Impacts économiques : Industrie minière contre COVID-19

La minière albertaine Dominion Diamond, respectivement propriétaire et actionnaire des mines de diamants Ekati et Diavik, serait actuellement dans l’incapacité d’écouler un stock de diamants évalué à 250 millions $. Face aux 550 millions US $ de dettes à payer, elle est parvenue à obtenir un délai en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.
Pour l’heure, la mine Diavik doit payer 40 % de ses couts d’exploitation. La mine Ekati, elle, a dû cesser ses activités depuis le mois de mars. Mais selon le directeur général de la chambre de mines des TNO et du Nunavut, Tom Hoefer, l’avenir économique des TNO est actuellement en jeu. L’espoir réside, selon l’organisation, dans l’exploration minière, dont l’avenir ne serait certainement pas assuré.
« Les mines de diamant arrivent à maturité, on le sait depuis bien avant la pandémie, souligne M. Hoefer. Or, nous avons, en parallèle, des projets d’exploration minière. Nous ne savons toutefois pas encore quand de nouvelles mines entreront en production. » À ses yeux, le rôle du GTNO, à l’heure actuelle, est de fournir tous les efforts pour attirer les investisseurs et accroitre les activités d’exploration.

Plaidoyer pour un meilleur appui
M. Hoefer rappelle que le gouvernement a exprimé son intérêt pour appuyer l’industrie minière pendant la crise. Or, la façon de faire reste à élaborer et, à ses yeux, le GTNO tarde à livrer des détails en ce sens. Il déplore que le plan de relance économique présenté le 29 avril – que le GTNO a par la suite qualifié de simple modèle de relance – ne mentionne que très peu l’industrie minière.
« Les préoccupations de l’industrie minière ne seront pas exclues de la stratégie de relance des TNO », a assuré la première ministre Cochrane, en conférence de presse le 5 mai dernier. « La chambre des mines des TNO et du Nunavut est un élément principal de nos efforts et aura une place au sein de notre conseil consultatif d’entreprises. Leur voix aura une très grande importance dans la mise en place des mesures économiques que nous mettrons de l’avant », a garanti Caroline Cochrane.

Une alerte au fédéral
M. Hoefer souligne également le problème de l’appui financier fédéral, concernant les subventions salariales. « À l’heure actuelle, les sociétés d’exploration minière ne reçoivent aucun appui et nous espérons qu’elles survivent à la crise, affirme-t-il. Ce ne sont pas seulement les TNO, mais tout le Canada, qui subiraient les conséquences des fermetures. Or, c’est encore plus difficile dans le Nord, car les couts d’opération des sociétés minières sont plus importants ici. Avant de pouvoir être attirées aux Territoires, les entreprises d’exploitation doivent d’abord survivre à la COVID-19. »
En avril, la ministre de l’Infrastructure, du Tourisme et de l’Investissement, Katrine Nokleby, a appuyé au nom du GTNO, une lettre de la Chambre des mines des TNO et du Nunavut et de la Chambre des mines du Yukon remise au gouvernement du Canada pour faire connaitre le niveau de soutien nécessaire aux entreprises d’exploitation des ressources territoriales ainsi que leurs besoins.

Les mines et leurs devoirs
De son côté, le député de Frame Lake, Kevin O’Reilly, militant de longue date pour la responsabilisation des minières face aux collectivités ténoises, indique que le GTNO ne devrait pas seulement militer en faveur de Dominion Diamond, mais également défendre les intérêts des résidents du Nord.
« Plusieurs administrations autochtones des Territoires ainsi que des entreprises de développement économique ont des contrats avec Dominion Diamond. Il pourrait y avoir des dettes en jeu et nous avons besoin de comprendre les impacts que pourraient avoir ces procédures de protection des créanciers sur l’exploitation en cours et sur les obligations de la société. Le GTNO devrait voir avant tout à l’intérêt de ses résidents et ses entreprises, et ne pas se limiter à jouer les meneurs de claque pour Dominion Diamond », estime le député.
D’après lui, le secteur minier demeure un pan très important de l’économie des TNO, et la situation actuelle est certes préoccupante. Il déplore toutefois le manque d’information de la part du GTNO par rapport à une éventuelle participation aux audiences publiques reliées à la demande de protection de Dominion Diamond.
« Dominion Diamond, est un employeur majeur aux TNO, rappelle Kevin O’Reilly. Je me serais attendu à ce qu’un ministère nous ait préparé un document pour expliquer aux députés ce qui est en jeu, et les possibles orientations du GTNO pour s’assurer que les parties prenantes au sein des collectivités ne soient pas laissées pour compte. Il est déplorable qu’aucune information ne nous ait été partagée sur les obligations légales de l’entreprise et du GTNO. »


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