui conçoivent le son et l’image autrement .

Field
La démarche de Martin Messier s’articule autour de la potentialité des objets à générer de la musique et de la relation intime que celle-ci peut entretenir avec le visuel. Après avoir créé de la musique avec des machines à coudre et des projecteurs Super 8, Messier, dans Field, explore les sonorités des champs électromagnétiques. Concrètement, cela se traduit par l’utilisation de micros, de plaques d’alu, de câbles lumineux et de néon.


En entrevue avec L’Aquilon, Martin Messier dit s’être toujours intéressé à la danse. Sa présence scénique est chorégraphiée dans les moindres gestes, intègre des jeux d’ombres, et fait dans une certaine mesure contrepoint à l’univers mis en scène, machinesque, quasi industriel, souligné d’arcs électriques.


Simultanément, cette volonté d’habiter la scène rompt avec la présentation habituelle de ce type de musique en concert, alors que les performeurs sont plus ou moins figés derrière leur ordi.


Field a jusqu’à aujourd’hui été présenté dans une trentaine de pays et continue de tourner. « C’est mon spectacle le plus inclusif, analyse Messier. Peut-être le plus accessible, mais, surtout, celui où j’ai le mieux réussi l’intégration de la performance, du son et du visuel. »

Link.C
Herman Kolgen ne sera pas au NACC pour la présentation de son film Link.C, commandé par l’Opéra national de Bordeaux pour le Quatuor à cordes no 2 de Philip Glass. « C’est une pièce forte, plus émotive que les autres compositions de Philip Glass, analyse Kolgen. Elle a été écrite pour la pièce Compagnie, de Samuel Beckett, qui parle d’un vieil homme qui meurt seul et se remémore les personnes importantes pour lui. »


Herman Kolgen a transposé cette pièce à notre époque où, dans les grandes villes, personne ne connait généralement son voisin. Mais les connexions entre les êtres sont néanmoins là, assure-t-il. « Ces villes ont été conçues par nous, elles sont des microparties de nous. Il y a des connexions invisibles à travers les fenêtres, les immeubles. Il y a un réseau bien que ce ne soit plus le même qu’avant. »


Le Link.C de Kolgen illustre ces liens qui se trament et se défont par une animation, qui n’est pas sans rappeler l’approche de Norman McLaren, et se superpose à des plans de ville, du quatuor à cordes et de Kolgen lui-même. Chaque mouvement du quatuor a son esthétique.


Si l’artiste juge Link.C comme atypique de son œuvre, elle n’en illustre pas moins son leitmotiv de « procurer au public une autre perception de la réalité ».

AUTOPSY.GLASS
L’utilisation des verres, particulièrement ceux en cristal, est une convention dans la musique électroacoustique, a déclaré Myriam Bleau lors d’une entrevue au LaBoral. Elle explore en spectacle les potentialités sonores de l’objet, notamment en faisant des boucles. Elle joue avec la tension sur sa matière, sondant sa fragilité, son point de rupture.
S’il y a un travail de mise en scène dans AUTOPSY.GLASS, la musique est vraiment le centre de sa démarche.
Le groupe Miraj (Harrison Roberts et Sami Blanco) se produira avant le spectacle, à 18 h 30, dans le lobby du NACC.


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