Le calvaire du fonds de pension : Giant Mine

28 avril 2000
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N'allez surtout pas parler de l'ancien président-directeur général de Royal Oak Mines, Peggy Witte, à Guy Amyotte. Il risque de vous dire ce qu'il pense d'elle et vous risquez d'apprendre tous les jurons existant dans les langues anglaise et française.

Monsieur Amyotte est arrivé aux T.N.-O. en 1965 afin de travailler à la Giant Mine. Cet originaire de Fort Coulonge, en Outaouais, espérait gagner sa vie dans les mines et prendre une retraite paisible dans sa ville natale. « C'était censé arriver le premier décembre 1999 », a-t-il indiqué. « On vendait la maison, on en achetait une autre au Québec pis on passait plus de temps avec les petits. »

Pourtant, ses plans ont été contrecarrés par le sous-financement du fonds de pension des employés de la mine par Royal Oak. Le vérificateur du fonds de pension, la firme Morneau Sobeco, a expliqué dans une lettre que ce sous-financement a eu lieu sur une période de plusieurs années.

« J'ai entendu dire que le chèque mensuel des retraités allait être coupé, mais je ne savais pas que le montant exact allait être de 25 pour cent par mois », a-t-il souligné. Les rumeurs ont circulé avant que Morneau Sobeco envoie l'avis qui allait soulever un tollé à Yellow-knife et provoquer la grève de la faim de 22 jours de Mary Kosta.

Plus tard, la presse a appris que l'office du surintendant des institutions financières a déposé une preuve de créance contre Royal Oak. Cette preuve soutient que Royal Oak a empoché 284 000 dollars du fonds de pension des employés de Giant Mine pour acheter des parts dans la compagnie alors qu'elle savait qu'elle faisait face à d'énormes difficultés financières. La preuve a été envoyée le 31 mars 1999. Quelques jours plus tard, la compagnie déclarait faillite.

Voilà pourquoi M. Amyotte réserve peu de termes flatteurs à l'égard de Peggy Witte, alias Margaret Kent. Il songe au bonus qu'elle a reçu avant la faillite. Il songe à cette millionnaire menant une vie paisible et sans souci dans le sud des États-Unis.

« Il n'y a plus rien qui me surprend », affirme M. Amyotte. « Je pensais simplement que le gouvernement allait nous défendre. »

Entre-temps, il travaille encore à Giant Mine. La propriété a été achetée par Miramar Mining pour la modeste somme de 10 dollars l'automne dernier. « Il y en a qui disent que je suis chanceux, mais moi je n'appelle pas ça de la chance. C'est le premier décembre que j'étais censé prendre ma retraite. Pas le 10, le 31 ou le 28! Le premier! », s'est-il exclamé. « J'ai travaillé plus d'années et j'ai moins de revenus dans mon fonds de pension au bout de la ligne », s'est-il indigné. « Ça n'a pas de bons sens. »

Monsieur Amyotte ne sait pas à quel moment il pourra enfin cesser de travailler. Il espère que le gouvernement compensera le total du sous-financement du fonds de pension des travailleurs afin qu'il puisse prendre sa retraite.

Sa seule inquiétude est que la compensation ne bénéficie pas à tous les travailleurs de la mine et qu'il devra un jour prendre sa retraite avec une perte du quart de la valeur de son chèque de pension. À 800 dollars par mois, il ne sait pas comment il pourra payer ses factures et passer le reste de ses jours au bercail.
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