Galerie d'art territoriale réclamée

La première ministre Caroline Cochrane en compagnie de Sarah Swan et de ses enfants à la «Galerie d'art des TNO» en 2019. (Courtoisie Sarah Swan)

La première ministre Caroline Cochrane en compagnie de Sarah Swan et de ses enfants à la «Galerie d'art des TNO» en 2019. (Courtoisie Sarah Swan)

Alors qu’une opulente galerie d’art public consacrée aux artistes du Nord ouvre ses portes au Manitoba, les Ténois n’ont toujours pas accès à un centre d’art territorial.

Quand la première ministre des TNO a pris part à la cérémonie d’ouverture virtuelle de la luxueuse galerie Qaumajuq, un centre d’art public consacré à l’art inuit et nordique situé à Winnipeg, la journaliste spécialisée en arts visuels Sarah Swan n’a pas pu s’empêcher de relever l’ironie. « J’ai regardé en ligne la cérémonie d’inauguration de Qaumajuq, et la première ministre Cochrane y était, dit-elle. Elle a félicité Winnipeg et elle a parlé pendant une minute de l’importance de l’art nordique. Ça m’a fâchée. »

Sarah Swan est également la directrice bénévole de la « Galerie d’art des TNO ». Il s’agit en fait d’une modeste roulotte de 16 pieds par 8 convertie en salle d’exposition. La galerie mobile où l’on présente des micro-expos d’artistes ténois a été mise sur pied par l’organisme sans but lucratif YK ARCC à la fois pour mettre en valeur le talent de chez nous, mais aussi pour mettre en lumière un enjeu depuis longtemps soulevé par la communauté artistique des TNO : l’absence d’un centre d’art territorial. « Si le gouvernement s’engageait à construire une galerie d’art territoriale, nous serions disposés à leur céder le nom », indique, narquoise, Mme Swan.

La critique d’art raconte que la première ministre Caroline Cochrane avait visité la galerie mobile lors de la campagne électorale de 2019 et qu’elle s’était alors montrée ouverte à la création d’une galerie territoriale. « À ce moment elle n’était pas la première ministre, elle était en campagne électorale, se remémore-t-elle. Elle s’était dite très emballée par l’initiative [de galerie mobile], mais elle m’a également dit que nous avons véritablement besoin d’un centre d’art public territorial et qu’il était embarrassant que nous n’ayons pas un. »

Au bureau de la première ministre, on confirme que cette rencontre a eu lieu, mais Mme Cochrane indique ne pas se souvenir de ce qui avait été discuté. La première ministre ne se prononce pas directement sur la nécessité d’une galerie territoriale.

Pour Sarah Swan, il est absurde que le gouvernement du Manitoba, avec l’ouverture de la galerie Qaumajuq, en fasse plus pour la représentation des artistes ténois que leur propre gouvernement. « Je suis reconnaissante qu’un endroit tel que Qaumajuq existe, dit-elle. C’est un lieu superbe. Ça aura un impact retentissant pour les artistes inuits et inuvialuits, ce sera bon pour l’économie, ça créera de la fierté, ça aura un impact positif sur notre identité culturelle. Mais ça m’embête qu’il n’y ait rien de tel ici. »

Dans une déclaration écrite attribuée à la première ministre Cochrane, on indique que « nous sommes très fiers des artistes dont l’art est présenté à Qaumajuq ». La première ministre ajoute que son gouvernement appuie les arts par une variété de programmes. On rappelle qu’une nouvelle mouture de la Stratégie pour les arts des TNO doit être présentée ce printemps.

La première ministre suggère en outre que le musée Prince de Galles pallie l’absence d’une galerie territoriale. « Le centre du Patrimoine septentrional Prince de Galles présente l’art et le patrimoine de tout les TNO et offre aux artistes ténois des occasions de présenter leurs œuvres », écrit la première ministre.

Pour Sarah Swan le musée ne remplit pas la même fonction qu’une galerie d’art publique. « [Le musée] en fait un peu pour les arts, c’est vrai, ils présentent deux expositions [d’art nordique contemporain] par année. C’est peu, dit-elle. Mais on ne peut pas leur en vouloir, ils ne sont pas une galerie d’art, ce n’est pas leur priorité. Ils font ça simplement pour aider. Par ailleurs, je suis un peu critique de leur travail aussi parce qu’ils possèdent une immense collection d’art nordique, des œuvres contemporaines et historiques, et ça ne sort jamais des entrepôts. Il y a tout cet art qui appartient aux Ténois et qu’on ne peut pas voir. C’est frustrant. »

Batiste Foisy est un membre fondateur de l’organisme YK ARCC et en a également déjà été le directeur. Il n’entretient plus aucun liens, directs ou indirects, avec l’organisme depuis plus de cinq ans.


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