Art ténois : L’artiste momentanée

11 avril 2013
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Un pain au levain préparé par Nathalie Lavoie. Lire article ci-contre (Courtoisie NL)

Un pain au levain préparé par Nathalie Lavoie. Lire article ci-contre (Courtoisie NL)

Ses photos ne sont peut-être pas éphémères mais il serait tout de même facile de toutes les placer dans la corbeille de son ordinateur.

Nathalie Lavoie vit depuis 11 ans à Fort Simpson. Elle enseigne les arts, le design et la chimie à l’école secondaire Thomas Simpson. Le public la connait pour ses installations telles que Architecture of Temporality, qui dévoilent l’évolution de fines couches verticales de glace suivant le temps. L’exposition de certains clichés démontrant ce processus a déjà parcouru le monde et plusieurs collectivités ténoises.
À l’invitation du Yellowknife Artist Run Community Center, Nathalie Lavoie est devenue, le temps d’une semaine de relâche, l’artiste en résidence dans les locaux de cet organisme artistique de la capitale ténoise. Elle a animé des discussions sur des procédées de sculpture, et s’est servie de la communauté de Yellowknife pour tester une autre approche artistique éphémère.
« J’avais ce projet en tête et quand j’ai su que je venais à Yellowknife, je me suis dit que c’était l’occasion parfaite de le développer un peu plus. Ce projet consiste à préparer du pain, et la technique que j’utilise est celle du pain au levain, communément appelé sourdough », décrit-elle. Durant sa semaine de résidence, Nathalie Lavoie a ainsi préparé du pain chaque jour et a cherché à échanger son pain contre d’autres « items qui ne persistent pas, des choses intemporelles, qui se consomment, qui disparaissent. » Cette démarche veut mettre l’accent sur l’échange et selon l’artiste, dans une plus grande ville comme celle de Yellowknife, elle avait plus de possibilités de trouver des gens avec qui échanger.
Après des annonces sur les réseaux sociaux et des sites Internet visités par les résidents de la ville, Nathalie Lavoie a reçu une bonne réponse des Yellowknifiens qui lui ont apporté des items éphémères ingénieux. « J’ai pu échanger mes pains contre de la viande de Bison, contre une place à un spectacle au château de neige, des muffins ou de la sauce à spaghetti. » Elle explique qu’elle a demandé aux gens d’utiliser leur imagination pour réaliser un échange de quelque chose valeur d’une équivalente à une miche de pain, car elle préférait voir comment les gens allaient réagir. « Bien sûr, c’est la nourriture qui a été plus populaire, car ça semble être un bon échange équivalent par rapport à quelque chose de plus différent. »
La fabrication de ce pain au levain est un procédé assez long alors qu’il demande sept étapes sur une période de 20 heures. « Ce n’est pas que ça demande tant de temps à préparer, mais il faut être attentif à chaque étape », argumente Nathalie Lavoie. C’est l’an passé que Nathalie Lavoie a décidé de faire son propre pain alors qu’il n’y a pas de boulangerie à Fort Simpson. « Mon attitude dans le Nord est qu’au lieu de me plaindre de quelque chose qui me manque, je le fais. Pour que je sache comment le faire, j’en ai fait tous les jours et je me suis vite retrouvée avec trop de pain et j’ai commencé à les donner. Et pour faire un lien avec le pain, la plupart de mes travaux artistiques ont cette qualité éphémère. Ce sont des instants que je documente. »
Pour prolonger l’expérience boulangère, Nathalie Lavoie est maintenant à la recherche de témoignages sur un possible Festival du levain (Sourdough Festival) qui aurait été en place dans les années 80 à Yellowknife.


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