Inclusion et égalité

18 juillet 2003
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« En tant que territoire et étant l’une des plus petites juridictions au Canada, c’est toujours un plaisir de travailler avec les autres premiers ministres. Nous sommes complètement acceptés comme des partenaires égaux dans ces conférences », a d’abord mentionné le premier ministre ténois, le jeudi 10 juillet dernier.

Stephen Kakfwi avait deux dossiers prioritaires, lorsqu’il s’est présenté à Charlottetown pour cette conférence annuelle. Celui-ci désirait obtenir un appui de ses homologues en ce qui concerne le dossier de la dévolution des pouvoirs et d’un « partage juste » des revenus provenant de l’exploitation des ressources naturelles.

M. Kakfwi espérait aussi faire avancer le dossier de la Stratégie nationale du diamant. Avant même que le sujet ne soit abordé, le premier ministre ténois remarquait qu’« il y a déjà un accord informel de toutes les provinces pour supporter une stratégie nationale sur le diamant. Aussitôt que ce sera fait, nos ministres respectifs responsables en la matière travailleront sur le dossier », de mentionner celui qui avait emmené un employé d'Arsalanian Cutting Works avec lui pour offrir quelques démonstrations du savoir-faire des gens du Nord en cette matière.

Les Territoires du Nord-Ouest ont aussi obtenu l’appui des provinces et des deux autres territoires en matière de dévolution et de partage des revenus des ressources naturelles. « Les premiers ministres ont convenu de la nécessité de conclure des accords de transfert de responsabilités avec les Territoires du Nord Ouest et le Nunavut concernant l’aménagement du territoire, les eaux et les ressources naturelles du Nord. Ils ont également convenu que ce transfert de responsabilités et le transfert récent au Yukon doivent inclure une part équitable des revenus tirés des ressources », peut-on lire dans un des communiqués finaux issus de la conférence.

« Les premiers ministres savent que bâtir le Canada et le rendre prospère veut dire supporter les territoires dans leurs requêtes pour le développement, que ce soit le gazoduc, les diamants, un partage juste des revenus, avoir une plus grande responsabilité dans nos juridictions et posséder nos propres pouvoirs pour gérer nos terres et nos ressources », d’expliquer le premier ministre.

Pour lui, le support obtenu de la part de ses collègues aide à éviter que le gouvernement fédéral n’arrive avec une mauvaise surprise. « Le gouvernement fédéral peut être d’accord pour procéder à une dévolution, mais il pourrait arriver avec une proposition si petite et non significative que ce serait rejeté par notre gouvernement ou les gouvernements autochtones. Nous voulons donc que le gouvernement fédéral soit responsable et c’est pour ça que nous voulons soulever l’intérêt du public et celui des premiers ministres du sud. Je veux simplement m’assurer que le gouvernement fédéral ne nous offre pas quelque chose que nous aurons à rejeter », de poursuivre M. Kakfwi.

Enfin, les premiers ministres ont convenu qu’il faut rétablir les ententes de développement économique du Nord avec le gouvernement canadien. « À long terme, l’investissement dans l’économie des territoires réduira la dépendance à l’égard du gouvernement et favorisera l’autonomie des territoires », lit-on dans le communiqué final émis par les 13 premiers ministres participants.

L’arrivée d’un gouvernement fédéraliste au Québec incite aussi les premiers ministres à entrevoir l’avenir avec positivisme. Tout en demandant au gouvernement fédéral de cesser de prendre des décisions de manière unilatérale et de consulter davantage les provinces et les territoires, les chefs de gouvernement se sont entendus sur le principe de la création d’un Conseil de la Fédération. Une rencontre des premiers ministres est prévue à cet effet pour la fin octobre, à Québec.

« Nous voulons chercher des façons de nous appuyer mutuellement et d’améliorer les différentes manières de travailler ensemble. Pas seulement entre les provinces et les territoires, mais aussi avec le gouvernement fédéral », mentionne Stephen Kakfwi.

Selon lui, la balle est dans le camp du gouvernement fédéral, pour qu’il prouve que « le fédéralisme peut marcher ». « Le Québec est de notre côté et nous nous attendons à ce que le gouvernement fédéral accepte le défi et dise qu’il y a assez eu de confrontation et que c’est la fin des actions unilatérales. Qu’il dise qu’à partir de maintenant, il nous traitera avec respect et dignité et que dorénavant, nous serons consultés correctement sur les enjeux qui nous concernent ».

Dévoilant un sondage dans lequel neuf Canadiens sur dix disent appuyer « les efforts que déploient les premiers ministres pour amener le gouvernement fédéral à augmenter sa part du financement » dans le domaine de la santé, les premiers ministres ont réaffirmé leurs demandes en cette matière. Tel que stipulé dans le rapport Romanow, les premiers ministres demandent au gouvernement fédéral de faire passer, au cours des prochaines années, sa contribution de 16 % à 25 % des budgets des provinces en cette matière.

Enfin, un Conseil sur la santé sera bientôt créé pour surveiller la mise en œuvre de l’Entente sur la santé. Il s'agira d' un organisme consultatif .