Élection du gouvernement : Joe Handley, premier ministre

12 décembre 2003
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Jusqu’au dernier moment, on s’attendait à une course visant à combler le siège de premier ministre à l’Assemblée législative. Finalement, deux des candidats, Roger Allen et Floyd Roland, ont décidé de laisser la voie libre à Joe Handley. C’est même M. Roland qui a proposé la candidature de l’ancien ministre des Finances au poste de premier ministre.

« Au cours des derniers jours de discussions, les gens ont appris à se connaître et les choses ont semblé se solidifier autour de moi en tant que personne qui peut diriger le prochain gouvernement. M. Allen avait indiqué qu’il était intéressé, mais m’a ensuite dit qu’il se concentrerait sur un poste au Cabinet et c’est la même chose pour M. Roland. Il voulait travailler avec moi et il ne désirait pas créer une course juste pour le plaisir de créer une course », a analysé le premier ministre juste après avoir été élu, le 10 décembre dernier.

Joe Handley se retrouve donc premier ministre sans avoir eu à livrer une seule bataille, ayant été élu par acclamation dans sa circonscription, et ensuite au poste de premier ministre. « Je ne crois pas que ce soit de l’empathie ou un manque d’intérêt de la population. Je prends ça comme une marque de confiance totale en mes habiletés en tant que député. Pour ce qui est du poste de premier ministre, je pense que c’est la même chose. Il y a 18 autres députés qui ont cru que j’étais l’homme de la situation. On ne verra jamais ce genre de chose arriver dans un système politique avec des partis », de faire valoir celui qui dit aussi avoir reçu beaucoup d’appuis de la part des leaders des différentes communautés des TNO.

Au cours du discours qui a suivi sa nomination en tant que premier ministre, M. Handley a mentionné que les trois valeurs qui dirigeront son travail, et celui de son Cabinet, seront la responsabilité, l’honnêteté et l’intégrité. Celui-ci a fait un survol de la situation dans les Territoires du Nord-Ouest, en mettant l’emphase sur le développement économique et les enjeux sociaux. « Durant le dernier gouvernement, nous n’avons pas beaucoup dépenser dans les dossiers sociaux », a-t-il admis.

Rappelant que beaucoup de résidants des TNO font face à des problèmes de dépendance, M. Handley dit vouloir compter sur l’éducation des gens dans ce dossier. « Nous ne voulons pas nous immiscer dans la vie des gens, mais notre travail est de partager les ressources pour les aider. Nous allons aider les gens à devenir indépendants et responsables », de dire le premier ministre.

L’indépendance financière des Territoires du Nord-Ouest a aussi pris une large part du discours de Joe Handley. « Sans autonomie financière, nous n’aurons jamais notre indépendance politique », a-t-il laissé entendre, tout en soulignant qu’une réévaluation de l’efficacité des programmes gouvernementaux était à l’agenda. « Je ne parle pas de coupures massives. Mon point de vue est que le gouvernement devrait toujours réévaluer l’efficacité des programmes. On ne peut pas continuer avec des programmes qui n’ont plus leur raison d’être ».

Du point de vue environnemental, Joe Handley a souligné « l’urgence », pour le gouvernement fédéral, de procéder au nettoyage des mines désaffectées. Quant aux projets hydroélectriques, ils ne seront pas faits sur les terres traditionnelles tant que les Autochtones n’auront pas donné leur accord.

Le Cabinet

Un seul ministre du dernier cabinet territorial sera de retour au conseil des ministres pour la 15e Assemblée législative. Il s’agit de l’ancien détenteur du ministère de la Santé et des Services sociaux, Michael Miltenberger. Deux autres ministres possèdent aussi une expérience du Cabinet, il s’agit de Charles Dent, qui a déjà géré les Finances et l’Éducation, la Culture et la Formation et Floyd Rolland, comme ministre de la Santé.

Au gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, la formation du Cabinet se fait selon le principe que deux ministres doivent provenir de circonscriptions situées au sud du Grand lac des Esclaves, deux ministres doivent provenir de la capitale et deux ministres des circonscriptions du nord. Michael Miltenberger et Michael McLeod sont donc les ministres du sud. Alors que Charles Dent et Brendan Bell sont ceux de Yellowknife et Henry Zoe et Floyd Roland sont les représentants du nord au Cabinet.

Chaque candidat à un poste de ministre disposait d’une dizaine de minutes pour se faire valoir auprès de ses pairs avant le vote. Du nombre, seul Henry Zoe a prononcé une partie de son discours dans sa langue autochtone, le Tlicho. Les thèmes privilégiés par les nouveaux ministres tournaient autour du gouvernement de consensus, de l’éducation, de la santé et des services sociaux, du coût de la vie et du logement, d’une meilleure communication entre le Cabinet et les députés et de l’efficacité dans la livraison des services et programmes gouvernementaux. Les candidats ont aussi souligné l’importance, pour les Autochtones, d’en arriver à l’autonomie gouvernementale et ont fait des plaidoyers en faveur du partage des revenus provenant des ressources naturelles.

Au sortir de la Chambre, Joe Handley a fait savoir qu’il voulait distribuer les responsabilités à chacun des ministres d’ici le 15 décembre prochain.

Président de la Chambre

Le 9 décembre, les députés avaient à se choisir un président de l’Assemblée législative. C’est sans opposition que le député du Delta du Mackenzie, David Krutko, s’est retrouvé avec le poste. Celui-ci dit préférer cette position à celle de ministre. « C’est un grand privilège de servir en tant que ministre, mais on doit aussi réaliser qu’il y a beaucoup de travail et d’efforts à y mettre et on ne reçoit pas que des bons mots. On a des problèmes à régler sur une base régulière et on doit trouver un juste milieu pour rendre tout le monde heureux, et on ne peut pas faire que des heureux. J’ai donc pris la décision de me présenter comme président parce que c’est là que je me sens le plus confortable », a commenté le principal intéressé.